Archive pour janvier 2009

Management : l’origine de la crise

Jeudi 29 janvier 2009

Tout le monde, experts comme béotiens, armé de longues lunettes et , parfois, de courte vue, divague sur les causes de « LA crise » .
Pour les uns, les banquiers sont à pendre.
Pour les autres, ce sont ces  » insupportables » traders, qui ont fait dérailler l’attelage si bien huilé de mécaniques financières incompréhensibles…..
Pour les uns, les politiques, affreux suppôts d’un capitalisme débridé, sont coupables d’avoir trop laissé faire.
Et pourtant, certains, paraît il, avaient prévenu.
Marx n’avait il pas, avant tout le monde, annoncé, que les capitalistes étaient en train de tresser la corde pour les pendre…..
Pour d’autres, la punition trouve son origine, dans cette Europe qui a fabriqué des tonnes de circulaires au lieu de défendre nos frontières ….

Mon analyse est beaucoup plus simple.
L’Homme, finalement, depuis son origine, ne cherche qu’une seule chose : s’enrichir sans limite.
Il y a bien longtemps que l’argent est devenu le maître de nos actions et l’étalon de notre efficacité, sinon de notre intelligence.
« L’intelligent » aujourd’hui, ce n’est plus le sage, ni l’artiste, ni l’ingénieux, ni l’ingénieur.
L’intelligent , aux yeux de la plupart de nos sociétés, c’est celui qui « crache du cash » , c’est le money maker.
La saga qui fait rêver , c’est le petit qui est devenu riche , c’est le palais de folie des possesseurs de pétrodollars, c’est Monsieur Machin qui est la néme fortune mondiale, c’est Monsieur Truc qui a fait fortune dans la frite et la saucisse volante….

Le modèle qui fait rêver beaucoup trop d’enfants et d’ados, ce n’est pas l’honnête homme
qui a réussi sa vie sans être riche, qui essaye de ne pas vivre comme un abruti et de bien élever ses enfants.
C’est le chanteur ou le joueur de football, c’est l’artiste de cinéma qui se paye des grosses voitures et les filles avec.

On n’est pas regardants pour savoir si cet argent est bien le fruit de son travail ou d’un vrai talent, s’il n’a pas été gagné en partie sur les salaires réduits des employés, sur les gens qu’il a expropriés pour bâtir un immeuble, sur les produits frelatés qu’il a vendus aux gens comme aux animaux….
L’important, « c’est ce que tu pèses, mec » !
Aussi, dans un tel climat , comment s’étonner que personne ne trouve anormal, au sein des conseils d’administration, que des PDG négocient sans vergogne un départ en carrosse alors qu’ils n’ont pas encore gagné le moindre sou.
Les cabinets de recrutement et les chasseurs de tête nous expliquent que c’est le marché, l’usage et qu’il ne saurait se trouver de patrons accepter marché plus honnête …
Triste monde vraiment.

De la même manière, ne me parlez pas de contrôle !
Les organismes de contrôle sont passés et repassés 17 fois à la Société générale, comme chez Madoff , le roi de la cavalerie, sans rien trouver !!
Les nouveaux contrôles n’y changeront rien, le capitalisme refondé non plus.

J’ai entendu à la radio , ce matin, que les banquiers de Wall Stret avaient encore accordé des milliards de bonus à leurs traders, pour l’année 2008 , année d’une déconfiture historique !
Indécrottables, aurait dit mon instituteur !

C’est le cœur de l’homme qu’il faut changer.

….et l’amener à réfléchir très tôt à la différence qu’il y a entre réussir sa vie et réussir « dans » la vie !

Ressources humaines : il y a-t-il abus du droit de grève ?

Mardi 27 janvier 2009

Le 29 janvier prochain, toute la France, une fois de plus, va se trouver paralysée par la grève, cas unique au monde !
Il y a t il abus ?
Si je me fie à mon expérience, je dirais, sommairement, qu’il y a sur-grève dans le secteur public et sous-grève dans le secteur privé.
Pour les étrangers, américains comme asiatiques, la grève à la française est incompréhensible.

Il faudrait leur expliquer, qu’en France, la grève a une double causalité : individuelle et collective.
Quand quelqu’un fait grève, il le fait souvent à la fois pour des motifs personnels ( non augmentation, mauvaise relation avec le chef, promotion ou mutation refusée ) et pour des motifs généraux ( augmentation du pouvoir d’achat, retraites, défense de l’emploi ..)

Le premier motif est une faille dans la relation contractuelle, le second motif est une remise en cause de la démocratie représentative.

Nous parlons de causalité individuelle de la grève, même si le droit français lui reconnaît une expression collective : cessation collective et concertée du travail.

Nous aborderons d’abord la causalité individuelle de la grève, dans le secteur public comme dans le secteur privé.

