Il y a-t-il une place pour les « doux » , dans ce monde de brutes ?

15 mars 2010

Dans l’évangile des chrétiens, le royaume des cieux est promis aux « doux » !
Dans notre monde , ils sont plutôt promis à l’enfer.
Autrefois, il y a 35 ou 40 ans , les doux cohabitaient avec les « moins doux », dans les entreprises françaises.
C’était le temps où l’on ne vivait pas sous la dictature des objectifs, et la menace de la « mondialisation ».
Les paysans paysannaient, les boulangers pétrissaient et les ouvriers usinaient , parfois en cadence, mais toujours dans un climat humain et parfois même plutôt bon enfant !
Aujourd’hui, si deux crocs ne vous font pas un petit pli à la commissure des lèvres, vous êtes perdu !
Car on aime les battants, le challenge, le fighting spirit !
Il faut avouer que sans un minimum de combativité, notre Europe disparaîtrait, à coup sûr, du paysage économique mondial.
Madame Aubry souhaite une France douce ; elle a raison, mais ceci ne veut pas dire  » mous » , parce que nombre de combats nous attendent :
Combat des bulletins scolaires, combat du diplôme, combat pour trouver un travail, combat pour faire confirmer sa période d’essai, combat pour tenir ses objectifs, combat pour se reclasser après un licenciement, ou retrouver un travail plus conforme à ses souhaits , combat pour boucler ses fins de mois !
bref, combat toujours et tout le temps .
Pour les femmes, c’est souvent combat multiplié par deux , pour concilier vie professionnelle et vie domestique !
Donc, nous pouvons être doux, mais devons rester combatifs ;
mais comment devient on combatifs ?

Nous ne sommes pas égaux devant l’exigence de pugnacité.

Nous ne sommes pas égaux, du fait de notre personnalité, d’abord.
Certains , c’est l’ex recruteur qui parle, ont un visage qui respire la douceur et la gentillesse ; et on les voit mal se battre au quotidien, dans l’entreprise concurrentielle !
Et pourtant, ils ne sont coupables de rien .
Parce que douceur, pour le recruteur, rime souvent avec mollesse, à tort ou à raison.
Quel sort pour ceux qui ont la malchance de paraître doux ou , de vouloir refuser la compétition ?
Quel sort pour ceux qui souhaitent un travail tout simplement dénué de tout stress excessif ?
L’entreprise soumise à la concurrence et qui donc , exige d’embarquer tout le monde dans sa lutte pour être la plus compétitive, n’est pas pour eux.
A ceux là, je conseille des organisations échappant à la concurrence où le management , non contraint par l’exigence permanente de survie, saura accepter de compter parmi ses forces vives , des personnalités diverses , sachant apporter autre chose que la capacité à combattre : leur sens du lien social par exemple, leurs capacités relationnelles , bref , d’autres capacités qui , pour n’être pas assimilées au sens du combat, n’en sont pourtant pas moins nécessaires dans certaines activités .

Nous ne sommes pas égaux non plus du fait de la culture où du pays où nous sommes nés.
Certains pays cultivent , beaucoup mieux que la France, le sens de la combativité : le Japon, les USA , sont des pays où le sens de la compétition est une seconde nature.
En France, notre culture nous fait violence d’accumuler des diplômes , mais ne cultive pas particulièrement l’autonomie et la pugnacité.
Une bonne moitié de notre société aspire , tout au contraire, à une société où l’Etat saura prémunir ses citoyens d’un maximum de risques.
Révélatrice, cette volonté de faire des collectivités étatiques, des boucliers.
Révélateur aussi , cet incroyable réflexe national, qui consiste à monter des cellules d’appui psychologique, à propos de tout et de rien .
La peur de tout risque, nous entraîne collectivement et sûrement, sur la pente du déclin , accentué par le vieillissement de notre population.

Nous ne sommes pas égaux, non plus, devant l’exigence de pugnacité, du fait de notre classe sociale.
Car, notre société républicaine et égalitaire, jette un voile hypocrite sur un élitisme entretenu avec soin par ses écoles !
Cet élitisme préserve les classes sociales privilégiées, qui ont très bien compris l’avantage de consacrer le meilleur à ses enfants , quitte à les « brutaliser » un peu, et condamne les autres à échouer à des épreuves auxquelles leur milieu culturel les a très mal préparées.
Cet élitisme se glisse même dans le plus banal des concours de l’administration , où les épreuves sont d’une difficulté et d’une nature, sans commune mesure avec le futur métier.

