Archive pour 14 janvier 2009

Management : Le style managérial du président Sarkozy peut il inspirer les managers ?

Mercredi 14 janvier 2009

Notre président actuel, Monsieur Sarkozy, nous donne l’occasion de voir les éléments de management dont pourraient s’inspirer utilement les managers en entreprise, mais aussi les comportements à éviter.

Parmi les éléments qui nous semblent intéressants dans le style Sarkozy, nous pouvons noter :

1 – Un sens de l’action fort , à opposer aux excessives prudences qui marquent le style managérial de beaucoup de patrons français, surtout dans certains secteurs.
2 – L’occupation du terrain . C’est le rappel des vertus du management « by wandering around » des anglo-saxons
3 – L’absence de sectarisme idéologique quand il s’agit de s’entourer des meilleurs , qu’ils soient de gauche ou de droite , quand on voit beaucoup de managers préférer les incompétences de leurs amis aux vrais compétences de personnes qu’ils n’aiment pas !
4 – La primauté donnée à la personnalité et au tempérament de l’homme sur la possession d’un diplôme. Quand les grandes entreprises sacrifient beaucoup trop au culte du diplôme.
5 – La conviction profonde qu’on peut changer les choses quand on y met la volonté et la conviction suffisantes, quand nous pensons souvent, en entreprise, que « ce n’est pas possible tout de suite » ou « pas convenable » ou « trop risqué »
6 – Un sens pragmatique élevé quand l’idéologie et la théorie imprègnent encore beaucoup les cerveaux de nos managers
7 – La simplicité du langage et des attitudes quand beaucoup de managers français ont pris la grosse tête
8 – Une totale capacité à assumer ses choix personnels, idéologiques et son style : ça nous change des gens incapables de dire qu’ils aiment les westerns parce que ça fait beauf.

Parmi les éléments à ne pas emprunter à notre président, nous noterons :

1 – Un manque de planification des chantiers, qui donne le sentiment d’une action brouillonne et enlève de la percussion aux opérations qui devraient focaliser toute l’énergie disponible et non la disperser .

2 – Derrière un langage fort et percutant, on voit pointer souvent un manque de ténacité et de courage à aller au bout de la réforme engagée . Il ne suffit pas d’avoir de l’imagination, il faut aussi du courage . Monsieur Sarkozy devrait s’inspirer un peu plus de Me Thatcher .
Quand une réforme est bonne et a fait l’objet de multiples consultations, la retirer est une catastrophe en terme de management.
Ou alors , il aurait fallu réfléchir plus longtemps avant de l’engager………….
On paye encore le renoncement du CPE, on va payer cher le renoncement Darcos.
L’intoxication, maniée par l’environnement proche du chef de l’Etat, ou les médias, est pernicieuse et alimente des peurs absurdes.

3 – Beaucoup de maladresses et de manque de tact . C’est bien d’afficher ses préférences sans complexe mais il faut savoir en mesurer les effets sur la communauté qui vous observe et attend de vous un comportement exemplaire sur tous les plans.
C’est l’épisode malheureux , selon nous, du Fouquet’s et du yacht Bolloré, dans une société qui peine à boucler ses fins de mois.

4 – Monsieur Sarkozy n’hésite pas à intervenir à tout va et à court circuiter ses ministres. C’est un bon moyen de faire avancer les choses; c’est un mauvais moyen de faire avancer les hommes , car cet interventionisme stérilise toute prise d’initiative et rend valets les plus hauts managers !
La solution ne peut consister qu’à effectuer une sélection drastique de ses managers, évitant d’avoir à intervenir pour les pousser à agir mieux et plus vite.
Cette propension à être à l’origine de tout et donc à tout surveiller et contrôler est , hélas , commune à de nombreux managers et dirigeants qui, comme Monsieur Sarkozy, ont fait l’expérience que si  » on n’est pas derrière » , les choses n’avancent pas.

L’analyse est juste, la réponse qu’ils donnent est mauvaise.
Il faut choisir les meilleurs, puis, les laisser agir !