Il est un temps où ces deux mots allaient ensemble, du moins dans les pays démocratiques pratiquant l’économie de marché.
Les avocats de la libre économie et du marché plaidaient pour la liberté au nom de la responsabilité
« Pour être responsable, il faut être libre » disaient ils
Et ils avaient raison !
Je ne suis conduit à me comporter en responsable, vis à vis des autres, que dans la mesure où je maîtrise d’abord mon destin.
Les avocats de l’économie « dirigée » répondaient qu’il ne saurait y avoir de liberté formelle sans liberté économique Et qu’en conséquence, l’Etat se devait d’ être le garant de la liberté économique en y jouant un rôle de premier plan.
Quitte à rendre les gens dépendants et donc, forcément, moins responsables.
Les tenants de l’économie dirigée ont tous vu comment toutes les économies étatiques ont fini, il n’y a pas si longtemps.
Non seulement les hommes n’y étaient pas riches , mais il n’y étaient pas libres, non plus !
Que des thèses tentent de faire renaître , aujourd’hui en France, la modernité et les avantages d’une telle économie, démontre l’inculture politique de nos concitoyens……
Quant aux tenants du marché auto régulé , on vient d’assister à tout le contraire :
Un marché devenu fou de s’être dégagé de l’économie réelle, pour opérer les pires spéculations financières, dans la recherche de gains de plus en plus considérables.
A coté de celà, la Chine est en train de tenter de faire cohabiter le capitalisme le plus débridé dans un système politique totalitaire.
Soit la plus grande liberté économique dans la plus petite liberté formelle.
Jusqu’à quand ?
Pas de liberté sans responsabilité est un axiome qu’il faut rappeler avec force
Le marché ne fait pas preuve d’esprit de responsabilité quand il laisse se développer une spéculation purement financière, et complètement déconnectée de l’économie réelle.
Les conseils d’administration des entreprises ne sont pas responsables quand un Dirigeant d’une société du CAC 40 gagne 315 fois le salaire d’un Smicard.
Les Banques ne sont pas responsables quand elles faillissent à leur mission pour se livrer à la spéculation.
Tous les acteurs économiques sont fortement appelés à la responsabilité s’ils veulent conserver la liberté qui est la leur.
Le retour à l’interventionisme étatique n’est pas responsable, s’il signifie la fin d’une certaine liberté d’entreprendre.
En ce début du troisième millénaire, il reste à inventer une nouvelle manière de conjuguer liberté et responsabilité , sans signifier un retour aux errements du passé.