Conclusion :
Nous pouvons choisir d’être doux avec les autres, mais en aucun cas avec nous mêmes, ou du moins, le monde étant devenu ce qu’il est, nous ne le pouvons plus.

Le rôle de l’éducation doit aboutir à rendre chaque petit français apte à assumer les combats de la vie , même s’il fait , plus tard , le choix d’être doux avec les autres !

Les meilleurs remèdes anti stress

12 mars 2010

Tout un tas de docteurs Knock se penchent actuellement sur un malade prénommé STRESS
Les potions qu’ils recommandent me laissent sceptique.
Technologia , au chevet de France télécoms, ne peut s’empêcher d’en revenir aux vieilles ficelles usées que constituent le contournement des hiérarchiques ( via des médiateurs ) et l’encombrement des circuits, via la mise en place de référents.
Les syndicats s’échinent à obtenir du Medef , par la négociation, le droit de forcer l’employeur à modifier son organisation, dès qu’un cas de suicide sera pointé.
Hélas toutes ces potions n’y changeront rien, pas plus que la mode de la GPEC ( gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ) n’a empêché Total de mettre sur le carreau 350 salariés de sa raffinerie de Dunkerque , alors qu’elle avait le temps et les moyens de préparer leur reconversion .
( à condition que les intéressés ne refusent pas absolument toute mobilité professionnelle…)

Voici quelques uns des remèdes au mauvais stress que subissent les salariés ( car il existe un bon stress )

1 – Enrichir le contenu du travail en pratiquant l’élargissement et l’enrichissement des tâches ;
Beaucoup de salariés s’ennuient au travail ; car le vrai bonheur pour l’homme consiste à effectuer un travail autonome et qui lui permette d’exercer sa créativité ;
Les passionnés n’ont pas le temps de se regarder le nombril pour savoir s’il vont toujours bien. Le travail ennuyeux consume jour après jour et finit par rendre vraiment malade.
Il faut absolument que les patrons fassent vivre, un peu, de la grande aventure qu’eux-mêmes vivent avec leur entreprise.

2 – Modifier profondément le mode de sélection des managers.
50% , au moins, des responsables hiérarchiques ne sont pas faits pour le management ;
Qu’on les reclasse dans un poste expert ou fonctionnel et mettons en position hiérarchique, des managers, qui seront de vrais insufflateurs d’enthousiasme et feront retrouver du plaisir à travailler à tous.

3 – Organiser des évènementiels festifs .
Tout salarié et surtout les latins, ont besoin de convivialité et de fêtes ;
L’arrivée d’un management de type anglo-saxon a presque toujours chassé les rires des couloirs des entreprises ; travailler triste ne va pas aux français.
Il faut d’urgence retrouver la vertu de ces moments où toute la communauté entreprise se retrouve pour célébrer tel succès, ou tout simplement fêter le début ou la fin de l’année, la saint jean ou le solstice d’été , peu importe le prétexte !
Ces évènements font ressortir leurs effets positifs sur 6 mois au moins .

4 – Retrouver une organisation facilitante
Dans beaucoup d’entreprises, la bureaucratie nous tue !
Il faut lutter pour travailler , obtenir tel outil , ou telle facilité .
Il est temps de faire le ménage, en demandant aux salariés réunis en petits groupe « tout ce qui leur pourrit la vie au travail »
Et ils en ont des choses à dire.
Au fait, que sont devenus les groupes d’expression des salariés toujours prévus par le code du travail ?

Pourquoi M Proglio propose plus de 4% d’augmentation aux syndicats d’EDF

12 février 2010

Les décisions ne sont jamais le fait du hasard.
Elles sont le résultat d’un processus et de raisons, ou de motifs, qui y conduisent.
Alors que les sociétés du CAC 40 proposent des augmentations allant de 0,5 à 2%, pourquoi Henri Proglio cherche t il ainsi à se distinguer ?

1 – Henri Proglio veut apaiser ses syndicats en tirant un gros chèque .
L’année 2009 a été marquée par un conflit social qui a couté très cher et qui a menacé l’alimentation électrique de la Bretagne et de PACA , en retardant les travaux de maintenance des centrales nucléaires.
Seuls quelques journalistes, ont fait la relation entre ces deux évènements.
Les syndicats ont eu bien raison de tenir ; dans les entités publiques, la récompense à des positions combatives, n’est jamais très loin ;
Mais ce serait les méconnaître que de croire, que la paix sociale est garantie pour autant….

