Archive pour 18 novembre 2008

Management : le tryptique du bonheur expliqué par Anne Lauvergeon, patronne d’AREVA

Mardi 18 novembre 2008

J’entendais Anne Lauvergeon, PDG d’AREVA, invitée chez Franz Olivier Giesberg, le 15 novembre 2008, nous expliquer que les français, avaient besoin, pour être « heureux » , que deux au moins des trois conditions suivantes, soient réunies :

- Partager un peu de la gloire reçue par un illustre français : de celle qui entourait Louis XIV, De Gaulle ou quelque vainqueur d’une coupe du monde
- Trouver son compte de rationalité : de celle qui habitait Descartes, Montaigne ou Montesquieu …
- Et enfin, pouvoir de temps en temps, faire bonne chère et sacrifier à la gastronomie : notre péché national. Entendre se faire plaisir au travail, et pas seulement à la cantine….

Si nous transposons ces commandements à l’entreprise, les salariés français , ont-ils actuellement, quelque occasion d’être heureux ?

Pour la Gloire : est il beaucoup d’entreprises françaises qui soient actuellement admirées au niveau mondial ? Dassault, Michelin, L’Oréal, LVMH, Airbus, Air France / KLM , Bouygues, Carrefour, Areva, Thalès, Eurocopter ?
La liste est courte et a beaucoup à voir avec d’ex secteurs étatiques proches d’activités cocardières, militaires ou nucléaires ….
Quelques PME s’y ajoutent sans doute, sur quelque segment de marché.
Mais ça pourrait être pire, grâce à l’héritage de notre capitalisme d’Etat. Surtout, il y a des efforts à faire, tout à fait à notre portée : 56% des salariés français ne connaissent pas la stratégie de leur entreprise….

Pour la rationalité
, le salarié français doit creuser encore un peu plus profond.
Car les patrons français figurent régulièrement dans les derniers rangs lors des enquêtes effectuées sur les qualités managériales, si l’on excepte les patrons français de quelques organismes internationaux.
Nulle trace, quelque part , d’un quelconque management français qui posséderait des caractéristiques propres à affirmer la supériorité de notre rationalisme.
On connaît tous les cahiers de management de la Harvard Business school ; on entend quelque fois vanter le capitalisme co- gestionnaire allemand et la remarquable participation de ses banques au capital de ses entreprises ; on entend aussi vanter le modèle scandinave.
Mais de french management way , jamais !

Finalement, là où nous serions les meilleurs, c’est dans le charme que les français mettent à régaler leurs collègues de travail, français ou étrangers.
Nous sommes, paraît il, agréables à fréquenter , au travail.
Dans les relations entre « nous » , bien sûr !
Avec le patron , c’est une autre histoire.
Le succès d’un film comme les Chtis est plus que la redécouverte de la chaleur des gens du Nord de la France ( depuis Enrico Macias )
C’est le bonheur de se retrouver « entre potes » pour affronter les affres de la vie.
C’est une espèce de fraternité rigolote, simple et affectueuse.
Ce bonheur, ils se le donnent entre eux, faute, souvent, de le recevoir de plus haut.
Et pourtant, quand j’entends Alexis Gruss expliquer que ses chevaux sont tellement heureux qu’ils ne veulent plus sortir de piste, je me prends à regretter que les patrons français n’aient encore pas assez compris la mine de rentablilité qui sommeille sous les sabots de leur humour….


L’action du DRH

L’entreprise est trop souvent l’aventure d’un seul et la contemplation de sa propre gloire.
Il vous revient de faire réfléchir le patron au moyen d’embarquer les salariés dans sa propre aventure !
Ex patron de PME, j’arrêtais mon entreprise 1/2 journée par mois pour convier tout le personnel à entendre ce que le patron et les commerciaux avaient fait le mois précédent, sans oublier la lecture des comptes, les résultats de chaque centre de profit, les prochains investissements, l’évolution du marché…
Puis, nous déjeunions ensemble.

Pour la rationalité, il vous suffira de remiser un peu des théories fumeuses que l’on vous sert en permanence sur le management pour redonner toute sa place au bon sens, et surtout , celui de vos salariés.

Pour le plaisir , relisez mon article sur le plaisir au travail du lundi 30 juin 2008. ( voir onglet  » tous les articles » )

Ressources humaines : Should you really learn speaking english for work ?

Mardi 18 novembre 2008

Le numéro spécial de l’Express , « REUSSIR » du 13 au 19 Novembre 2008, s’étonne que 51% des salariés français estiment que la maîtrise d’une langue étrangère au travail n’est pas une priorité.

A ce journaliste, je réponds que c’est justement parce que les salariés français n’ont pas l’occasion de parler anglais régulièrement, que le bon sens leur commande de ne pas investir inutilement, dans l’apprentissage de l’anglais.

Un peu de bon sens !
Qui, actuellement en France, a l’occasion de parler anglais régulièrement ?
D’abord les salariés de grandes entreprises internationales et non les autres , à part les Dirigeants et commerciaux de quelques PME exportatrices .
Or, les PME ne sont elles pas le tissu économique de la France ?

Mais revenons aux grandes entreprises, dans celles-ci, seuls les cadres placés à un poste qui les oblige à parler anglais, devraient s’y soumettre.
Pour leurs collègues, cette obligation est le plus souvent le résultat d’un ukase directorial, qui a choisi l’anglais comme langue de travail.

Cela fait finalement peu de gens, sauf si l’on considère comme devant être parfaitement anglophones, ceux qui auront à converser en anglais une ou deux fois par an.
Mais ceux là ne sauront pas parler correctement ce jour là, s’ils ne le pratiquent pas au quotidien.

Il faut arrêter de dire que tout le monde doive parler anglais pour travailler, surtout en France, où presque un français sur deux travaille pour l’Etat, ou dans des professions indépendantes ouvertes au seul marché français.

En la matière les incantations ministérielles ou académiques n’y changeront rien !

Deux situations expriment le mieux nos obligations linguistiques :
Ou bien l’on travaille dans une entreprise qui parle anglais au quotidien, et ses salariés finissent de gré ou de force à parler anglais.
Ou bien on est « exposé » à parler anglais , sans le pratiquer au quotidien, et tous les cours d’anglais prodigués, sont de l’argent versé dans un puit sans fond !

L’action du DRH
Arrêtez d’envoyer en formation d’anglais des salariés qui n’ont pas l’occasion de le parler régulièrement et qui donc ne le parleront jamais correctement !
Si des salariés veulent parler anglais pour d’autres raisons, laissez les utiliser le DIF.