Archive pour 1 juillet 2008

Types de patron et marges de manœuvre

Mardi 1 juillet 2008

Souvent on n’a pas le choix et le recruteur ne vous dit rien, ou pas grand-chose, de la personne qui détient le pouvoir dans l’unité dont vous allez être le DRH.
Il est son client.

La première rencontre vous laissera quelques impressions trop floues pour que vous preniez le risque de laisser tomber, ou de vous faire classer en N°2, en émettant quelques réserves maladroites.
J’ai observé qu’on refusait souvent de voir l’évidence, devant le désir fort de trouver ou retrouver un emploi.

Dans l’absolu, un homme des relations humaines devrait pouvoir s’accommoder de tous les types humains que le hasard lui présente.
En réalité, c’est tout le contraire.

S’il y a une fonction qui implique une complicité forte entre son titulaire et le détenteur du pouvoir, c’est bien celle de DRH.
Car sa fonction incarne le pouvoir et son pouvoir ne saurait se dissocier sensiblement du pouvoir de son hiérarchique.
D’où l’importance, pour ces deux là, dans l’absolu, de partager une même conception de l’entreprise, de la place de l’homme dans l’entreprise, de celle qui doit être laissée au dialogue social, du type de managers qu’il faut recruter ou promouvoir, du type d’organisation à mettre en place, bref, partager le même corps de principes ou de valeurs qui vont inspirer et orienter leurs actions .
Faute de quoi, ce tandem fonctionnera avec difficulté.

Dans la réalité, l’ osmose parfaite est rare et chacun, surtout le DRH, doit faire des efforts.
Le problème, bien sûr, ne se pose pas quand le DRH est naturellement légitimiste et inscrit ses pensées et son action dans celles de son hiérarchique.

Ainsi donc, il vous faudra dans un lapse de temps très court, celui de la période d’essai, juger de la communauté d’idées qui vous rapproche ou vous sépare de votre responsable.
Il faut préciser aussi que, même si vous partagez vos conceptions avec votre responsable direct, mais que celui-ci n’est pas le décideur final, vous souffrirez de travailler dans cette entreprise, si vous avez à appliquer des décisions venues de plus haut, qui vous déplaisent.

Les attentes implicites du patron
Elles ne se perçoivent pas rapidement, en général.
Et il vous faudra un peu d’ancienneté dans l’entreprise pour deviner les attentes implicites de votre patron. Qui s’ajoutent à celles de son entreprise.

Ces attentes implicites rejoignent la conception intime que le dirigeant a de l’entreprise, des hommes, de la manière d’agir, de la place qu’il accorde à sa carrière …Et elles ne recouvrent pas forcément celles de l’entreprise, sauf s’il est patron propriétaire et que l’entreprise se confond avec lui.

Certains focalisent sur les profils des recrutés (diplôme, origine sociale, couleur politique, syndicalisation), d’autres, sur le niveau d’engagement des salariés, mesuré à l’aune de leur disponibilité horaire, d’autres tiennent beaucoup à faire plaisir à leur environnement institutionnel ou politique, au travers de stages, formations en alternance, recrutements ciblés ..
On demande au DRH de savoir appliquer discrètement les petites affinités du pouvoir.
La culture d’entreprise sert parfois de paravent à ces attentes implicites.
A vous de savoir agir au mieux de votre conscience, sans avoir l’air de désobéir.

Avec quelles marges de manœuvre ?
A ce titre, certains patrons sont autant que possible à éviter :
Le patron qui sait tout, parce que sa formation l’a conduit à penser qu’il était l’élite de la nation : adieu l’autonomie de pensée
Le patron politique et théoricien qui vous fera prendre ses chimères managériales pour des lanternes : adieu le pragmatisme
Le patron institutionnel, qui a une peur bleue de son Président : adieu l’action
Le patron tatillon, grand apôtre du micro management : bonjour le détail et adieu les dossiers de fond
Le patron perfectionniste, peureux et méfiant, qui ne comprend pas que vous fassiez différemment de lui, se méfie de tout, et contrôle tout 3 fois de fond en comble : adieu la confiance !
Le patron carriériste et dévoré par son ambition, qui exige de vous et des autres, qu’il agisse pour donner de lui l’image parfaite, qui le fera porter au faîte du pouvoir : Adieu la primauté de l’intérêt général