2 – Henri Proglio veut être à la hauteur de son image de « Patron social », acquise à Véolia.
Heureux d’être l’ex patron d’une entité qui n’a pas vraiment besoin d’affronter la concurrence internationale , mais plutôt d’entretenir de bonnes relations avec les élus locaux, Henri Proglio a pris des habitudes de patron généreux , payées par le contribuable. Il continue.

3 – H Proglio a quelque chose à se faire pardonner : son double salaire
Le double salaire de H Proglio n’étant pas passé comme une lettre à la poste, H Proglio doit se refaire une virginité auprès de ses syndicalistes , dont il espère les mêmes remerciements que ceux de Véolia…
Ce n’est pas grave si l’entreprise n’est pas forcément dans une forme superbe, il suffira de demander au gouvernement un relèvement significatif des tarifs;
le français, cochon de payant, paiera, une fois de plus !

Ainsi va le management.
Tout se paie.
le problème, ici, c’est que le contribuable paiera aussi pour les états d’âme de Monsieur Proglio.

Finalement l’équation d’une forte augmentation des salaires est égale à :
FA ( forte augmentation ) = CD ( conflit dur ) + PCFP ( patron cherchant à se faire pardonner ) + PVA ( patron voulant se faire aimer )

Avis aux syndicalistes !

Vendredi 12 Février 2010.

pourquoi les groupes étrangers sont ils plus efficaces que les français ?

9 février 2010

Selon un rapport du conseil d’analyse économique ( Les Echos du 8 février 2010 ) , « les entreprises localisées en France et appartenant à des groupes étrangers sont plus efficaces que celles appartenant à des groupes français » , elles seraient même à l’origine de la moitié du commerce extérieur français , sont plus rentables et génèrent plus d’emplois !
On explique cette supériorité en arguant du fait que « les étrangers » auraient mis la main sur les
« fleurons » de l’entreprise française ; c’est un peu court.
D’ailleurs pourquoi les français se privent ils de faire de même à l’étranger ?
Les explications sont multiples ; en voici quelques unes.

1 – ces entreprises sont d’abord efficaces parce qu’elles cultivent la simplicité : ce qui frappe , quand on travaille dans une entreprise gérée « à la française » , c’est l’incapacité de traiter quelque problème que ce soit sans en faire une usine à gaz.
Nos organigrames , par exemple, empilent les niveaux hiérarchiques , comme notre organisation administrative empile les collectivités territoriales ;
Aucun problème n’est traité sans qu’on se croit obligé de consulter mille personnes ;
Aucun problème ne peut se traiter sans se croire obligé de respecter la sainte trinité du rapport au comité de direction, consultation du comité d’entreprise et création d’un groupe projet ou d’un groupe de travail ;
Faire simple est un signe de débilité , en France, quand il est symbole d’efficacité dans les entreprises efficaces.

2 – Elles sont efficaces, aussi, parce qu’elles refusent une collaboration de type institutionnel avec l’Etat et la gente institutionnelle, réduisant d’autant leur liberté d’entrepreneur.
En France, aucun problème n’échappe à la loi, et donc à ses représentants fonctionnaires et donc, dans l’entreprise, à ses censeurs ( les institutions représentatives du personnel )
Aucun domaine de l’entreprise n’est préservé ; les responsables et managers sont en permanence en liberté surveillée ; songent ils à effectuer une quelconque opération qu’une bonne âme leur rappellera dans la minute que le code du travail prévoit que..
Bien assez pour calmer leurs ardeurs !
Adieu l’entrepreneur , bonjour le contrôlé !
Les managers des entreprises performantes savent dominer ce genre de peur et ont une position décomplexée par rapport à la gente juridique et bureaucratique ;
Je revois ce directeur de production de cette firme US dire à l’inspecteur du travail : « monsieur, c’est vous qui êtes au service des entreprises et non l’inverse » !
En France , on croit toujours qu’il suffit de renforcer le pôle emploi pour créer de l’emploi , de créer une taxe formation ou un bilan compétence de plus pour rendre le marché du travail plus fluide ….
Les rapports que les entreprises classiques entretiennent avec leur environnement institutionnel leur rapporte rien et leur coûte beaucoup en réunions et en temps perdu.
Certains patrons classiques croient qu’ils ont besoin des institutionnels alors que c’est l’inverse.
Ceux là ne leur vendent jamais que des « trucs et des bidules » qui ne servent qu’à justifier leur emploi du temps et contribuent à les lester un peu plus.
Les institutionnels croient agir pour la bonne cause et oublient que la meilleure manière d’atteindre leurs objectifs de développement économique et social est de permettre aux entreprises d’être le plus compétitives possibles et de les laisser agir en paix.
On a vu les réactions produites par la suppression de la taxe professionnelle !
On sait maintenant que les entreprises qui délocalisent ( hormis celles qui sont employeurs de main d’œuvre à bas prix) se renforcent en France et créent plus d’emplois que les autres.
Il n’y a qu’en France qu’on remet encore en cause le modèle capitaliste.