Dans le secteur public, les statuts de la fonction publique qui bornent de manière précise la carrière des fonctionnaires ne leur réservent pas de mauvaise surprise.
Et interdisent souvent la grève.
Le seul sens du service public devrait rendre absurde à tout fonctionnaire l’idée même de l’interrompre. Mais ceci n’est plus guère partagé.
C’est plutôt dans le mode de relation avec l’Etat – patron qu’il faut chercher les motifs d’insatisfaction.
En la circonstance ( blocage de la gare Saint Lazare ) l’Etat, patron faible et démagogique, comme toujours, a trop concédé à ses syndicats et pour avoir fait preuve d’énormément de « compréhension » se trouve aujourd’hui pris au piège de ses libéralités.
Quelle idée que ces 59 minutes de grève payées ?
Une fois de plus l’ Etat patron, croyant amadouer ses syndicats en faisant preuve de  » compréhension », a fait un marché de dupes !
Les patrons du privé, qui payent chèrement chaque minute payée non travaillée, n’ont pas ce genre de tentation.
Mais tout cela n’est qu’anecdotique.

Pour parler intelligemment de la grève, dans sa causalité individuelle, il faut revenir au fondement de la relation de travail.

Dans le privé, le contrat de travail repose sur un échange de consentements sur le marché suivant : Contre une durée et une somme de travail, l’employeur garantit au salarié, un salaire.
Dans l’absolu, si les termes de ce contrat ne sont pas respectés, chacun reprend sa liberté et peut sortir à tout moment de la convention.
Juridiquement, le salarié peut démissionner.
L’employeur, de son côté, peut le licencier pour faute ou non respect des obligations contractuelles.

Comme on est de culture latine, on a trouvé des modérateurs à ces modalités, qui paraîtraient normales à des anglo-saxons, mais trop brutales aux français.
C’est la transaction ou rupture négociée , ce sont les allocations légales et conventionnelles de rupture , les allocations de chômage, les possibilités de recours contentieux.

Reprendre sa liberté est simple pour l’employeur.
Malgré les modérateurs, c’est beaucoup plus difficile pour le salarié habitué, en France, à compter beaucoup sur la collectivité pour assurer sa destinée, et très peu sur lui-même.
Cette liberté n’est donc utilisée que par les cadres et encore, tant qu’ils sont jeunes, après, ils se cramponnent à leur boulot comme des berniques à leur rocher.

La grève, finalement, c’est le moyen de signifier à l’employeur qu’on n’est plus satisfait des termes du contrat, mais sans prendre le risque d’en tirer les conclusions, en quittant l’entreprise.

La grève, dans sa causalité individuelle, est un non sens : Elle cause un préjudice grave à l’entreprise sans faire avancer de manière intelligente la discussion sur les raisons qui font que les termes du contrat initial ont été trahis.

Alors, quelle solution ?

Selon nous, il faudrait enrichir les termes du contrat initial de sorte qu’un maximum de situations de conflit soit prévu et réglé par la voie contractuelle.
Comme on le fait pour certains gros contrats d’affaires ou pour le tournage des vedettes de cinéma.
C’est ainsi que l’évolution salariale du contrat doit être prévue et conditionnée au respect d’obligations contractuelles précises.
C’est ainsi que le salarié pourrait exiger que soient prévues les conditions de travail et de sécurité dans lesquelles s’exercera son contrat.
Salaire et conditions de travail représentant , probablement, les causes les plus importantes du malentendu contractuel, on réduit d’autant les risques de conflit.
Le même contrat enrichi, pourrait également prévoir un mode de médiation adapté aux situations individuelles et collectives de blocage, prévues à l’avance.

Pour le secteur public, il est plus compliqué d’aménager le droit de grève puisque les fonctionnaires ne sont pas régis par le contrat, mais par un statut qui a la force d’un vrai titre de propriété.
Les fonctionnaires en grève, outre le fait qu’ils ne risquent rien, défendent l’attaque qu’ils estiment portée à la propriété de leur emploi et aux droits qui y sont attachés : horaires, conditions de travail, droit de retraite, indemnités…………..
Leur virulence est celle de propriétaires terriens dont on aurait envahi ou abimé la propriété.
Le seul moyen d’en sortir consiste à abandonner le statut de fonctionnaires et à ne plus embaucher que des salariés régis par un contrat de travail de service public, s’inspirant largement du code du travail.
Comme l’ont déjà fait d’autres pays, c’est la seule réforme de la fonction publique qui vaille.
Les statuts de la fonction publique sont un héritage historique ;
Ils n’ont plus rien à produire, dans le service rendu à l’Etat ou la collectivité, qui justifie les modes de traitement « spéciaux », dont ils bénéficient.

