Quand les temps s’annoncent difficiles, solidarité et fraternité sont fortement sollicitées.
C’est pourquoi il est important qu’individus comme états possèdent une capacité de tolérance et d’entr’aide en réserve.
Malheureusement, malgré son téléthon et ses resto du cœur , la France est un pays bien peu pourvu en la matière : les corporatismes et le culte des avantages acquis y sont trop forts.
Partout subsistent d’importantes disparités injustifiées :
A l’école, qui ne voit que seuls les étudiants ingénieurs, en écoles de gestion et facultés préparant aux professions médicales sont garantis d’un avenir confortable ?
Les étudiants de l’université qu’on laisse s’engouffrer dans des filières sans issue sont autant de futurs révoltés « à la grecque ».
Les quotas réservés aux boursiers dans les prépas, mettront beaucoup de temps à produire effet, même si c’est une mesure opportune.
L’escalier social ne se monte plus, il se descend.
Dans la classe laborieuse, pour la première fois, le salaire moyen des fonctionnaires a dépassé la moyenne des salaires des salariés du privé : 26000 euros par an, contre 23000.
En plus de la sécurité de l’emploi, d’une retraite avancée et beaucoup plus intéressante que dans le privé, les fonctionnaires font et feront, de plus en plus, figure de protégés de la république.
Dans les entreprises, des différences trop importantes et injustifiées demeurent entre les travailleurs manuels et les travailleurs intellectuels, les cadres supérieurs et les cadres ordinaires , les salariés des banque et ceux du bâtiment ou de la distribution, les diplômés et les non diplômés, les précaires et les CDI, les salariés des grandes entreprises couverts de protections et avantages divers et ceux des TPE et PME.
Pire, un nombre de plus en plus important de gens voyant leurs conditions de vie devenir de plus en plus difficiles, ne supporteront plus de voir « les autres » partir aux sports d’hiver , faire des voyages lointains ou rouler dans des voitures de standing.
Les politiques, traités aux bons soins de la république, ont de la peine à saisir ce qui fait l’ordinaire de leurs concitoyens et n’ont aucune idée des réserves de violence sociale qui sont en train de se constituer.
Les émeutes estudiantines en Grèce et la renaissance de l’extrème gauche, en France, sont annonciateurs de conflits à venir.
Ils seront très durs, si la crise dure.
Ces groupuscules, s’ils réussissent à entraîner la masse, dans leur contestation radicale, seront de redoutables ferments de désordre social.
La pauvreté et la vie difficile ne sont pas vecteurs de sérénité mais exacerbent les jalousies multiples et font apparaître insupportables les différences, mêmes justifiées.
Les derniers scandales du monde financier appellent à minima à la restauration de la morale et au maximum, au nettoyage des écuries d’Augias.
Dans un pays de culture aussi égalitaire que la France, les inégalités fortes, de toute nature, qui subsistent encore dans notre pays, vont devenir intolérables.
Avant qu’un nouvel ordre de nature autoritaire s’en empare, il serait opportun que nos politiques s’attachent à les réduire de manière drastique.
Les différences de traitement , qui permettent de récompenser le meilleur au travail comme à l’école, produisent le pire quand elles se montrent inéquitables, volées, indues
Les sociétés qui ont voulu le supprimer ont toutes fini dans la misère.
Celles qui n’ont pas su les justifier ont fini dans la révolution.
« Le changement n’est accepté que par nécessité et la nécessité n’apparaît qu’en période de crise » disait Jean Monnet , l’européen.
Cette crise là est l’occasion de changer substantiellement le mode de répartition de la richesse publique en France.
Il semble que les politiques n’aient pas encore remis leurs pendules à l’heure : ils se croient sous Louis XIV et nous sommes sous Louis XVI.
Cachés derrière appels d’offres, concours et lourdes procédures, gaspillages et détournements plus ou moins tolérés de l’argent public règnent en maître dans tous les secteurs où l’Etat intervient : Santé, défense, logement, infrastructures routières et ferrovières, administration de l’ Etat, diplomatie, trésor public ….
L’Etat croit servir les intérêts de la France en consacrant des sommes folles à faire des dépenses militaires non justifiées par de vrais impératifs de défense, et en guerroyant dans de nouveaux viet nam.
Ces dépenses ne sont plus du tout pertinentes quand la France a le déficit que l’on sait.
Elles ne contribuent qu’a appauvrir les français, encore plus, sans leur rapporter une once de gloire.
Les collectivités locales rivalisent dans la construction des plus beaux musés et des plus beaux éclairages de Noël …
Comment expliquer Paris plage à 2 millions de chômeurs et des millions de smicards et rmistes ?
Comment expliquer à tous ceux qui souffrent d’un avéré manque d’argent public qu’il n’y a plus d’argent ?
C’est une nécessité qui s’impose, plus que de changer le capitalisme, qui , faute de mieux, a encore de belles années à vivre.
L’action du DRH
On n’y fait jamais assez attention, parce que la structure des salaires, superposition de strates décisionnaires plus ou moins heureuses, semble figée pour l’éternité !
Gardez vous de ce sentiment.
Faites un travail de survol de vos rémunérations par statut, emploi, âge, qualification, diplôme.
Et vous y découvrirez des anomalies, et donc des injustices, de taille………..
Votre devoir est d’en faire un compte rendu en CODIR et de proposer les infléchissements souhaitables.
Il n’est jamais trop tard pour AGIR JUSTE .