Archive pour 2 septembre 2008

Les priorités du DRH

Mardi 2 septembre 2008

Réglons tout de suite un point : les priorités du DRH sont rarement les priorités du DRH
N’a t on pas décidé de mettre en route un bon projet classique , du genre GPEC ou nouvelle grille de classification, que le « patron » vous demande d’étudier , séance tenante, un allègement des effectifs, le rachat d’une entreprise ou la fusion de deux directions.
Et encore, c’est sans compter sans les partenaires sociaux et les aléas de la négociation sociale.
Mais ceci n’excuse pas tout à fait la difficulté à entrer dans le stratégique.
Car la priorité pour un cadre dirigeant comme l’est le DRH , c’est ce qui est stratégique pour l’avenir de l’entreprise.

Mais justement, c’est quoi le stratégique
Le stratégique des entreprises est souvent contingent des évènements qui ponctuent la vie de l’ entreprise, comme de ce que chacun considère comme stratégique.
Les représentants des grandes fonctions : Commercial , marketing, production, achats, qualité, finances…ont tous une définition du stratégique qui, par hasard, recouvre exactement les missions de leur fonction.
Les modes managériales « appuient » opportunément le « stratégique » de tel ou tel.
C’est ainsi que la qualité a bénéficié récemment d’une bonne prime au stratégique.

Le « métier » vous guide parfois vers ce qu’il faut considérer comme stratégique.
C’est ainsi que j’ai lu récemment que la priorité des DRH consistait à retenir les talents.
Mais, il n’y a pas si longtemps, le développement durable ou la RSA ( responsabilité sociale de l’entreprise ) faisait les choux gras des conventions RH.

La stratégie d’entreprise consiste à faire des choix d’allocations de ressources en fonction de ce qui est censé assurer le meilleur développement possible à l’entreprise.
Selon cette définition, à quoi les DRH devraient ils se consacrer prioritairement , au-delà du règlement des priorités ponctuelles du DG ?
Depuis quelques années, je n’arrive pas à m’enlever de la tête que le stratégique du DRH consiste à faire en sorte que le personnel de l’entreprise soit placé dans les conditions qui permettront à la fois de le « faire s’éclater » au travail et par effet induit, de mobiliser toutes ses potentialités au profit de son entreprise.
Ce grand dessein , fort ambitieux, devrait constituer le fil rouge de la vie de DRH dans une entreprise donnée.

Concrètement, il consiste à traiter le salarié comme un client, depuis son arrivée jusqu’à son départ de l’entreprise.
« Comme un client » signifie qu’on va viser en permanence sa satisfaction.
Mais pour que ce ne soit pas un jeu de dupes, la sélection devra être drastique et les fautes professionnelles, jugées avec la sévérité qui convient.
En résumé, cette politique axée sur le statégique RH pourrait tenir en une formule :
Je fais le maximum pour que tu sois heureux dans notre entreprise.
En retour, tu fais le maximum pour ton entreprise, sachant que ce maximum ne te coûte pas puisque j’ai pris soin de te donner un travail qui correspond à tes capacités, à tes talents, mais surtout à l’activité ou au travail qui correspond le plus à ce que  » tu aimes faire ».

Comment gérer le fait du prince ?

Mardi 2 septembre 2008

Le fait du Prince, désigne un acte arbitraire du gouvernement.
Récemment, la ministre de l’intérieur a suspendu le responsable de la coordination de la sécurité en Corse , au motif qu’il aurait laissé des nationalistes corses envahir la propriété d’un ami du président , Christian Clavier.
La rumeur suspecte que cette décision ait été prise du seul fait du lien d’amitié liant l’artiste au président
C’est l’occasion de parler du fait du prince, au quotidien , dans les entreprises.

En entreprise , il faudrait considérer comme fait du prince, tout acte managérial dicté plus par des considérations personnelles que par des considérations professionnelles.
Le Prince, c’est le détenteur du pouvoir suprême , le grade plus élevé dans la hiérarchie , sur le site.

Les manifestations du fait du prince sont, hélas, nombreuses , en entreprise.
C’est le passe droit à l’embauche ou à un stage, accordé à un proche ou à l’enfant d’un ami , d’une relation.
C’est une augmentation de salaire qui ne correspond à aucune performance objective
C’est une sanction non proportionnelle à la gravité de l’acte mais aggravée du fait de la personnalité de son titulaire
C’est au contraire l’absence de sanction, pour les mêmes raisons
C’est une embauche ou un licenciement cédant à l’émotion plus qu’à la raison.
On les rencontre plus souvent, il est vrai, dans des petites structures où l’affectivité règne en maître et où le pouvoir ne fait face à aucun contre pouvoir.
Oui, les princes qui nous gouvernent ne sont que des hommes.

Face à cette vérité éternelle, le DRH doit , devrait, adopter l’attitude suivante :
- Prendre son courage à deux mains.
- Plaider la voie de la raison
- Argumenter sur le caractère fâcheux et incohérent d’une décision qui va à l’encontre d’une procédure ou d’une politique
- Proposer une alternative qui ait des conséquences moins lourdes
- Affirmer que le management « est global » et qu’il n’y a pas de petite décision, que chaque acte posé par la direction , est observé par tous et a des conséquences auprès du personnel sur la manière dont il est géré et dont se comporte le « chef ».
- Faire ce que vous pouvez….