Finalement, pour avoir une chance d’équilibrer encore plus la relation contractuelle employeur/employé, il faudrait sans doute commencer par donner une vraie qualification à tous les jeunes ( avant les diplômes ) et à les décomplexer face à l’employeur , en initiant très tôt une culture de la mobilité professionnelle, perçue plus comme une chance de s’épanouir professionnellement et réussir sa vie, que comme une contrainte et un échec.
Les écoles devraient également incorporer à leurs programmes, une culture de la négociation, qui servirait aux futurs citoyens adultes, dans les multiples situations de la vie, y compris les situations professionnelles.

La grève , dans sa causalité collective.
Par causalité collective, nous entendons les intérêts individuels « liés » ou communs, qu’auraient les salariés de manifester ensemble leur désaccord vis à vis du patron.
La causalité collective de la grève ,dans la forme radicale qu’on lui connaît en France, puise son origine dans l’habitude qu’ont pris les citoyens français de régler leurs problèmes avec les gouvernants, dans la rue, rue de la ville ou cour de l’entreprise.

Il est aussi significatif d’une culture qui place l’origine du progrès dans les mouvements collectifs quand les américains du Nord nous montrent à longueur de films que c’est le courage , le talent ou la volonté d’un individu, et non d’un groupe, qui sauve le monde.
Les manifs contre la guerre du viet nam ou la marche pour l’égalité des droits civiques restent des épiphénomènes.

Travailler plus fort et plus dur est la bonne manière de lutter contre la crise pour les américains comme pour les asiatiques, quand les français alignent les manifestations et les grèves….et, à la fois, se tournent vers l’Etat-père et menacent ces  » profiteurs de patrons ».

Cette habitude signifie aussi le peu de cas que font les français des représentants parlementaires censés défendre leurs intérêts et le peu de souci qu’ils se font du respect de la loi.
Que des maires de grandes villes prennent position CONTRE la loi sur le service de garde des enfants dans les écoles pendant les grèves situe la force et le respect qu’on lui accorde…
La législation de la grève , qui prévoit préavis et procédures de médiation, et qui interdit les grèves de nature politique, n’est pratiquement jamais respectée et les écarts quotidiens, peu sanctionnés.

Comment s’étonner alors, que les jeunes des banlieues ne comprennent pas ce que veulent dire les notions de respect de la loi et de citoyenneté, quand les élus offrent un tel spectacle de désobéissance civile !

Inspection du travail comme tribunaux, font preuve d’ indulgence à l’égard de la grève et des grévistes.

Faire du droit de grève un droit constitutionnel indique clairement la faiblesse de la nation vis à vis de cette forme d’insurrection légalisée.

Défiler pour voir augmenter le pouvoir d’achat dans la rue, c’est à dire devant les politiques, indique clairement que l’Etat reste dans la conscience collective la source de tout bien être, comme si le patron de l’entreprise, qui peut seul faire quelque chose pour le pouvoir d’achat de ses employés, si l’économie de l’entreprise le permet, devrait s’incliner devant les injonctions du pouvoir politique,  » ému » par la taille imposante des défilés.

Les anglo-saxons ont tendance à réduire la relation de travail à sa dimension individuelle et donc contractuelle.
Quand sa dimension collective est reconnue, ils ont trouvé des formes de médiation plutôt plus intelligentes que les nôtres.
Par exemple, les ouvriers US, dans l’entreprise où j’ai travaillé, avaient régulièrement la possibilité de choisir s’ils voulaient être représentés par un syndicat ou traiter directement avec le patron, pour régler l’évolution du package social.
Les syndicats allemands , capables de grèves très dures, ne l’ utilisent qu’à bon escient et que lorsque le dialogue social , privilégié toujours, a échoué.

En France, pour que ça change, il faudrait sans doute s’orienter vers les solutions suivantes, si l’on veut répondre à la causalité collective de la grève :

- Ouvrir plus largement les conseils d’administration à des administrateurs salariés ( comme en Allemagne )
- Imposer le recours à un médiateur et rendre illégales toutes les grèves qui n’ont pas utilisé le recours préalable à la médiation
-Créer un corps de médiateurs sociaux, formés et expérimentés, disposant d’un statut de magistrat les rendant indépendants des pressions de toute nature.
-Faire évoluer une jurisprudence beaucoup trop indulgente par rapport aux coups de force divers et variés qui accompagnent les mouvements sociaux.
- Condamner les entreprises qui refusent d’honorer les obligations légales de concertation avec les institutions représentatives du personnel, par exemple en les empêchant de souscrire à des appels d’offres publics.

Management : alors, un chef ou pas de chef ?

Lundi 26 janvier 2009

Martine Aubry comme Xavier Bertrand , récemment promus « chefs » des partis socialiste et UMP, sont tout à fait représentatifs de deux méthodes de fonctionnement bien françaises.