Le patron idéal n’existe pas plus que le DRH idéal.
Néanmoins, vous apprécierez sans doute de travailler avec quelqu’un qui vous écoute, vous fait confiance pour gérer seul tous les dossiers qui relèvent de votre champ de compétence.
Celui là vous soutient et, dans tous les cas, considère à priori que vous êtes son conseiller privilégié dans le champ des relations humaines et sociales.
Il ne vous met pas sans cesse en concurrence avec Pierre, Paul ou Jacques, ou tel consultant, ou même les experts du siège.
Contrairement à la finance ou au marketing, disciplines moins accessibles, beaucoup de gens ont leur petite idée sur la manière de gérer les hommes …..
Beaucoup trop de gens parasitent donc sans cesse l’action du DRH et lui enlèvent beaucoup d’efficacité.
Une fois de plus, les marges de manœuvre sont à beaucoup plus à prendre dans les PME ou les filiales disposant de leur autonomie juridique que dans les structures étatiques, ou les établissements des grands groupes, où le pouvoir est, soit trop dilué, soit réduit à l’application des directives du siège.

L’action du DRH

- Si vous voulez de l’autonomie essayez plutôt de travailler dans des PME ou des filiales possédant leur autonomie juridique
- Dans tous les cas, la liberté se gagne, et votre sujétion est autant le résultat de votre faiblesse que la manifestation de la force de l’autre
- Si les réticences sont fortes , Proposez une expérimentation et gagnez la
- C’est le meilleur moyen de vous faire reconnaître et de pouvoir petit à petit disposer de la marge d’autonomie que mérite un poste à responsabilité
- Dans tous les cas, tenez un langage clair et ( souvent ) courageux . N’ayez pas peur.

Petite théorie de l’Action efficace en Entreprise ou en Organisation

Mardi 1 juillet 2008

Si l’Action était une personne et pouvait parler , elle nous dirait :

1 – J’aime la rapidité
Le mieux étant l’ennemi du bien , je préfère une solution rapide à une solution qui prend son temps pour se vouloir parfaite et ne le sera jamais . Je me souviens en permanence de ces mots du Général Mac Arthur  » Toutes les batailles perdues se résument en deux mots : trop tard « . C’est pourquoi trop de sagesse , trop de considérations de ceci ou de cela , trop de permissions , trop de mollesse , trop de bureaucratie , m’agacent souverainement .Le temps est d’après moi l’un des critères qui caractérise le mieux l’efficacité d’un individu ou d’une Organisation .Le dicton populaire  » Faire vite et bien  » n’a jamais été aussi juste qu’aujourd’hui !

2 – J’aime la Simplicité
Car la simplicité toute nue , claire et limpide , évidente , est toujours la manifestation d’une grande intelligence . Je n’aime donc pas tout ce qui contribue à la brouiller : réunions sans fin pour des considérations d’importance secondaire , usines à gaz élaborées par des consultants pour justifier leurs honoraires , débats théologiques sur le sexe des anges , tableaux de bord gigantesques , rapports sans fin rassurant leurs auteurs sur la profondeur de leur intelligence , les craintes multiples et injustifiées sur les réactions de tel ou tel , angoisses perpétuelles du passage à l’acte …

3 – J’aime la créativité
J’aime l’idée nouvelle même provoquante , celle qui surprend , celle qui dérange . Car elle seule permet d’avancer et de changer l’ordre des choses . C’est pourquoi j’aime les hurluberlus , les farfelus , les artistes ,les atypiques , les empêcheurs de penser en rond , les iconoclastes , les aventuriers , des gars comme steve Jobs , christophe Colomb ou Marco polo , tous ceux qui ont une vision anticipatrice de ce que l’on pourrait faire, si l’on osait . C’est pourquoi je n’aime pas ceux qui se contentent de refaire avec application ce que  » l’on a toujours fait « , les conformistes de tout poil qui se prennent au sérieux , les prudents à tout crin , bref les conservateurs incapables de penser autrement qu’en ordre , les groupes de travail stériles .

4 – J’aime la liberté
Car je sais que donnée aux meilleurs , elle portera les plus beaux fruits . Donnée aux professionnels , elle leur fera travailler chez les autres comme s’ils travaillaient chez eux et en fera des Intrapreneurs indispensables
J’aime la liberté parce qu’elle plie comme le jonc aux réalités qu’elle rencontre , parce qu’elle apprend à ceux qui la possèdent de se conduire de manière autonome et responsable .
Rien de grand ne se construit sans elle . C’est pourquoi je déteste les contrôles aussi redondants qu’inutiles , les signatures multiples , les audits à la mode , les reporting bons à remplir les armoires, les comités de pilotage qui ne pilotent rien , les cris  » au loup  » des comptables et des juristes , les piteux conseils des peureux de tout acabit ,
L’immense armée de tous les décourageurs qui peuplent les bureaux et n’ont de cesse de décourager ceux qui veulent utiliser leur liberté pour entreprendre .
Enfin , le manque de délégation donnée aux hiérachiques dans les entreprises françaises , et la centralisation ( sacralisation ) du pouvoir qui en est la cause , est une tare indélébile , qui enlève beaucoup de sa substance aux pratiques managériales françaises !

