L’extension à la province de la prise en charge avantageuse des frais de transport, dont bénéficient déjà les salariés d’Ile de France, du fait du prix des carburants, pose un problème de fond qui va bien au-delà des sommes supplémentaires, et donc des coûts , que l’entreprise risque d’avoir à supporter.
Selon moi, c’est un avatar supplémentaire de ce que l’on appelle l’économie administrée, le plus souvent mise au service des visées politiques des gens qui nous gouvernent.
Essayons de raisonner à partir de Zéro :
Dans un état « normal », le rôle de l’état consisterait à mettre en place les conditions favorisant la création et le développement des entreprises.
C’est-à-dire qu’il s’emploie à favoriser l’accès aux capitaux pour de futurs entrepreneurs ou repreneurs, qu’il équipe des zones artisanales et industrielles, qu’il négocie les traités internationaux favorisant le commerce international, qu’il réduit au maximum les formalités administratives, qu’il veille jalousement aux conditions de la concurrence et surveille les ententes, qu’il réduit le droit du travail à l’essentiel et laisse aux partenaires sociaux des entreprises le maximum de place à la négociation, quitte à rendre obligatoire le délégué syndical dans les plus petites, qu’il veille à ce que tous les salariés puissent se présenter aux élections comme représentants du personnel , que les droits de la représentation salariale soient largement simplifiés etc…………
Bref, le rôle de l’Etat , en économie, est de libérer les énergies et des les favoriser par des mesures appropriées.
Au lieu de celà, en France, on a crée des niveaux de négociation , national et par branche, peuplés d’acteurs institutionnalisés, qui génèrent une bureaucratie étouffante.
C’est ainsi qu’existent déjà et s’imposent aux entreprises le 1% logement, la formation obligatoire, la prime de transport ( elle existe déjà ) …
Tous ces mécanismes génèrent chacun leur bureaucratie appelée organisme paritaire, avec ses permanents, ses frais de gestion, et finalement une masse d’argent gaspillée.
Dans un Etat « normal », un entrepreneur ne prendrait en charge ni le logement , ni le transport, ni le restaurant, mais assurerait un salaire décent apte à permettre à ses salariés de pouvoir construire ou acheter un logement , et se déplacer pour venir au travail.
A charge pour l’Etat, d’allouer aux salariés qui le méritent des aides sociales, aux collectivités de mettre en place des réseaux de transport adaptés , de bâtir des crèches , de faciliter l’érection de restaurants bon marché , à proximité de l’entreprise, en accordant l’espace nécessaire.
Cet argent là serait mieux utilisé là, qu’à construire des musées de prestige.
D’ailleurs, nombre de villes acordent déjà la gratuité des transports publics aux agents de certaines administrations ( La Poste ), au nom de l’écologie, qu’attendent ils pour accorder le même avantage aux salariés du privé ?
Le conseil général des alpes maritimes a instauré récemment le transport à 1 euro pour faciliter les déplacements vers Nice.
Initiative à encourager !
Ni logement, ni transport, ni cantine, ne relèvent de la responsabilité des entreprises : Le patron, paternaliste qui construisait des logements et des dispensaires a heureusement vécu. !
Intoxiqués que nous sommes par une vision erronée des choses, nous ne raisonnons plus qu’en terme d’économie administrée, au moment même où il faut absolument libérer les entreprises de tous ces carcans pour qu’elles retrouvent une chance dans l’économie mondialisée.
De la même manière et logiquement, il faut supprimer toutes les aides , exonérations de charges et subventions aux entreprises car il est quasiment certain qu’elles ne servent à rien , coûtent cher aux citoyens et sont une intrusion sans fondement de l’Etat dans la vie des entreprises.
Elles ne font qu’encourager les employeurs à chasser la prime et faussent les mécanismes managériaux : j’embauche un salarié parce que je bénéficie d’une aide et non parce qu’il est compétent.
Il n’y a qu’en France qu’on puisse voir un Etat accorder aux entreprises des aides en compensation de la réduction obligatoire de l’horaire de travail, décidée par lui, sans aucune raison économique.
Il est grand temps qu’en France chacun retrouve son rôle, l’Etat et les collectivités, comme les entreprises.