D’un côté, on pense que le « chef » n’est pas élu pour sa personne, mais parce qu’il représente, le mieux, le courant d’idées majoritaire.
Il est simplement porteur d’un paquet d’idées, issu de délibérations, tractations, réunions nombreuses, entre militants.

De l’autre côté, le chef est « l’élu » du grand Sachem.
Il a été choisi par « plus grand et plus sage » que lui, et désigné aux militants comme le meilleur.
Sa légitimité procède de l’onction.
Il n’a de cadeau à rendre qu’à celui qui l’a fait roi.

Ces deux modes de désignation , on le voit, vont forcément engendrer des modes de gouvernement différents :

Officiellement, Martine Aubry va devoir en permanence composer avec tous ces courants, petits et grands , qu’elle a réussi à canaliser sur son nom.
Frontalement, elle entre en course , lestée des mille prescriptions et conseils de ceux se sont résolus à la désigner.

Xavier Bertrand, qui fait beaucoup mieux que son modèle, dans l’art de la « droite suave », sait déjà qu’il n’aura pas à s’imposer.
Il lui suffira de jouer, avec habileté, le petit rapporteur du Chef.
Et le sens de l’obéissance, qui habite le parti majoritaire, suffira à faire que les choses ordonnées s’exécutent.

Mais le diable a plus d’un tour dans son sac.
« La Choisie » a pris soin de toujours parler d’équipe et de « nous » , quand le « Je » résonne en sourdine à chacune de ses phrases.
Il suffira de quelques sondages la donnant favorite, pour que les exigeants électeurs se transforment en généreux laudateurs.

Conclusion : Quand il s’agit d’aller à la bataille, c’est toujours l’homme ( ou la femme ) qui s’impose, avec son tempérament et son charisme, bien avant le militant ou la militante.
Surtout dans un régime présidentiel.
Le parti socialiste n’a pas choisi Mitterrand .
C’est Mitterrand qui a choisi le socialisme pour son ascension.
Ségolène Royal l’a bien compris.

Dans le cas UMP, le pouvoir hiérarchique est légitime.
Dans le cas socialiste, il avance masqué.

Le pouvoir hiérarchique non assumé génère beaucoup d’hypocrisie dans les modes de fonctionnement, sans parler des pertes de temps et d’efficacité.

Ces deux positionnement, par rapport au pouvoir, habitent, d’un côté les entreprises privées et de l’autre, les administrations et entreprises publiques, auxquelles on rapprochera , sous des formes atténuées, mutuelles, coopératives et associations.

Philippe Manière ( numéro 250 des Echos d’Octobre 2008, ) Directeur général de l’Institut Montaigne, écrit dans son article « Aux fonctionnaires de réformer l’Etat » :
« Un directeur d’école ou de collège ne recrute pas ses équipes, il n’a aucune prise sur leur avancement ou leur rémunération, ni sur la date de leur départ pour d’autres cieux.
Un directeur d’hôpital ne peut pratiquement rien demander à ses médecins chefs de service ( nommés par le ministre ) , ses médecins ne peuvent rien exiger des infirmières, ni des aides soignantes. Un directeur d’administration centrale ou l’un de ses lieutenants , est à peine mieux loti »

J’ai moi-même constaté que l’une des vrais causes d’inefficacité des entreprises publiques est le refus de l’acceptation du pouvoir du chef !

Récemment embauché comme DRH dans un EPIC, je revois l’une de mes collaboratrices entrer en furie dans mon bureau et me demander comment j’avais osé prendre une décision « sans faire une réunion préalable » !
Quand je lui ai répondu, par provocation, « parce que j’étais le chef » , j’ai cru qu’elle allait s’étrangler.

Dans une autre entreprise publique, j’ai mesuré comment les syndicalistes manoeuvraient pour vider de son contenu le pouvoir hiérarchique.
Ils y réussissent toujours, soit par effet d’auto censure des hiérarchiques eux-mêmes ( las d’affronter en permanence le pouvoir syndical ) soit par complicité objective du directeur de l’établissement, qui traite avec beaucoup d’égards, des partenaires syndicaux qui ont l’occasion d’approcher le ministre……
Dans ces établissements, comme au parti socialiste, la décision ne peut venir du chef mais doit,comme le fruit mûr, tomber de l’arbre , quand il n’y a pas d’autre moyen d’éviter de prendre une décision qui mécontente forcément quelqu’un , au sein de la collectivité concernée.
Et quand le chef doit vraiment prendre une décision impopulaire, il la prend en cachette et s’en excuse , en mentant de toutes ses dents, quand la décision est connue des syndicats.
Hypocrisie, quand tu nous tiens !

Il est d’ailleurs curieux de constater que, dans ces établissements, la notion d’intérêt général n’est défendue par personne et les intérêts particuliers, par tous, pourvu qu’ils concernent un groupe, même petit.

