Archive pour 22 septembre 2008

Est-ce que le développement durable, appliqué aux RH, a du sens ?

Lundi 22 septembre 2008

J’ai croisé il y a quelques jours, une consultante en développement durable.
Je lui ai demandé ce que pouvait signifier cette notion, appliquée aux ressources humaines.
Elle m’a répondu qu’il s’agissait de la capitalisation des savoirs.
Très heureux , sur le coup, de sa réponse, je me suis dit qu’en France, des dizaines de milliers de seniors étaient prêts à capitaliser leur savoir et qu’ils étaient accueillis de la manière que l’on sait.
Je me suis promis d’y réfléchir.
C’est ce que j’essaye de faire ici :

Le développement durable consiste à répondre aux besoins des générations du présent, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
En réponse à ces besoins, les ressources auxquelles on fait référence, en matière de développement durable, sont « les ressources de la terre »
Est-ce que l’emploi fait partie des « ressources de la terre » ?
Strictement non .
Par ailleurs, l’emploi n’est pas une ressource épuisable, à condition d’accompagner son évolution et de ne pas devenir obsolète : c’est l’employabilité
En supposant que l’emploi soit, au sens large, une ressource, non de la terre, mais de la civilisation , à quels besoins faudrait il répondre ?

Le terme de besoins mérite précision.
En fait, il s’agit des besoins essentiels des plus démunis.
On discerne bien, parmi nos populations occidentales , celle à qui peut s’appliquer ce qualificatif : les jeunes sans travail et sans qualification.
Les seniors ont une qualification et, souvent, certains moyens de subsistance, même si ce n’est pas le Pérou.
Ceci fait, il nous resterait à répondre à la deuxième condition, qu’on pourrait formuler ainsi :
Le souci de répondre aux besoins essentiels des jeunes sans qualification ne doit pas compromettre les besoins des générations futures.
On voit mal en quoi le fait de répondre aux besoins des jeunes sans qualification pourrait compromettre les besoins des générations futures.

Finalement, est ce que la notion de développement durable apporte aux gestionnaires des ressources humaines un éclairage nouveau qui les aide à avancer ?
Oui et non.
Non, parce que nul n’avait besoin d’une notion nouvelle pour toucher du doigt le problème des jeunes sans qualification.
Oui, parce que l’homme est ainsi fait qu’il a besoin, régulièrement, de quelque chose ou de quelqu’un pour réveiller sa conscience.
Si le concept de développement durable amène les éducateurs, les enseignants, les professionnels des RH , à faire un effort particulier pour répondre aux besoins des plus démunis dans nos sociétés , alors, il aura servi à quelque chose.
Quand Sciences po Paris s’ouvre aux jeunes des quartiers, on peut dire qu’il s’agit là d’une initiative s’inscrivant dans une démarche de développement durable.