5 – J’aime les petites unités
car c’est là qu’on sent le mieux ce qui se passe et la réalité des efforts que l’on produit pour moi . Car c’est là qu’on sait le mieux ce qu’il faut corriger chez moi . C’est là aussi que je prends tout mon sens et qu’apparaît le mieux la réalité de la contribution de chacun .J’aime les petites unités parce que c’est là que je suis le meilleur ciment du groupe et leur plus conviviale compagne . Enfin , c’est là et là seulement que l’action managériale peut vraiment éclore .Dans des unités plus importantes , elle se heurtera toujours à des forces qui la contrarieront . ( syndicalisme , manque d’autonomie du manager , bureaucratie etc …) Small is Beautiful !

6 – Je suis exigeante
J’ai appris très jeune que  » sans exigence , il ne peut y avoir de performance  » . L’exigence se nourrit de professionnalisme . C’est pour cette raison que je n’apprécie être l’œuvre que de maîtres sévères et de compagnons ayant le sens du détail et de l’œuvre achevée , même toute petite , même mineure .Les concessions multiples , les excuses innombrables à mon imperfection me mettent en colère ! Et je ne me contente jamais des promesses que demain sera mieux qu’aujourd’hui .Je sais que je passe pour avoir mauvais caractère mais la qualité qu’on prêche à tout va sur les estrades , j’en veux , moi , tous les jours à tous les repas !

7 – Je suis majeure et vaccinée
J’apprécie qu’on sache que l’on m’entreprend parce qu’on a des raisons véritables de le faire , une finalité qui me correspond , une logique qui me donnera les moyens de trouver un aboutissement fructueux .C’est pourquoi je me méfie de toutes les actions qu’un corps étranger veut me refiler pour satisfaire ses ambitions à lui et sa logique à lui , même s’il me donne des subventions et des encouragements pour le faire et tente d’en appeler à ma bonne conscience .J’ai appris que , dans l’ordre économique , contrairement à l’ordre moral , tout ce qui est gratuit ou pas viable est sans valeur . Je suis sourd à ces appels parce que je sais que je paierai ces cadeaux au triple de leur prix , en non professionnalisme , temps perdu et dossiers sans fin . Dura lex sed lex . La logique politique ou sociale rencontre rarement la logique économique .

8 – Je ne m’accomplis vraiment qu’avec des professionnels impliqués respectant les règles du jeu
Je recherche en plus leur enthousiasme , ce supplément d’âme qui vous fait franchir des montagnes et partager une aventure commune .J’ai appris que le Management rimait trop souvent avec  » l’art de faire avec …  » . Je ne m’en satisfais pas ! Aussi , les incompétents , les amateurs de passage , les obsédés de la définition de fonction et de la pendule , les scrupuleux de leurs droits qui en oublient leurs devoirs , les jamais contents , les fanatiques du  » toujours plus « , les moroses et les blafards de tout poil , les assistés permanents , les irresponsables , les lents , les spécialistes du statut , des augmentations à l’ancienneté et de la retraite le plus tôt possible , n’ont ils rien à faire avec moi ! Même l’Armée française a fini par comprendre que l’amateurisme certes sympathique de ses trouffions ne pesait pas grand chose face à une armée de professionnels bien entraînés . Le professionnalisme est ce qui manque le plus dans les entreprises françaises et leur principal handicap face aux Entreprises anglo saxonnes ou japonaises . De nombreux salariés français se vengent d’une manière ou d’une autre de leurs insatisfactions personnelles ou professionnelles voire familiales , en manquant gravement aux exigences du professionnalisme .