A l’inverse, dans les entreprises privées, on cultive le pouvoir hiérarchique.
Ce pouvoir prend toutes les densités, du plomb industriel ou commercial au titane institutionnel.
Les entreprises US , les PME , les entreprises automobiles ou de la distribution, pratiquent plutôt un pouvoir hiérarchique « hard ».
Les entreprises latino-saxonnes pratiquent un délicat mélange de pouvoir hiérarchique et de consensualisme,.
La plupart des banques et assurances , recherche le consensualisme et pratique un management hiérarchique anémié.
Si le chef est bon, c’est fantastique, parce qu’on se sent efficace et qu’on a plaisir à travailler.
Si le chef est mauvais, on ira au boulot à reculons , chaque jour que Dieu fait.
Dans tous les cas, aucun contre pouvoir ne viendra atténuer votre malheur.

L’action du DRH
Ne cédez pas trop au climat idéologique ambiant, qui met toujours en avant le participatif sur le directif.
Sous les climats de France.
Dans l’absolu, le pouvoir hiérarchique, matiné de participatif, est toujours le meilleur gouvernement.
Mais celà vous impose une sélection drastique des chefs, sans quoi le système ne fonctionne plus.
Soyez prudent avant de choisir une organisation matricielle .
Excluant le pouvoir hiérarchique, elle ne s’impose qu’au sein d’organisations matures et de professionnels responsables, capables de travailler bien, sans contrôle du chef.

Management : homme médiocre, manager de qualité.

Jeudi 22 janvier 2009

Cette question me taraude depuis longtemps.
Peux t on être à la fois un homme médiocre et un professionnel ou un manager de qualité ?
La réponse est oui, mais c’est bien dommage.

Le président Georges W Bush s’en est allé avant-hier, laissant sa place à Barack Obama ;
Je ne le connais pas assez pour dire s’il était un homme médiocre.
Mais accepter de faire échapper aux règles du droit, les détenus de Guantanamo, est tout à fait détestable.
Et pourtant, nombre d’américains ont réélu deux fois ce va t en guerre.
Par ailleurs, l’homme Obama, déjà presque sanctifié, sera-t-il un manager de qualité ?
Le plumage sera t il à la hauteur du ramage ?

Qu’ils soient président , ministre , PDG , ou simple cadre, la qualité du management est , quoiqu’on dise, indissociable de la qualité de l’ homme, mais seulement pour ceux qui donnent priorité à l’éthique de responsabilité et ne subordonnent pas tout au résultat.

Être hautain, orgueilleux, cupide, égoïste, individualiste, carriériste, violent, amoral, que sais je encore ?
n’empêche pas d’exceller dans son art.

On peut être excellent médecin ou chirurgien et posséder l’amour fou d’Harpagon pour sa cassette .
C’est simplement dommage de n’aimer que du bout de son expertise.

Mais, sauf à travailler seul à longueur de journée dans un laboratoire, ( et encore ) , tout individu en situation de travail , doit travailler avec ses semblables.
Le plus talentueux des joueurs de football, le musicien le plus génial , le salarié le plus brillant ne sont pas les bienvenus s’ils jouent perso et traitent en mineurs, les gens qui jouent, ou travaillent avec eux.

Quand l’art consiste à  » manier » des hommes, le professionnalisme du manager suppose bien d’autres qualités que la compétence ou l’expertise dans son métier.
Il interpelle la valeur qu’il accorde aux autres.
ET il est, hélas, faux de prétendre que les organisations autoritaires et contraignantes ne sont pas efficaces.
La Chine en donne un exemple frappant tous les matins.

Mais notre civilisation nous entraîne à considérer d’autres paramètres que l’efficacité brute.
Elle vise l’épanouissement de l’homme au travail et le respect de sa dignité.

C’est pourquoi le PDG le plus remarquable ne mérite pas les honneurs, si ses succès reposent sur l’exploitation et la pression anormale exercées sur ses troupes.
Même si nombre de salariés se pâment encore devant la toute puissance de leur chef , comme les membres d’une secte se croient obligés à l’admiration inconditionnelle.

Derrière tant de réputations managériales , exposées ici et là dans la presse spécialisée, quelques questions simples mériteraient d’être posées :
Derrière l’intelligence tant admirée, il y a t il place pour un peu d’indulgence ?
Derrière les objectifs dépassés du chef, combien de membres de son équipe ont dû en « baver » toute l’année ?
Derrière le centralisateur, qui veut tout voir et tout autoriser, et qui travaille 25 heures sur 24, combien d’initiatives mort nées dans le cerveau de ses subordonnés, réduits à l’état d’ordonnances ?
Derière le travailleur forcené, qui mène ses équipes à la cravache, la joie de travailler a t elle sa place ?
Derrière le cost killer, combien de malheurs ?