3 – Les entreprises étrangères sont plus performantes parce qu’elles cultivent une vraie décentralisation des pouvoirs et des responsabilités : responsables de centres de profit à tous les étages, appuyés par de multiples contrôleurs de gestion, à leur service , et non à celui du patron, font la différence.
En France, les fonctionnels sont toujours le cabinet privé du patron, sa cinquième colonne , quand ces compétences devraient aider les opérationnels à atteindre leur résultat.
Mais le modèle jacobin sévit encore ; que de fois n’ai je entendu que l’encadrement n’était pas mûr pour exercer le pouvoir que leur donnaient pourtant des galons largement distribués !
Les patrons issus des écoles de l’élite sont convaincus de la supériorité du modèle élitiste dont ils sont issus et ne sont pas prêts à concéder une once de leur pouvoir.

4 – Les entreprises efficaces savent mieux utiliser le potentiel humain; elles savent mesurer , au plus juste, le rapport travail / temps passé et cultivent la polyvalence; elles échappent à l’accusation permanente des syndicats français de vouloir à tout prix  » faire suer le burnou » en travaillant l’enrichissement du travail et donc son intérêt accru et la rémunération; les syndicats se trompent quand ils pensent que les salariés veulent travailler le moins possible ; ils se trompent encore quand ils pensent qu’ils refusent la polyvalence; une fois de plus, ils répondent à ses shémas fonction publique où chacun veille consciencieusement à ne pas  » marcher » sur les plate bandes du voisin , au grand mécontentement du client qui ne bénéficie pas de l’ajustement de leurs actions.
Beaucoup d’entreprises classiques ont un mauvais taux d’utilisation de laur main d’oeuvre ; elles le savent bien quand elles se comparent avec leurs sous traitants; et après celà, les syndicats s’étonnent d’un si fort taux d’appel à ceux ci !

Enfin, comment ne pas conclure que le surcroit de compétence acquis par la mobilité professionnelle internationale est un plus indiscutable ?
Par mobilité professionnelle internationale, il faut entendre le fait de fréquenter plusieurs cultures managériales pour tirer le meilleur de chacune d’entre elles ;
Les entreprises performantes savent cultiver ces mélanges fructueux ;
Beaucoup d’entreprises françaises se vantent de la singularité de leur culture ( les banques par exemple ) elles ont tort !
Un peu d’humilité ne ferait pas de mal aux français qui , trop souvent, vous expliquent que
« dans notre métier, dans notre entreprise, c’est pas comme ailleurs, c’est beaucoup plus difficile quand on ne connaît pas, c’est particulier » !
En ce sens, un DRH qui a travaillé dans une entreprise étrangère est forcément plus efficace que celui qui se vante de connaître tous les prénoms des enfants de ses salariés , d’être en mesure d’assouplir le délégué CGT , ou de raconter les petites histoires croustillantes de la journée , à son chef vénéré.

Fallait il « excuser  » les conti ?