9 – J’aime l’équité
Chacun de ceux qui contribuent à ma réalisation doivent recevoir la juste rétribution de leur contribution . C’est une question de logique plus que de morale . Comment imaginer demander à ceux qui ont donné le meilleur d’eux mêmes de continuer à le faire s’ils se sont sentis grugés ? Je suis choquée de constater qu’on récompense aussi mal ceux qui me font et qu’on sanctionne aussi peu ceux qui me défont ! Fangio , l’un des plus grands coureurs automobiles de tous les temps redonnait 10% de ses gains à ses mécanos . Aujourd’hui , IKEA redistribue à ses salariés les gains d’une journée de son chiffre d’affaires appelée  » journée des employés  » .Tout le monde trouve ces idées intéressantes voire normales . Et pourtant , on ne voit pas vraiment se concrétiser de formes concrètes et motivantes d’intéressement des salariés
Quelque part la cupidité se combine avec la bêtise pour empêcher ceux qui ont le pouvoir de redistribuer, de voir où est leur intérêt ! La nature humaine est décidément bien peu logique !
S’agissant de rétribution , la confusion d’origine morale du mérite et des performances est une autre forme d’iniquité .
Peu me font les vertus de ceux qui s’attaquent à moi s’ils ne me réussissent qu’imparfaitement . Je n ‘existe pas d’abord avec du mérite mais avec de la compétence et de l’intelligence .Ce sont elles qui me feront gagner la guerre.
Je n’oublie néanmoins pas que certaines vertus sont indispensables à mon professionnalisme et que le mérite doive parfois être encouragé , seul , parce qu’il marque une volonté de progresser .
Mais n’y a t il de place que pour les forts et les intelligents ? Dans l’ordre économique , strictement oui !
Dans l’ordre humain , c’est à ceux qui ont la charge de ces questions de trouver des réponses appropriées . Leur argent sera mieux utilisé là , qu’à faire des dépenses publiques inconsidérées ; et elles sont innombrables ! Leur rôle consiste aussi à faire en sorte que leurs écoles préparent du mieux possible à l’action leurs ouailles au lieu de faire du curatif auprès d’une main d’œuvre inappropriée . Chacun son rôle .

10 – J’aime les gens de terrain
Ce sont eux qui savent le mieux ce dont j’ai besoin pour satisfaire ceux à qui je suis destinée . Je regrette énormément l’inflation des troupes d’experts et de professeurs tournesol qui travaillent sur des cartes d’état major sans avoir jamais mis les pieds sur le terrain . La mode puise son inspiration dans la rue ? L’économie aussi , dans les besoins des gens , leurs plaisirs ou leurs rêves . Seuls les gens de terrain savent ce qui est important et ce qui me manque pour remplir au mieux la fonction qu’on attend de moi . Les gens des bureaux m’habillent d’étranges façons , me font effectuer d’étranges figures , me lestent d’étranges parures , pour en oublier souvent la finalité pour quoi j’ai été entreprise .Au lieu de se mettre au service des opérationnels , ils existent souvent pour eux mêmes et pour justifier leur emploi et leurs théories .

11 – Je suis  » service – service  »
Je n’oublie jamais que j’existe pour simplifier la vie de mes utilisateurs et non la leur compliquer ! Aucun règlement , aucun horaire , aucune règle ne doit me faire déroger à cette idée ! Ceux qui ont besoin de moi doivent toujours se rendre compte que je mets la meilleure bonne volonté à les satisfaire et que je trouverai toujours une solution pour faire avancer leur problème même si je n’ai pas les moyens de le régler immédiatement .

12- J’aime la transparence.
Peu de choses me concernant appartiennent au secret .Dire la vérité à mon sujet est la meilleure manière de me corriger . Je n’arrive pas à comprendre tous ces secrets de polichinelle que l’on s’évertue à construire autour de moi ! Je ne comprend pas plus qu’on ose parler autant de communication et qu’on soit si peu transparents ! La raison en est sans doute une fausse idée du pouvoir et un manque certain de courage .  » Dire , sans détours et sans hypocrisie , pourquoi l’on m’a décidée  » , est souvent la meilleure manière de se mettre en bonne position pour me négocier face à des interlocuteurs hostiles ou méfiants .C’est pourquoi je n’apprécie pas non plus ces procédés de gouvernement qui , pour éviter  » de faire de la peine  » tournent cent fois leur langue dans leur bouche pour éviter de parler de  » mon état  » . Sur le coup , ça fait pas mal et ça arrange bien le porteur de mauvaises nouvelles ou de décisions difficiles . Mais , les chiffres finissant toujours par se venger , la vérité finira par apparaître et fera cent fois plus mal à ceux à qui on a menti . Ne pas les croire capables d’entendre la Vérité est se moquer d’eux . Les anesthésiants font du bien à l’hôpital , ils font du mal dans l’Entreprise !

13 – J’aime l’humour et la décontraction
Visages fermés et cols empesés m’empêchent de me réaliser dans de bonnes conditions . J’aime ceux qui me font en s’amusant sérieusement , ceux qui me blaguent avec professionnalisme . Suis je donc aussi désagréable , aussi vertueuse , aussi aristocratique , pour que l’on me balance des  » vous  » à tout va , et me traite comme une vieille comtesse décatie ? Je suis tout le contraire : primesautière et enjouée . C’est pourquoi je réserve souvent mes meilleurs effets aux équipes  » qui ne se prennent pas la tête  » et prennent leur pied avec moi !