 » Qu’as tu fait pour les autres ? » lui aurait demandé soeur Emmanuelle.
Et lui , aurait répondu :  » j’ai supprimé des emplois, pour préserver le taux de rentabilité des actions de nos actionnaires »
La réponse risque d’être un peu courte …..
Derrière les conquérants modernes, n’y a t i l place que pour des sciences dans conscience ?
Où sont donc les Saladins modernes ?

A l’inverse, des hommes apparemment soucieux du bien, bouches d’or, images de saint, font aussi sûrement de mauvais managers.
Car leur « humaniosité » est à l’humanité, ce qu’est la religiosité à la religion : un dégoulinement sentimental .
Ce dégoulinement sied mal aux hommes de sagesse et de raison.
Il n’est souvent qu’une autre manière de faire l’orgueilleux.

Pour diriger nos cités, Saint Exupéry voulait mettre des poètes !
Moi je souhaiterais simplement y mettre des gens que j’appelle des  » honnêtes hommes » ».

Ressources humaines : la gare saint Lazare et la civilisation

Jeudi 15 janvier 2009

La fermeture de la gare saint Lazare à Paris comme conséquence d’une grève dure m’inspire les propos suivants.

L’une des caractéristiques les plus fortes d’une société civilisée, à notre avis, est sa capacité à vivre ensemble de manière sereine .

L’observation de la nôtre donne de nombreux exemples des progrès qui nous restent à faire, si nous voulons prétendre au titre de « civilisé »

Car, si l’on regarde bien, la violence innonde nos manière de vivre ensemble :

Quand la presse utilise des mots et des images susceptible de « brutaliser » les personnes à qui elle s’adresse , elle fait violence

Quand des jeunes brûlent voitures, commerces et quartiers, ils font violence

Quand la police brutalise et méprise, elle fait violence

Quand les patrons sous payent leurs salariés et les exploitent, ils font violence

Quand les syndicats usent , dans leurs tracts, de violences verbales et prennent en otages , de manière inconsidérée, des populations entières, ils font violence .

Quand des maris maltraitent épouse et enfants, ils font violence

Quand des parents ou des enfants ont des rapports brutaux , ils font violence

Quand un juge ne rend pas justice, il fait violence

Quand des automobilistes vous font queue de poisson et doigt d’honneur, ils font violence

Quand la société ou l’école, excluent pour de mauvaises raisons, elles font violence

Quand les foyers d’accueil ne sont pas accueillants aux miséreux, ils font violence

Quand les miséreux se volent entre eux, ils font violence

Quand paysans ou pêcheurs fracassent gratuitement, ou détruisent, ils font violence

Quand la prison fait beaucoup plus que priver de liberté , elle fait violence

Nous sommes presque tous à des degrés divers, vecteurs de violence .

Comment , coupables et victimes à la fois , de ces violences , petites et grandes, accumulées, pouvons nous nous prétendre civilisés ?

Par ailleurs, je suis surpris des différences de traitement de la violence par la presse ou même , par les responsables politiques ou religieux.

De toutes ces violences que j’ai énumérées, certaines sont presque toujours excusées, et d’autres , toujours dénoncées comme insupportables.
Les violences syndicales, comme la violence du salarié exploité, sont relativement peu dénoncées.
Les violences des jeunes de quartiers toujours dénoncées, celles des étudiants, souvent excusées. Comme celles des paysans ou des pêcheurs…..

Comme DRH, j’ai souvent assisté à des violences syndicales insupportables, y compris entre syndicalistes

ET j’observe que c’est souvent le plus violent qui gagne.

Il est triste d’observer que le syndicat SUD bâtit sa réputation sur le refus du compromis, quand le « vivre en société » repose justement sur l’art du compromis !
La CGT l’a précédé dans cette pratique et se trouve aujourd’hui condamnée à la surenchère.
Au jeu des relations sociales, la CFDT sait déjà que c’est le plus raisonnable qui perd.
Faire le lit des syndicats violents en cédant à leur violence n’est jamais de bonne politique, quand il faudrait encourager les syndicats qui savent négocier un compromis.
Hélas, les gouvernements français , et presque tous les dirigeants d’entreprises publiques, n’ont toujours pas compris qu’en cédant à la violence ils ne font que faire la promotion des acteurs sociaux les plus violents.
C’est justement dans ces cas là qu’il faut tenir.
Le choix est toujours, dans ces moments là, entre un soulagement ponctuel ouvrant la porte à de futurs renoncements et le désagrément fort de tenir bon ( y compris face à une opinion publique excédée ) mais ouvrant la voie à des médiations futures, non fondées sur la violence.

Mais j’ai aussi observé que l’on sanctionnait des manifestations de violence, alors qu’on en taisait les causes .

Il reste du chemin à parcourir pour prétendre au titre de société civilisée.

Les responsables syndicaux comme les entrepreneurs auraient intérêt à se poser la question de la violence, des violences multiples, que leur action entraîne.