6 février 2010

Le vendredi 5 Janvier 2010, la cour d’appel d’Amiens décide de remplacer la prison avec sursis par une amende, pour les salariés licenciés économiques de l’entreprise Continental , qui avaient mis à sac une sous préfecture.
Récemment, les salariés de la compagnie SNCM avaient bénéficié d’une même indulgence pour avoir détourné un navire au cours d’un conflit social .
Dans beaucoup d’autres pays, ces personnes seraient sûrement en prison.
Une telle indulgence , en France, à l’égard de délits commis par des individus victimes de « violences économiques » est elle opportune ?
Oui , c’est rendre justice diront les uns.
Face à la violence des patrons , des banquiers capitalistes, de l’Etat, de l’Europe, comment refuser à leurs victimes de se défendre par les moyens les plus susceptibles de se faire entendre ?
Car enfin , qu’est ce qu’un saccage ou un détournement , face à la violence faite aux salariés licenciés ou dont les justes revendications ne peuvent être satisfaites ?
D’ailleurs , ce moyen de défense n’est il pas , en France, d’utilisation commune ?
Les paysans, les camionneurs, les pêcheurs ne font ils pas utilisation des mêmes « moyens de défense » que les salariés , sans que jamais l’un d’entre eux soit incarcéré ?
José Bové ne dut qu’à sa virulence et à sa qualité de récidiviste de passer quelque temps en prison.
Non, diront les autres, la violence physique ne peut jamais se substituer à la justice pour exercer une vengeance, ou servir de moyen de pression quelconque , quelle qu’en soit la forme : psychologique , physique ou sociale.
L’admettre c’est accepter que le policier, excédé, frappe le gardé à vue récalcitrant , le conducteur agresse l’automobiliste qui lui a fait une tête à queue, le mari jaloux poignarde sa femme, la mère célibataire et pauvre maltraite ses enfants, les gens du quartier, s’érigent en milice punitive contre les jeunes du quartier, adeptes du tapage nocturne …

L’appareil de justice, qui rend la justice au nom du peuple français et de l’Etat , devrait réfléchir à ne pas donner l’impression que certaines violences sont admissibles « vu les circonstances de l’espèce » !
Car , toutes les violences commises par les hommes ont des excuses , quand on examine l’enchaînement des causes qui y a conduit ;
Il n’y a pas d’un côté de bonnes causes à la violence et d’un autre côté, de mauvaises.
Les DRH , dans certaines entreprises, ont subi , ou eu l’occasion d’observer, la violence de certaines actions syndicales y compris entre syndiqués.
Pourquoi cette violence là, serait elle plus admissible que les autres ?

Nicolas Sarkozy : DRH à 33% ?

17 janvier 2010

Nicolas Sarkozy n’est pas un Président de la république comme les autres .
Beaucoup a déjà été dit et écrit sur lui.
récemment, il s’est présenté comme le DRH du parti socialiste.
Que faut il penser du DRH Sarkozy ?
Nicolas Sarkozy, selon nous, c’est trois hommes en un.

Le premier de ces hommes est un patron de PME.
Forcené de l’action, utilisant souvent un langage direct, fuyant la prudence , écoutant son intuition et ses émotions, réactif , sans pardon pour les mous, les fonctionnaires et ceux qui échouent, Nicolas Sarkozy ressemble , à beaucoup d’égard, à un patron de PME.
C’est ce côté-là qui heurte la France emplumée et diplomatique, qui parle un langage prudent, lit Télérama et a peur de tout , la France des élites, qui a appris à parler bas et à se réunir, beaucoup plus qu’à agir. A l’inverse, c’est ce côté fonceur là, qui plaît à cette autre France , qui ressemble tant à ce Sarkozy là.

Le deuxième Sarkozy est un DRH appartenant à la sphère étatique
Pas un DRH recruteur , comme l’entend le président ,mais un DRH , spécialiste du compromis perdant.
Car, pour Nicolas Sarkozy, si le verbe est souvent haut, la réforme subséquente s’avère souvent un compromis perdant.
Dans la France des administrations et des entreprises publiques , le compromis négocié avec les forces syndicales, est , à 99% , un compromis perdant.
En général, le patron étatique négocie le retour à la paix sociale, contre l’abandon des mesures d’organisation envisagées, ou leur maintien, mais à un prix exorbitant.
La retraite négociée à la SNCF est de cet acabit , comme le service minimum.
Le concubinage notoire entre l’Etat et l’économie , en France, fait prendre aux patrons et DRH du secteur public, des postures d’hommes politiques : l’important est de ne pas mécontenter les agents/électeurs ; ce compromis d’établit presque toujours aux dépens de l’intérêt général à long terme, ou des contribuables non fonctionnaires.

