Archive pour 3 novembre 2008

Ressources humaines : une rémunération « au mérite » pour les fonctionnaires, a-t-elle du sens ?

Lundi 3 novembre 2008

Rectifions d’abord le vocabulaire ; le mérite est un mot qui a du sens dans le vocabulaire religieux chrétien , il n’en a pas en économie.
En effet, un salarié peut être méritant et inefficace et l’inverse.
Mieux vaudrait parler de rémunération à la performance.

Mais alors, qu’appelle-t-on performance ?
Pour Wikipédia, dans le domaine de la gestion, la performance est le résultat ultime de l’ensemble des efforts d’une entreprise ou d’une organisation. Ces efforts consistent à faire les bonnes choses, de la bonne façon, rapidement, au bon moment, au moindre coût, pour produire les bons résultats répondant aux besoins et aux attentes des clients, leur donner satisfaction et atteindre les objectifs fixés par l’organisation.
Appliquée à l’individu, pour d’autres auteurs, la performance est la stabilité et la fiabilité de réponse, en terme de relation, qualité, coût et délai.
La formule : faire bien du premier coup, tout de suite, tout le temps, avec le sourire, avec les autres pourrait constituer un bon raccourci.

Mais ceci n’est pas de la performance. C’est simplement faire bien son travail, le faire comme il doit, comme il devrait être fait.
Finalement, compte tenu de la médiocrité des manières de faire courantes, on assiste petit à petit à un glissement : Ce qui devrait être bien fait dans tout processus normal de travail, est devenu une performance.
Les modes de rémunération ont suivi la même pente ………… en terme de vocabulaire.
Mais en terme de vocabulaire seulement.
Petit à petit, en effet, la rémunération contractuelle est devenue rémunération à la performance.

La rémunération à la performance, globalement, n’est pas devenue plus avantageuse que la rémunération contractuelle.
Simplement : les augmentations variables individuelles dites « à la performance ou au mérite » , se sont substituées, petit à petit, aux augmentations générales + primes , antérieures.
André Santini , secrétaire d’Etat à la fonction publique , a d’ailleurs expliqué « il n’y aura pas de primes négatives, personne ne verra sa rémunération baisser, mais certains verront leur rémunération moins augmenter que traditionnellement »
( Les Echos du lundi 3 novembre 008 )

Au-delà de cette observation, qui concerne aussi les entreprises privées, l’instauration d’une rémunération à la performance , n’a, selon nous, pas de sens, dans la fonction publique, pour les raisons suivantes :

- Pour prendre tout son sens, une rémunération à la performance doit s’inscrire dans une organisation performante
Il est difficile d’être performant dans une organisation médiocre.
J’en ai, hélas, fait à plusieurs reprises le constat !

- La culture managériale doit elle-même être une culture de la performance : comment l’imaginer dans la fonction publique où il est de règle que les notes fluctuent , pour tous les agents, entre 18 et 18,5.

- Enfin, nous faisons confiance aux syndicats, et à une hiérarchie depuis longtemps anesthésiée ou contrainte, pour que, globalement , tous les agents s’en tirent avec de bonnes primes, sans avoir eu à forcer outre mesure leurs talents.
Il suffira de fixer des objectifs tout à fait acceptables, disons, raisonnables , et ce de manière participative, bien entendu, comme tout ce qui concerne la gestion du personnel, dans la fonction publique.

Ressources humaines :Pourquoi faut-il travailler le dimanche ?

Lundi 3 novembre 2008

Décider d’autoriser le travail le dimanche fait partie de ces décisions que l’on prend , portés par les vents du moment, sans vraiment explorer, au fond , les raisons que l’on , ou que l’on n’a pas, de la prendre.

Parmi les raisons que l’on a, on pourrait trouver :

- Les facilités plus importantes accordées aux touristes de la première destination mondiale
- L’occasion d’augmenter le salaire de certains salariés
- Le fait que la pratique religieuse chrétienne ne représente plus qu’un petit pourcentage de citoyens de la nation fille aînée de l’Eglise.
- La fait que la consommation 24/24 H soit devenue la norme
- Faciliter la vie des parents accaparés par d’autres activités et toujours à la recherche du temps

Parmi les raisons de préserver le repos dominical, on pourrait invoquer :

- Le fait que les primes doublées des salariés du dimanche ne pourront pas ne pas avoir une incidence sur le pourcentage d’augmentation du montant des salaires de base
Car, finalement, le montant de la dernière ligne, celle du salaire net, impressionne toujours un peu le patron.
- Le repos du dimanche est aussi, faut il le rappeler, autant une conquête sociale qu’une nécessité physiologique.
- Un intérêt de service très exagéré pour nos touristes : les touristes sont loin d’être abandonnés le dimanche : Les boulangeries, les fleuristes, les petites épiceries de quartier sont souvent ouvertes le dimanche matin, de même que les hôtels , restaurants, campings….
- Surtout, le dimanche est une occasion familiale exceptionnelle de réunir des familles éparpillées, sacrifiant déjà toute la semaine aux nombreuses sollicitudes du travail ou de la consommation.

Finalement, on n’a pas vraiment d’autre bonne raison d’ouvrir le dimanche que de sacrifier une fois de plus au culte suprême d’une consommation débridée qui a déjà fait de nous des matérialistes sans frontières.
C’est d’un supplément d’âme et de spiritualité dont notre société a besoin .
Pas d’un supplément de consommation.
C’est d’un supplément de sport et de culture aussi ; mais stades, cinémas et musées son t déjà ouverts.

Alors, finalement, contrairement à une première approche, l’ouverture des magasins le dimanche n’est pas vraiment un progrès pour l’homme, sauf si on le réduit à l’état de consommateur.