Management : Le style managérial du président Sarkozy peut il inspirer les managers ?

Mercredi 14 janvier 2009

Notre président actuel, Monsieur Sarkozy, nous donne l’occasion de voir les éléments de management dont pourraient s’inspirer utilement les managers en entreprise, mais aussi les comportements à éviter.

Parmi les éléments qui nous semblent intéressants dans le style Sarkozy, nous pouvons noter :

1 – Un sens de l’action fort , à opposer aux excessives prudences qui marquent le style managérial de beaucoup de patrons français, surtout dans certains secteurs.
2 – L’occupation du terrain . C’est le rappel des vertus du management « by wandering around » des anglo-saxons
3 – L’absence de sectarisme idéologique quand il s’agit de s’entourer des meilleurs , qu’ils soient de gauche ou de droite , quand on voit beaucoup de managers préférer les incompétences de leurs amis aux vrais compétences de personnes qu’ils n’aiment pas !
4 – La primauté donnée à la personnalité et au tempérament de l’homme sur la possession d’un diplôme. Quand les grandes entreprises sacrifient beaucoup trop au culte du diplôme.
5 – La conviction profonde qu’on peut changer les choses quand on y met la volonté et la conviction suffisantes, quand nous pensons souvent, en entreprise, que « ce n’est pas possible tout de suite » ou « pas convenable » ou « trop risqué »
6 – Un sens pragmatique élevé quand l’idéologie et la théorie imprègnent encore beaucoup les cerveaux de nos managers
7 – La simplicité du langage et des attitudes quand beaucoup de managers français ont pris la grosse tête
8 – Une totale capacité à assumer ses choix personnels, idéologiques et son style : ça nous change des gens incapables de dire qu’ils aiment les westerns parce que ça fait beauf.

Parmi les éléments à ne pas emprunter à notre président, nous noterons :

1 – Un manque de planification des chantiers, qui donne le sentiment d’une action brouillonne et enlève de la percussion aux opérations qui devraient focaliser toute l’énergie disponible et non la disperser .

2 – Derrière un langage fort et percutant, on voit pointer souvent un manque de ténacité et de courage à aller au bout de la réforme engagée . Il ne suffit pas d’avoir de l’imagination, il faut aussi du courage . Monsieur Sarkozy devrait s’inspirer un peu plus de Me Thatcher .
Quand une réforme est bonne et a fait l’objet de multiples consultations, la retirer est une catastrophe en terme de management.
Ou alors , il aurait fallu réfléchir plus longtemps avant de l’engager………….
On paye encore le renoncement du CPE, on va payer cher le renoncement Darcos.
L’intoxication, maniée par l’environnement proche du chef de l’Etat, ou les médias, est pernicieuse et alimente des peurs absurdes.

3 – Beaucoup de maladresses et de manque de tact . C’est bien d’afficher ses préférences sans complexe mais il faut savoir en mesurer les effets sur la communauté qui vous observe et attend de vous un comportement exemplaire sur tous les plans.
C’est l’épisode malheureux , selon nous, du Fouquet’s et du yacht Bolloré, dans une société qui peine à boucler ses fins de mois.

4 – Monsieur Sarkozy n’hésite pas à intervenir à tout va et à court circuiter ses ministres. C’est un bon moyen de faire avancer les choses; c’est un mauvais moyen de faire avancer les hommes , car cet interventionisme stérilise toute prise d’initiative et rend valets les plus hauts managers !
La solution ne peut consister qu’à effectuer une sélection drastique de ses managers, évitant d’avoir à intervenir pour les pousser à agir mieux et plus vite.
Cette propension à être à l’origine de tout et donc à tout surveiller et contrôler est , hélas , commune à de nombreux managers et dirigeants qui, comme Monsieur Sarkozy, ont fait l’expérience que si  » on n’est pas derrière » , les choses n’avancent pas.

L’analyse est juste, la réponse qu’ils donnent est mauvaise.
Il faut choisir les meilleurs, puis, les laisser agir !

Accompagnement des étudiants dans la définition de leur projet professionnel

Mardi 13 janvier 2009

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Management: les inégalités, accélérateurs de crise

Lundi 12 janvier 2009

Quand les temps s’annoncent difficiles, solidarité et fraternité sont fortement sollicitées.
C’est pourquoi il est important qu’individus comme états possèdent une capacité de tolérance et d’entr’aide en réserve.
Malheureusement, malgré son téléthon et ses resto du cœur , la France est un pays bien peu pourvu en la matière : les corporatismes et le culte des avantages acquis y sont trop forts.