Le troisième Sarkozy est un pasteur évangéliste.
Nicolas Sarkozy se sent intimement convaincu , qu’il a le rôle historique de faire bouger une France, aussi riche qu’empêtrée dans sa culture et ses traditions.
L’évangéliste Sarkozy est un justicier, qui mène la vie dure aux prostituées, aux dealers, aux enfants mal élevés, aux violeurs, à ceux qui ne respectent pas la Marseillaise, aux bandes cagoulées.
Le chanoine romain n’hésite pas à invoquer l’église catholique, ou Jaurès , pour appuyer ses références aux valeurs.
Le débat sur l’identité nationale , n’est qu’un autre de ses combats pour le respect des valeurs , nationales, cette fois. Le ministre défroqué du PS, qui porte cette cause, brûle aussi d’une certaine flamme missionnaire et d’une capacité certaine à s’offrir en martyr.
L’évangéliste Sarkozy , comme un prêcheur enflammé, n’hésite pas à user de la provocation ; car il sait que , malgré ses inconvénients, c’est souvent le seul moyen de faire bouger une France amidonnée de principes stériles.
Henri Guainot , éthicien pétri de valeurs, , sert fort bien d’épistolier, à cet évangéliste là !

La France des 35 heures est elle prête pour l’an 2010 ?

5 janvier 2010

En ce début Janvier 2010, la vraie question est de savoir si la France est armée pour affronter ce siècle dans de bonnes conditions.
Or, un certain nombre de faits suscitent plus que notre inquiétude :

1 – les Français travaillent trop peu . Les 500 à 600 heures de travail qui nous séparent des Asiatiques ne peuvent être comblées par la compétitivité dont on se vante si souvent.
Les 35 heures , en d’autres temps, étaient peut être une bonne chose. Ils sont devenus une mauvaise chose à supprimer d’urgence.

2 – les Français sont trop lents . Chine et pays asiatiques, japon excepté, nous montrent de quelle manière ils ont été capables de nous copier et ,demain, de nous dépasser .
Nous croyons encore avoir le temps, alors que nous ne l’avons plus .
Nos délais de mise en fabrication et de mise sur le marché sont beaucoup trop longs.
Les Français s’étouffent eux-mêmes dans l’art qu’ils possèdent de tout bureaucratiser et perdent un temps fou à exécuter des opérations qu’ils croient indispensables, mais qui ne le sont pas.

3 – Nos produits coûtent trop cher.
C’est pour une raison de coût que la Corée du Sud a raflé le marché de 4 centrales nucléaires aux Emirats Arables Unis, pas pour des raisons techniques.
Demain ,ce sont nos avions qui seront trop chers. Les militaires brésiliens ont choisi l’avion suédois , deux fois moins cher.
Airbus vient de signer un accord instituant une assurance temps collective, qui doit permettre de réduire la production sans toucher aux salaires , comme si nous étions encore au temps béni des trente glorieuses. L’Etat qui intervient trop, partout, complique la négociation des marchés au lieu de les faciliter.
Je crains que ça ne se paye très cher demain.

4 – La France vit repliée sur elle et n’a pas encore compris « ce qui se passait »
Plus d’une bonne moitié de la France ne s’est encore pas rendu compte vraiment de ce qui est en train de se passer . Cette France là vit accrochée à l’Etat, directement ou indirectement, et croit encore que la source de son argent est inépuisable ou qu’il suffit de prendre aux riches.
Elle n’a pas compris que l’économie européenne va être avalée par celle de l’Asie et qu’elle sera de plus en plus contrainte et de moins en moins initiatrice.
Ministère du travail et DRH jouent encore à la marelle de l’emploi des seniors, de l’égalité hommes / femmes , de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences , représentation des IRP, financement de la formation, quand il ne faut se préoccuper que d’efficacité , d’innovation et de réduction des coûts.
Parce que ce qui compte, c’est créer de l’emploi, créer de l’emploi, créer de l’emploi ;
Et donc, favoriser , par tous moyens, l’activité économique, sélectionner des managers de qualité et leur faire confiance.

5 – La France des politiques et des médias se focalise sur des problèmes qui ne sont pas stratégiques.
Le virus H1N1, le couple présidentiel, le stress chez France Télécoms, le Tour de France, le mercato du football , la grève du RER A , sont des problèmes qui ne sont pas susceptibles de remettre en cause notre société .
Les maires , leur taxe professionnelle, leur musée de prestige, leurs vélos et leurs voitures électriques, ne vivent pas dans le même pays que celui qui voit disparaître des pans entiers de son industrie.

6 – Une partie de la france est en état de désarmement moral : dilution de la valeur travail, absentéisme élevé des élèves et de nombreux salariés du secteur public et para public, comportement d’assistés permanents vis à vis de l’Etat et des collectivités territoriales, la France continue de vivre comme  » un pays riche » , alors que nous sommes déjà en situation d’appauvrissement.