14 – Je me méfie des grands affectifs
…surtout quand ils sont Managers . Tout à leurs états d’âme , ils en oublient de me traiter avec raison et me causent beaucoup de tort .Je me méfie d’eux parce qu’ils confondent gentillesse , fidélité , justice , avec compétence , indépendance et équité . Ils ne discernent pas les vertus des performances et acceptent donc qu’on me fasse  » à peu près  » , parce qu’on a beaucoup peiné pour me faire , ou que mon auteur avaient plein d’excuses de me mal faire . Mais moi , je n’exige pas des pleurs ni des excuses , mais seulement le professionnalisme qui me rendra parfaite .Les salariés latins sont aussi coupables , qui souvent , préfèrent les Patrons gentils aux Patrons exigeants . Je me méfie tout autant des Patrons qui ne travaillent qu’avec leur hémisphère gauche , celui de la raison froide , et qui oublient que la qualité de la relation humaine , bien dosée , et combinée avec le professionnalisme , produit les meilleurs résultats . En fait , je ne me construis bien que dans l’équilibre du cœur et de la raison . Je constate néanmoins que la stratégie de la contrainte a beaucoup plus de chances de me réaliser dans de bonnes conditions que la stratégie de l ‘indulgence .C’est regrettable peut être , mais c’est ainsi !

15 – Je ne suis pas Gallo – centrique
Je réserve mon goût pour les gauloiseries aux lectures de mes loisirs : Astérix et compagnie …Je suis une bonne copieuse . J’adore être le résultat d’une idée piquée aux meilleurs et enrichie d’un zeste de cette ingéniosité française qui nous sert de génie national . Aussi je ne comprends pas cette enflure que pousse tant de Patrons et de salariés à se prétendre les champions de ceci ou de cela . C’est souvent la plus belle preuve de leur ignorance et d’un orgueil mal placé qui les aveugle . Au lieu de dépenser tant d’énergie à réinventer ce qui existe déjà ailleurs et souvent en mieux , je préférerais qu’ils placent leur énergie à meilleur escient .

16 – Je suis avisée et ne confond jamais quantité et qualité
Quelle est cette survivance qui vous fait croire qu’en me travaillant longtemps et tard , on me travaillera mieux ? Ainsi vont les horaires de beaucoup de cadres et de patrons , en France . Pourtant , il ne faudrait pas croire qu’en m’abandonnant sans scrupule après 35 heures , on s’en tirera mieux avec moi . Simplement , on doit me consacrer le temps qui m’est nécessaire pour exister correctement et remplir ma fonction . Ni plus , ni moins . IL suffit de s’attacher aux opérations incontournables et délaisser les autres , souvent très futiles .
Et d’abord laisser à chacun la part qui lui revient , sans vouloir se mêler de tout !
La sagesse commande de dire qu’il n’y a pas vraiment de problèmes d’horaires , il n’y a que des problèmes de  » sens  » .
Ceux qui n’en trouvent pas dans leur travail , travaille ront toujours trop ! Ceux pour qui je remplis la vie , ne se lasseront jamais de moi et délaisseront leur compagne et leurs enfants .Ainsi va la vie .

17 – Je ne suis ni rêveuse , ni romantique , ni n’apprécie beaucoup la philosophie et autres prétendues sciences qui ne pensent qu’à me comprendre avant que de me fabriquer ! Je ne suis même pas sûr d’être toujours très morale . J’ai les pieds sur terre et n’apprécie rien plus que l’intelligence des pragmatiques , de ceux qui consacrent leur énergie à me commencer avant même d’être sûrs qu’ils aient raison de me faire , et bien avant ceux qui ont besoin d’écrire un traité sur moi avant même que j’existe ! de me discuter en d’interminables rondes d’où ne sortent que le doute et mille raisons de me retarder et de ne me faire qu’au centième de ce qui était prévu . Je suis l’Action et non la Morale ou la Psychologie , qui me sont des personnes étrangères . Je suis l’Action et non l’ébauche ou le projet d’Action . Je suis pressée et n’attendrai jamais que vous soyez prêts à me faire car quand vous serez prêts , moi , j’aurai déjà été faite ailleurs par quelqu’un d’autre ailleurs , qui , lui , n’avait pas vos scrupules et était déjà préparé à me faire .

18 – J’aime l’organisation
Car je sais qu’une bonne organisation permet seule aux salariés de travailler en qualité et sécurité . Les Entreprises anglo saxonnes , si critiquées , offrent un confort de travail sans pareil par rapport à nombre d’entreprises latines où l’on croit que les bonnes relations suffisent à rendre le salarié heureux .
Pas de professionnalisme possible sans une excellente organisation . Cela demande de la rigueur , de la simplicité et de l’exigence !