Partout subsistent d’importantes disparités injustifiées :

A l’école, qui ne voit que seuls les étudiants ingénieurs, en écoles de gestion et facultés préparant aux professions médicales sont garantis d’un avenir confortable ?
Les étudiants de l’université qu’on laisse s’engouffrer dans des filières sans issue sont autant de futurs révoltés « à la grecque ».
Les quotas réservés aux boursiers dans les prépas, mettront beaucoup de temps à produire effet, même si c’est une mesure opportune.
L’escalier social ne se monte plus, il se descend.

Dans la classe laborieuse, pour la première fois, le salaire moyen des fonctionnaires a dépassé la moyenne des salaires des salariés du privé : 26000 euros par an, contre 23000.
En plus de la sécurité de l’emploi, d’une retraite avancée et beaucoup plus intéressante que dans le privé, les fonctionnaires font et feront, de plus en plus, figure de protégés de la république.

Dans les entreprises, des différences trop importantes et injustifiées demeurent entre les travailleurs manuels et les travailleurs intellectuels, les cadres supérieurs et les cadres ordinaires , les salariés des banque et ceux du bâtiment ou de la distribution, les diplômés et les non diplômés, les précaires et les CDI, les salariés des grandes entreprises couverts de protections et avantages divers et ceux des TPE et PME.

Pire, un nombre de plus en plus important de gens voyant leurs conditions de vie devenir de plus en plus difficiles, ne supporteront plus de voir « les autres » partir aux sports d’hiver , faire des voyages lointains ou rouler dans des voitures de standing.

Les politiques, traités aux bons soins de la république, ont de la peine à saisir ce qui fait l’ordinaire de leurs concitoyens et n’ont aucune idée des réserves de violence sociale qui sont en train de se constituer.
Les émeutes estudiantines en Grèce et la renaissance de l’extrème gauche, en France, sont annonciateurs de conflits à venir.
Ils seront très durs, si la crise dure.

Ces groupuscules, s’ils réussissent à entraîner la masse, dans leur contestation radicale, seront de redoutables ferments de désordre social.

La pauvreté et la vie difficile ne sont pas vecteurs de sérénité mais exacerbent les jalousies multiples et font apparaître insupportables les différences, mêmes justifiées.
Les derniers scandales du monde financier appellent à minima à la restauration de la morale et au maximum, au nettoyage des écuries d’Augias.

Dans un pays de culture aussi égalitaire que la France, les inégalités fortes, de toute nature, qui subsistent encore dans notre pays, vont devenir intolérables.
Avant qu’un nouvel ordre de nature autoritaire s’en empare, il serait opportun que nos politiques s’attachent à les réduire de manière drastique.

Les différences de traitement , qui permettent de récompenser le meilleur au travail comme à l’école, produisent le pire quand elles se montrent inéquitables, volées, indues

Les sociétés qui ont voulu le supprimer ont toutes fini dans la misère.
Celles qui n’ont pas su les justifier ont fini dans la révolution.

« Le changement n’est accepté que par nécessité et la nécessité n’apparaît qu’en période de crise » disait Jean Monnet , l’européen.
Cette crise là est l’occasion de changer substantiellement le mode de répartition de la richesse publique en France.
Il semble que les politiques n’aient pas encore remis leurs pendules à l’heure : ils se croient sous Louis XIV et nous sommes sous Louis XVI.
Cachés derrière appels d’offres, concours et lourdes procédures, gaspillages et détournements plus ou moins tolérés de l’argent public règnent en maître dans tous les secteurs où l’Etat intervient : Santé, défense, logement, infrastructures routières et ferrovières, administration de l’ Etat, diplomatie, trésor public ….
L’Etat croit servir les intérêts de la France en consacrant des sommes folles à faire des dépenses militaires non justifiées par de vrais impératifs de défense, et en guerroyant dans de nouveaux viet nam.
Ces dépenses ne sont plus du tout pertinentes quand la France a le déficit que l’on sait.
Elles ne contribuent qu’a appauvrir les français, encore plus, sans leur rapporter une once de gloire.
Les collectivités locales rivalisent dans la construction des plus beaux musés et des plus beaux éclairages de Noël …
Comment expliquer Paris plage à 2 millions de chômeurs et des millions de smicards et rmistes ?
Comment expliquer à tous ceux qui souffrent d’un avéré manque d’argent public qu’il n’y a plus d’argent ?
C’est une nécessité qui s’impose, plus que de changer le capitalisme, qui , faute de mieux, a encore de belles années à vivre.

L’action du DRH

On n’y fait jamais assez attention, parce que la structure des salaires, superposition de strates décisionnaires plus ou moins heureuses, semble figée pour l’éternité !
Gardez vous de ce sentiment.
Faites un travail de survol de vos rémunérations par statut, emploi, âge, qualification, diplôme.
Et vous y découvrirez des anomalies, et donc des injustices, de taille………..
Votre devoir est d’en faire un compte rendu en CODIR et de proposer les infléchissements souhaitables.
Il n’est jamais trop tard pour AGIR JUSTE .