7 – L’Europe des nations , qui a triomphé de l’europe fédérale, maintient la France dans l’illusion qu’elle est un grand pays, quand il aurait fallu faire comprendre aux européens, comme on l’a fait pour les régions historiques , que l’Europe des nations n’était qu’un moment de l’histoire, mais n’était plus l’Histoire !

Si personne ne sonne l’alarme , ni la France , ni l’Europe ne se mettront jamais en position de combattre les défis auxquels elles se trouvent confrontées.
Cet européen là , reste encore à trouver . C’est un second Jean Monnet qui nous manque !

Les DRH ne doivent pas cultiver la peur des mots

17 décembre 2009

Quel paradoxe étrange de voir qu’au pays de la littérature, les mots font peur.
Récemment , dans une réunion consacrée à l’emploi des jeunes, j’eus le malheur de prononcer le mot « sanction » !
Le tohu bohu qui s’en suivit, cassa littéralement la suite de la réunion.

Les journalistes ,d’habitude si prompts à dénoncer la langue de bois des politiques, poussent des cris de vierge effarouchée, à chaque fois qu’un ministre prononce une phrase, ou une expression, trop « crue » à leur goût.
Régulièrement, ils dénoncent les ministres , dits civils, pour leur maladresse à utiliser le langage policé des politiques professionnels , comme les courtisans se moquaient , à Versailles, de la maladresse de ceux qui n’en étaient pas.

En entreprise, sauf dans les TPE et PME, j’ai bien peur qu’au fil du temps , le langage policé n’aboutisse qu’à élargir la fracture entre patrons et syndicats , direction et cadres, cadres et employés.
Les premiers résultats du cabinet mandaté pour expertiser France Télécoms fait ressortir, Oh surprise, une inadaptation du management.
Mais quand , pendant des mois et des années, on demande aux managers de tourner 10 fois leur langue dans leur bouche, de ne jamais prononcer, en réunion ou en entretien, dans les entreprises publiques ou ex publiques, les mots de profit, concurrence, compétition, performance, non professionnalisme, fainéantise …il arrive que la réalité se venge.

Les imprimés d’évaluation sont un modèle de langue de bois : les salariés n’ont plus de points faibles, ils n’ont que des points de progrès ou de vigilance !

Or, ce sont les mots vrais et sincères, qui chassent le mensonge et l’hypocrisie et permettent que s’installe une vraie relation de confiance , entre le manager et son salarié.
L’entretien annuel réduit à 15 minutes de parler vrai, serait déjà beaucoup plus utile que de passer 1H à 2H, à formaliser des tas d’éléments ,dont la pertinence n’est pas avérée.
Le quantitatif à tout crin, a évacué l’importance du qualitatif et même de l’émotion.

Le « Radio Paris » des DIRCOM et conseillers divers en communication, cultive , à force de grimaces, le mensonge officiel.
Dirigeants , cadres et DRH doivent d’urgence s’émanciper d’une tutelle qui , à force d’éléments de langage travaillés, a tué la vérité des relations entre les hommes , comme la vérité des situations.
Avez-vous vérifié récemment, comment tout l’entourage de Johnny nous disait qu’il allait toujours bien ?

Dans les écoles, la prudence avec laquelle les maîtres doivent maintenant s’adresser aux élèves, sauf à finir au tribunal, introduit une distance et un prudence dans la relation qui n’est pas faite pour faciliter la relation professeur/élèves.
Une des grandes différences entre notre culture et la culture anglo saxonne tient justement à notre incapacité à dire les 4 mots justes pour décrire une situation et à en chercher 100 , qui ne diront rien !

Il est grand temps que tout le monde , en France, retrouve le courage de dire les mots justes ;
Quand les mots sont absents , ou faux ou hypocrites, la violence n’est jamais bien loin.
C’est vrai dans le couple, dans les relations parents / enfants, dans les entreprises, dans l’Etat.

L’actualité sociale de décembre 2009, est révélatrice du politico-social ,à la française

11 décembre 2009

1 – Les conducteurs de la RATP ,qui conduisent 3 heures par jour, déjà bénéficiaires d’un statut avantageux, prennent ,une fois de plus, les usagers en otage, pour faire intégrer une prime à leur salaire , en invoquant, une fois de plus, leurs conditions de travail difficiles et le bien des usagers……..