19 – Enfin , j’existe pour un but précis , un résultat , et n’ai de cesse d’atteindre l’objectif que l’on m’a fixé . Pour moi , la Mission est plus importante que les Missionnaires .C’est au cocher de prévoir les chevaux et les équipages qui me sont nécessaires pour arriver à destination . J’ignore si les chevaux qui me tirent sont grands ou petits , motivés ou non , heureux ou malheureux , pourvu qu’ils aillent vite et fournissent l’ énergie qui m’est nécessaire .
J’ai essayé une fois de m’intéresser au travail du cocher en lui prodiguant des conseils sur la manière de mener son équipage .
Mal m’en a pris , nous étions arrêtés sans cesse et n’arrivâmes à destination que fourbus , mécontents et désespérés .
Je suis l’Action et ne m’intéresse qu’au but qu’on m’a fixé . c’est cette volonté forte qui me permet d’arriver au bout , au prix de souffrances sans doute , mais je ne les considère pas comme une raison suffisante de m’arrêter sinon , j’arriverai en retard , perdrai la course et ne mériterai pas de m’appeler l’Action .

L’action du DRH

Les entreprises françaises sont souvent des bureaucraties affligeantes ( c’est le propre de toute entreprise atteignant une certaine taille )
- Relisez le livre de H Mintzberg sur la théorie et dynamique des organisations
- Essayez de mettre à l’ordre du jour un séminaire de direction sur le thème de l’action dans l’entreprise , c’est à dire la manière dont les gens agissent
- Vous pouvez , à l’exemple de Jack Welsh, ex patron de Général Electric, demander aux gens de travailler en petits groupes sur tous les freins qu’ils rencontrent pour agir au quotidien
- La suite du séminaire supposera une réponse du DG à chacun des obstacles énumérés

Ce genre de séminaire, hygiène indispensable pour assainir le fonctionnement de l’organisation et la rendre réactive , est hélas exceptionnel dans une entreprise
Raison de plus pour essayer

Qu’est ce qu’une bonne négociation sociale ?

Mardi 1 juillet 2008

Contrairement à ce que l’on croit souvent, le must d’une bonne négociation ne consiste pas à avoir tout prévu à l’avance, au millimètre près, et de la faire arriver, comme un satellite sur son orbite, là où on avait prévu d’arriver.

Une bonne négociation est une négociation qui ouvre un espace inconnu à l’intérieur d’un cadre.
Le cadre, c’est la frontière de ce que l’on ne doit pas accepter, l’intérieur du cadre, c’est l’inconnu du point d’arrivée.

Cet inconnu est indispensable si l’on veut se donner le maximum de chances d’aboutir.
C’est l’espace de l’imagination. C’est aussi l’espace du respect de l’autre. Car si je sais dès le départ là où je vais arriver, les discussions que je vais conduire ne sont que manipulations et simagrées !
Une bonne négociation requiert du temps et de la patience.
Mais là où il y a une volonté, il y a toujours une voie !

Elle a plus de chances d’aboutir si les interlocuteurs se connaissent, car chacun, en France, pays d’idéologies, prête souvent à l’autre les pires manipulations.
Elle a plus de chances d’aboutir si les interlocuteurs s’estiment honnêtes et sincères, car rien n’est possible sans un minimum d’estime réciproque.

Quelques principes permettent de vous faire reconnaître comme un interlocuteur crédible dans les relations sociales
Attention, le travail de négociation commence bien avant la négociation. Votre crédibilité se crée tous les jours en fonction des actes que vous posez. On vous observe.
Ces principes sont destinés à vous aider à prendre les bonnes décisions au jour le jour autant qu’à négocier.

1 – Savoir reconnaître qu’on a eu tort ou qu’on s’est trompés n’est pas une faiblesse, c’est une preuve d’honnêteté.

2 – Ne soyez pas trop prudent Sachez prendre des risques avec ce  » drôle d’animal » qu’est l’Homme .
Trop de prudence est souvent assimilé à de l’hypocrisie ou du mensonge. Ayez le courage de dire ce que vous pensez vraiment , avec votre coeur et avec sincérité.
Vous verrez qu’on vous saura gré d’avoir eu le courage de dire ce que vous estimiez être la vérité.

3 – Savoir détendre l’atmosphère en maniant l’humour, et la simplicité, est un plus.

4 – N’hésitez pas à invoquer l’équité pour fonder les décisions à prendre . L’équité est un meilleur guide que la justice quand on cherche à dénouer les situations

5 – Ne faites pas supporter à un salarié une erreur commise par l’administration de l’entreprise ou la DRH

6 – Adoptez des positions de bon sens, qui sont souvent des positions raisonnables. Le raisonnable éloigne du conflit.

