Les choses simples sont souvent les plus évidentes
En management, comme en rémunération, le vieux couple pression/sécurité ( le couple carotte/bâton, pour le vulgaire ) , sont des vérités de base.
Prenons le cas du management :
Imaginons un contexte où l’autorité est défaillante, où les acteurs savent que leurs écarts resteront impunis, où il n’y a ni incitation ni obligation à faire.
Dans un tel contexte, le résultat, la production des intéressés risque beaucoup d’être faible.
Parce que la nature humaine est ainsi faite, qu’obligée à rien, elle ne s’oblige à rien
Dans nos entreprises et nos organisations, dans nos propres familles, l’exemple nous est donnée, tous les jours , de la cruelle vérité de ce constat.
Un monde ,où l’homme fera spontanément ce qu’il faut faire, reste à inventer.
A l’inverse, si je replace les acteurs dans un système contraignant , ils feront ce qu’il y a à faire.
Mais il y a de fortes chances pour qu’ils se limitent à l’obligation de faire, sans essayer d’y apporter la moindre amélioration.
Pire, l’hypocrisie et la dissimulation sont souvent au rendez vous de ce type d’organisation.
Quand il s’agit de survivre, en proximité avec un pouvoir contraignant, l’imagination humaine est sans limite. Les bassesses aussi, hélas.
Or, nos entreprises ont besoin de l’intelligence collective. Certains ouvriers japonais apportent jusqu’à 10 à 20 suggestions de progrès par an. Elles sont bien évidemment payées et le système managérial maintient un contexte propice.
Prenons le cas de la rémunération :
Une rémunération fixe, quelle que soit la qualité et la quantité des travaux effectuée , et qui ne fluctue à la hausse que par l’effet du vieillissement ou de la fidélité à une entreprise, n’est pas optimale.
Sauf exception, il y a de fortes chance pou que ses bénéficiaires « s’endorment » un peu dans leur tâches , puisque nécessité ne faisant plus loi, la tendance naturelle pousse chacun à se cantonner à l’ordinaire , à la routine, à l’habitude.
A l’inverse, Une rémunération 100% variable, devenue à la mode, n’est pas non plus optimale.
Elle ne l’est pas parce que le travail sous stress a des effets pervers :
- l’énergie sollicitée s’émousse avec le temps( on ne peut être à 100% tout le temps )
- Le stress augmente la nervosité et donc l’agressivité entre collègues
- Le management par le stress ne se vit pas pour tous de la même façon : pour certains, il confine à du harcèlement, pour d’autres, c’est une montagne à gravir tous les matins qui peut pousser à la dépression voire au suicide. Pour d’autres encore, le goût de la compétition a quelque chose d’excitant.
L’action du DRH
Trop de sécurité endort les énergies
Trop de pression épuise les énergies
La formule consiste probablement à faire un mix des deux.
Les suédois, il y a quelques années, ont fait des études sur le salaire au rendement
Ils en ont conclu qu’une rémunération calée sur une part de variable égale à 30% du salaire total était la proportion optimale.
La rémunération variable à 100% n’est sans doute pas la solution , même si c’est la mode
Elle a d’autres effets pervers : les objectifs qui la conditionnent peuvent mettre au second plan les efforts à produire sur les missions permanentes du poste.
Elle peut également pousser à exacerber les tensions entre équipiers ou entre services.