2 – Pendant ce temps, les salariés déjà modestement payés et peu organisés de la restauration, peinent à obtenir un accord sur les salaires , de la part de restaurateurs, qui viennent de profiter d’un exceptionnel cadeau , par l’entremise de la réduction de la TVA.
Ils ne risquent rien ; le président leur a promis qu’il leur maintiendrait ce cadeau, échéances électorales oblige.
La gauche a bien raison, le politique doit primer tout le reste.

3 – Pendant ce temps, les patrons routiers, si critiques envers l’Etat , quand tout va bien, lui font les poches . Celui-ci, élections oblige, se laisse facilement faire et leur abandonne même la taxation carbone. La cause environnementale à Copenhague, ne vaut pas une messe à Paris.
Les grands patrons routiers, sans se soucier des petits, finiront par consentir une augmentation de salaire , qu’ils auraient dû payer depuis longtemps, à des conducteurs qui conduisent 10 heures par jour.

4 – Pendant que les français se tâtent , tergiversent , réunionitent et réfléchissent , Gordon Brown décide , seul , de taxer à 50% les bonus de ses traders.
Sarkozy a trouvé son maître en leadership, il doit s’aligner.

Ainsi va la France

Pourvu que ça dure !

Ce que montre le sondage TNS Sofrès / Altedia du 14 au 23 Octobre 2009

30 novembre 2009

Parution dans Les Echos du 30 Novembre 2009.

1 – Les agents du public sont les plus malheureux.
Je le savais déjà pour y avoir travaillé, l’Etat patron est le plus mauvais des patrons. Et l’administration d’état, la structure la plus sociale mais aussi la plus inhumaine.
Et les fonctionnaires, sont les personnes qui supportent le plus mal un monde devenu instable et les changements , inéluctables, qui les touchent ( RGPP, changement de statut juridique )

2 – La polémique sur le stress , a été artificiellement montée en épingle par les médias et les syndicats.
Le sondage montre que ce n’est pas, loin s’en faut, une préoccupation importante pour la moyenne des salariés ; nous avions déjà écrit que les suicides touchaient une catégorie particulière de population : des agents ,ou salariés, appartenant à des entreprises publiques ou ex entreprises publiques ( Thalès ) soumises aux lois du marché et de la concurrence.

3 – Les salariés, y compris les cadres, comprennent les actions de protestation violente, quand il s’agit de défendre leur emploi.
C’est désolant, mais beaucoup de français trouvent normal l’utilisation de la violence « pour eux » et la condamnent, probablement, pour les autres ( jeunes des quartiers )
Il reste du travail à faire pour éduquer le citoyen et pour re-crédibiliser le travail de négociation des syndicats.
Il est vrai , qu’une partie du patronat français reste , encore, très peu partageuse….

4 – Small is beautiful .Les salariés des TPE sont beaucoup plus satisfaits que les autres.
Une fois de plus, nous avons raison de dire que l’équilibre managérial s’établit beaucoup plus facilement dans les petites structures, au travers des centres de profit ou de responsabilité .
Qu’attendent encore, les dirigeants des grandes structures, pour les éclater en centaines de PME ?
Ce faisant, ils joueraient coup double : responsabilisation de leurs managers et satisfaction des salariés.
La bureaucratisation extrème, la centralisation du pouvoir de décision, la complexité des structures matricielles, la redondance des procédures de contrôle, le manque de sensibilité , d’humanité , de convivialité de nombre de managers, ruinent le plaisir au travail et la confiance, dans les grandes structures.

5 – Les salariés , y compris les cadres, jugent que les intérêts de l’entreprise ne rejoignent pas les leurs.
Ils condamnent les écarts de salaire installés entre eux et les dirigeants .
Les patrons l’ont bien cherché ( et le MEDEF qui les a défendus , aussi ) , à force de justifier des écarts de salaire injustifiables, de pratiquer une indulgence coupable envers stocks options et retraite chapeaux, en invoquant bêtement la concurrence internationale, ils ont gagné le découplage , entre ce que les salariés considèrent leurs intérêts et celui des dirigeants, l’intérêt de l’entreprise et le leur.
Et il faudra plus qu’une réformette de l’intéressement et de la participation pou réarrimer l’attelage.
Ce fait est très grave . Il signifie que l’équipage s’est rendu compte qu’il ramait beaucoup plus pour les patrons, que pour lui.
Seule la généralisation de l’actionnariat, dans les grandes entreprises, pourra remédier à ce malaise.
Les évènements récents, qui ont vu des centaines de cadres dirigeants d’EADS vendre , précipitamment, leurs actions, a laissé des traces.