7 – Avant de décider , posez vous la question de savoir si seriez en mesure de pouvoir défendre vos positions publiquement, sans avoir à rougir . si vous répondez par l’affirmative, c’est le signe que votre décision est forte.
A l’inverse, ne pas se sentir capable de la défendre devant n’importe quel interlocuteur est souvent le signe de sa faiblesse.

8 – Tenez toujours vos engagements et ceux des personnes qui dépendent de vous ou qui se sont engagés pour l’entreprise

9 – N’adoptez pas de positions qui correspondent à celles que l’on applique d’habitude si l’habitude n’a pas d’autre fondement valable que sa répétition.

10 – Ne soyez pas un homme de calcul. Vos armes principales sont votre sincérité et votre authenticité. Contrairement à ce que certains recommandent !

11 – Oser dire ce qui est raisonnable et ce qui ne l’est pas.

12 -Positionnez vous toujours comme un homme cherchant le juste, le vrai, le raisonnable

Quels rôles incombent au DRH ?

Mardi 1 juillet 2008

Nous avons retenu les 3 rôles essentiels suivants:

? Un rôle de technicien des RH. Ce rôle consiste à maîtriser l’ensemble des techniques entourant la fonction : recrutement, formation, paye, législation…voire à acquérir une expertise dans l’un de ces domaines. Tout ou partie de ces tâches peut être déléguée ou sous traitée.

? Un rôle de médiateur. Le DRH est souvent le seul à pouvoir dénouer les situations humaines compliquées, par ses arbitrages. Il est surtout l’homme chargé de négocier avec les partenaires sociaux. Le DRH peut être assisté dans ce rôle, il peut difficilement être remplacé.

? Un rôle de conseiller et développeur RH. Ce rôle implique de comprendre les enjeux économiques qui se posent à la société dans laquelle vous travaillez et d’en examiner les implications humaines et sociales avec votre direction. C’est le rôle stratégique du DRH. S’il en est absent, d’autres prendront sa place …
Ce rôle implique qu’il soit aussi initiateur des politiques adéquates et maître d’œuvre d’un certain nombre de grands chantiers de changement.


A quels grands types de DRH correspondent ces rôles ?

Le DRH multitâches, à dominante administrative, se rapproche le plus du rôle médiateur
Son agenda s’organise autour de rendez vous particuliers, secrétariat des réunions obligatoires avec les IRP, interventions ponctuelles sur des problèmes administratifs ou autres, actions de représentation à l’extérieur auprès de quelque institutions locale, conciliabules avec les uns et les autres.
Le DRH multitâches accumule les services rendus ici ou là, les temps passés à examiner l’actualité juridique et sociale, les moments à échanger avec un groupe de stagiaires ou de visiteurs, un formateur. Le patron le prend parfois pour son majordome. Il est, selon les cas, arrangeur de situations, confident, souffre douleur des syndicats, maître de cérémonie, signataire d’attestations, attaché de relations publiques, garant du respect de la discipline et de l’ordre moral.
Il est apprécié pour les innombrables services et arrangements rendus, mais ce n’est pas à travers lui que s’échafaudent les axes structurants de la politique de relations humaines et sociales. Pour ceux là, le patron fera appel à un cabinet spécialisé dont il devra suivre les conclusions.
C’est souvent dans cette catégorie que la fonction relationnelle est en général la mieux assumée et que le DRH est, le plus, Directeur des relations humaines .
Le patron l’apprécie aussi, pour être « les oreilles » de l’entreprise.

Le DRH orienté processus, est le plus proche du rôle technicien RH
Le DRH orienté processus, spécialiste de l’ingéniérie RH, travaille afin que la ressource humaine bien recrutée via les tests d’ assessment, bien adaptée via les fiches de poste, bien gérée via la gestion prévisionnelle des compétences, bien ordonnée via les processus qualité , bien mesurée via les SIRH, bien évaluée via les entretiens annuels d’appréciation, justement rémunérée via les enquêtes de salaire, les courbes de gauss et les bonus, fournira la ressource humaine que recherchent les opérationnels .
Son souhait serait que tout fonctionne, aligné au bench- mark des services RH des entreprises les mieux outillées.

Le DRH orienté processus risque de considérer insuffisamment que l’homme est une chimie, qui ne saurait se réduire à une matière première, dont on maîtrise les paramètres en jouant sur des processus ou des outils. Et que cette matière a une âme, des émotions, des désirs, des projets, qui ne s’expriment et ne se ressourcent que dans l’informel et la chaleur d’une relation, les émotions partagées d’une fête, le qualitatif d’une appréciation, plein de choses qui échappent à la science RH.
Mais il a le grand mérite d’augmenter le professionnalisme d’une profession qui, pendant longtemps, en a manqué. Il est vraiment le DRH de la ressource humaine.

