Archive pour 6 septembre 2008

Connaître l’entreprise, comprendre les hommes

Samedi 6 septembre 2008

Deux populations sont souvent face à face quand il s’agit d’analyser la vie des entreprises.
D’un côté, il y a ceux qui connaissent bien l’entreprise, et de l’autre côté, ceux qui sont en compréhension des hommes.

Les premiers sont chefs d’entreprise, contrôleurs de gestion, experts comptables, technicien ou expert de quelque chose, en lien avec les phénomènes techniques , organisationnels , administratifs, gestionnaires , commerciaux …de l’entreprise.
Bien sûr, ils savent qu’il faut accorder une certaine importance à l’homme au travail, mais cette prise de conscience les agace : c’est un mal nécessaire.
Si demain, ils pouvaient tout automatiser ou tout robotiser, ils seraient les plus heureux des hommes.
Car cette drôle de machine qu’est l’homme , si peu fiable, si délicate, si compliquée , aux performances si instables, à la stabilité si fragile, les énerve.
En raccourci, on les apellera les libéraux.

D’un autre côté, j’ai un peuple savant de connaisseurs de la chose humaine.
Ils sont médecins du travail ou assistante sociale, psychologues, sociologues, formateurs ou enseignants d’une science dite molle quelconque, inspecteurs du travail , contrôleurs de sécurité sociale, syndicalistes…
Bien, sûr, ils savent que l’entreprise poursuit un but de profit , que la santé économique de l’entreprise, ses performances, sont une condition de l’emploi et des avantages qui lui sont liés.
Mais, ils n’arrivent pas à se résigner à cette idée que des hommes en font travailler d’autres pour gagner de l’argent, pour eux.
Même si ceux là, permettent à d’autres d’avoir un emploi et donc un salaire.
Ces deux populations sont bien sûr amenées à travailler ensemble, mais l’expérience m’amène à dire qu’elles sont sur des logiques différentes, quand ce n’est pas contraires.
C’est peut être la raison pour laquelle les relations sociales , en France, sont si difficiles.
En raccourci, on les appellera les sociaux.

Derrière ces deux logiques, ce sont deux conceptions du monde qui s’affrontent encore.
Encore, parce que dans beaucoup d’autres pays développés, ce vieux débat entre « exploiteurs » et « exploités », a vécu.
Cette difficulté s’accroit encore, en France, du fait que nos partis politiques n’ont encore pas tout à fait admis la voie libéro-sociale pratiquée en Europe.
Deux conceptions du monde s’affrontent encore , en France, malgré la faillite du communisme, la disparition de l’URSS et la chute du mur de Berlin !
Deux conceptions s’affrontent encore malgré la faiblesse des syndicats, leur abandon de la lutte des classes et de la suprématie du prolétariat.
Conséquence aussi de cet état de fait, l’espèce de marais qui donne lieu à l’expression d’une économie administrée.
Cette économie bizarre , où l’Etat tient trop la chandelle, ne permet ni aux entreprises de gérer leur développement à leur guise, ni aux hommes des entreprises de prendre confiance en eux et de compter d’abord sur leur initiative et leur responsabilité.

Le relèvement de la France passe forcément par l’évanouissement de l’Etat et par la capacité de ces deux populations à travailler mieux ensemble.
Pour que « ça » marche, il faut connaître l’entreprise et ses nécessités ET comprendre, bien, les hommes qui y travaillent.

A quoi reconnaît on un incompétent ?

Samedi 6 septembre 2008

Après quelques années d’expérience, un DRH est tout à fait en mesure de repérer un incompétent….
sauf s’il en est lui même un !

L’incompétent se reconnaît aux indices concordants suivants :

- Il parle, plus que les autres, de l’énormité de la tâche qui l’écrase
- Il travaille plutôt en période décalée, avant ou après les horaires habituels.
- Il ne tarit pas d’éloges sur les mérites du patron, de son entreprise, de son chef.
- Il est prêt à faire des efforts quand on n’a pas besoin de lui.
- Il participe aux évènements extra professionnels de l’entreprise
- Il vante ses engagements extra professionnels
- Il met toujours en avant la solution la plus sophistiquée ( et la moins facile à mettre en oeuvre )
- Il travaille à la maison et le fait savoir.
- Il est toujours dans l’urgence.
- Il s’intéresse à tout ce qui peut avoir, indirectement,une retombée positive sur son travail
- Il est apparemment cultivé.
- C’est un « grand diseux » et un « petit faiseux » , comme disent les gens du nord.
- Il sait que les petits services rendus au pouvoir, valent souvent plus, que le vrai mérite déployé au quotidien, dans la discrétion.
- Il a beaucoup d’entregent.
- Il n’oublie jamais de rappeler ses diplômes.
- Il sait parler de ses ascendants et relations, quand ils le valorisent.
- Il sait se rendre agréable et rendre service, pour qu’on oublie mieux ses manques.
- Il a toujours mille excuses au travail qu’il n’a pas rendu à temps.
- Il subit plus de malheurs personnels que la moyenne des gens.
- Il montre beaucoup de compassion aux malheurs des autres.

Le DRH et la vérité,

Samedi 6 septembre 2008

Pourquoi, en France, a-t –on autant peur de la vérité, et des mots pour la dire ?

Quelques exemples au hasard :
Pourquoi le cinéma français a-t-il des pudeurs de vierge, face à notre histoire des 50 dernières années ?
Pourquoi ne dit on jamais , ou que très rarement, au candidat à un poste, pourquoi on n’a pas retenu sa candidature ?
Pourquoi ne dit-on jamais aux partenaires sociaux qu’on va licencier ?
Pourquoi ne dit on jamais aux français qu’on vit au dessus de nos moyens ?
Pourquoi ne dit-on jamais qu’on va privatiser, quand on ouvre le capital des entreprises publiques ?
Pourquoi les bilans de compétence concluent ils toujours que vous êtes aptes à tout ?
Pourquoi les journalistes crient ils au « pétage de plomb », quand quelqu’un dit ce qu’il pense et use des mots qui conviennent pour le dire ?
Pourquoi n’ose t on jamais dire à quelqu’un qu’il est un fainéant ?
Pourquoi n’ose t on jamais dire à un patron qu’il est insupportable ?
Pourquoi n’ ose t on jamais dire aux grévistes que leur grève est illégale ?
Pourquoi n’ose t on jamais dire aux syndicats paysans que les dégats qu’ils commettent méritent la correctionnelle ?
Pourquoi n’ose t on jamais dire à ceux qui se revendiquent d’une ethnie ou d’une religion qu’ils ont d’abord à respecter les lois de la République ?
Pourquoi ne dit on jamais aux fonctionnaires que la sécurité de l’emploi est d’une valeur inestimable ?
Pourquoi ne dit on jamais aux titulaires de diplômes obtenus à la va-vite, que celui-ci ne remplacera jamais des années de travail intellectuel.
Pourquoi ne dit on jamais que la vraie validation des acquis devrait d’abord résider dans la vraie reconnaissance salariale du professionnalisme accumulé ?
Pourquoi après autant d’années de certification qualité ,nos voitures sont elles encore relativement peu fiables ?

Je ne sais pas pourquoi.
Par contre, ce que je sais, c’est qu’il n’y a pas de progrès sans vérité.