Le DRH développeur, est le plus proche du rôle politique
Le DRH développeur considère qu’il doit jouer d’abord un rôle de catalyseur du changement et de multiplicateur des énergies.
Catalyseur de changement, ce DRH commence par analyser en quoi il peut contribuer à répondre aux enjeux qui se posent à l’organisation dans laquelle il travaille :
S’agit- il de maîtriser les enjeux humains de croissance d’une PME en fort développement ?
S’agit- il d’avoir à accompagner une opération de survie qui suppose une délocalisation d’une partie de la fabrication dans un pays de l’Est ?
S’agit- il de revoir complètement une ligne managériale inadaptée ?
S’agit- il de faciliter un changement de culture préalable à une fusion avec un autre groupe ?
S’agit- il de restaurer la notion de service au client qui s’est peu à peu dégradée au fil du temps et qui fait perdre du chiffre d’affaires ?
S’agit- il de restaurer le goût du travail bien fait et du professionnalisme, pour éviter des taux de retour ou de rebut passant le raisonnable ?
S’agit- il de restaurer le principe d’autorité et le pouvoir de la ligne hiérarchique qui se heurte au quotidien à un pouvoir syndical qui outrepasse son mandat ?
S’agit- il de redonner du moral, de l’enthousiasme et du tonus à une population salariée qui travaille par obligation, dans un climat froid, tendu et résigné ?
S’agit- il de restaurer un dialogue social agonisant et qui place l’entreprise en état de guerre larvée ?
S’agit- il de conseiller le Dirigeant d’une PME en forte croissance sur la nécessité de repenser son organisation et de pourvoir des profils de managers « à la hauteur » ?
S’agit- il de permettre le passage d’une entreprise de culture étatique vers une culture d’entreprise ?
Dans tous ces cas, il devra identifier les leviers de changement qui lui sont nécessaires et les mettre au service de la cause.

Tout le reste du travail du DRH développeur lui est secondaire dans son emploi du temps.
Il s’ingénie donc à déléguer autant que faire se peut, pour se consacrer à ces grands enjeux.
L’incapacité invoquée de n’avoir pas le temps de se consacrer à ces enjeux de transformation est parfois l’alibi d’une impuissance à en deviner l’importance, et, souvent, le refus de la direction, de s’y intéresser.
Il revient donc au DRH développeur, d’insister, et d’incarner la mouche du coche !

Multiplicateur d’énergies, le DRH développeur pénètre parfois dans son entreprise en se posant la question suivante :
« Qu’est ce que je pourrais bien faire de plus, afin que les salariés de mon entreprise soient heureux de venir travailler ce matin ? »
Car entretenir la petite flamme de la motivation devient crucial à une époque où la valeur travail a largement cédé le pas devant des investissements personnels divers et variés, situés hors vie professionnelle
Depuis quelques années, on déploie beaucoup de ressources autour de l’ingéniérie des compétences, sans s’interroger suffisamment sur le degré de désir et d’énergie qu’y mettra « le compétent » pour les utiliser au profit de son entreprise.
Les enquêtes de satisfaction, effectuées régulièrement auprès du personnel de certaines entreprises, sont souvent très révélatrices de « ce qui cloche » dans la tête du personnel, afin qu’ils soient pleinement à leur ouvrage.
Les personnels interrogés nous montrent clairement du doigt ce qu’il nous faut améliorer et c’est la plupart du temps, évident et raisonnable.
Si nous n’agissons pas, parce que nous savons ce qu’il faut faire, c’est parce que nous manquons de courage et d’audace.
Le plus souvent, la cause de « ce qui cloche » trouve ses origines dans un management inadapté, c’est-à-dire, du chef d ‘équipe au dirigeant, toute une chaîne de personnes qui ne sont pas à leur place, ou ne font pas ce qu’il faut. Et la plupart des autres insatisfactions constatées sont une conséquence directe de ce management inadapté.

Le travail du DRH développeur consiste à transformer ces « décourageurs » en « encourageurs », à faire d’eux des insufflateurs d’enthousiasme, afin que soit réveillée et encouragée, une somme considérable d’énergies dormantes, qui sommeillent dans la tête de presque tous les salariés

Dans la réalité, vous serez forcément conduits à être à la fois un DRH multitâches et un porteur de processus et ceci est bon et nécessaire.
Mais si je force le trait à souhait, c’est pour mieux attirer votre attention sur le fait que vous risquez ainsi de passer à côté de ce qui est le stratégique de votre mission.
Rappelez vous que vous êtes unique et que vous ne pouvez faillir d’être présent aux grands rendez vous de votre fonction.