Tout le monde, experts comme béotiens, armé de longues lunettes et , parfois, de courte vue, divague sur les causes de « LA crise » .
Pour les uns, les banquiers sont à pendre.
Pour les autres, ce sont ces » insupportables » traders, qui ont fait dérailler l’attelage si bien huilé de mécaniques financières incompréhensibles…..
Pour les uns, les politiques, affreux suppôts d’un capitalisme débridé, sont coupables d’avoir trop laissé faire.
Et pourtant, certains, paraît il, avaient prévenu.
Marx n’avait il pas, avant tout le monde, annoncé, que les capitalistes étaient en train de tresser la corde pour les pendre…..
Pour d’autres, la punition trouve son origine, dans cette Europe qui a fabriqué des tonnes de circulaires au lieu de défendre nos frontières ….
Mon analyse est beaucoup plus simple.
L’Homme, finalement, depuis son origine, ne cherche qu’une seule chose : s’enrichir sans limite.
Il y a bien longtemps que l’argent est devenu le maître de nos actions et l’étalon de notre efficacité, sinon de notre intelligence.
« L’intelligent » aujourd’hui, ce n’est plus le sage, ni l’artiste, ni l’ingénieux, ni l’ingénieur.
L’intelligent , aux yeux de la plupart de nos sociétés, c’est celui qui « crache du cash » , c’est le money maker.
La saga qui fait rêver , c’est le petit qui est devenu riche , c’est le palais de folie des possesseurs de pétrodollars, c’est Monsieur Machin qui est la néme fortune mondiale, c’est Monsieur Truc qui a fait fortune dans la frite et la saucisse volante….
Le modèle qui fait rêver beaucoup trop d’enfants et d’ados, ce n’est pas l’honnête homme
qui a réussi sa vie sans être riche, qui essaye de ne pas vivre comme un abruti et de bien élever ses enfants.
C’est le chanteur ou le joueur de football, c’est l’artiste de cinéma qui se paye des grosses voitures et les filles avec.
On n’est pas regardants pour savoir si cet argent est bien le fruit de son travail ou d’un vrai talent, s’il n’a pas été gagné en partie sur les salaires réduits des employés, sur les gens qu’il a expropriés pour bâtir un immeuble, sur les produits frelatés qu’il a vendus aux gens comme aux animaux….
L’important, « c’est ce que tu pèses, mec » !
Aussi, dans un tel climat , comment s’étonner que personne ne trouve anormal, au sein des conseils d’administration, que des PDG négocient sans vergogne un départ en carrosse alors qu’ils n’ont pas encore gagné le moindre sou.
Les cabinets de recrutement et les chasseurs de tête nous expliquent que c’est le marché, l’usage et qu’il ne saurait se trouver de patrons accepter marché plus honnête …
Triste monde vraiment.
De la même manière, ne me parlez pas de contrôle !
Les organismes de contrôle sont passés et repassés 17 fois à la Société générale, comme chez Madoff , le roi de la cavalerie, sans rien trouver !!
Les nouveaux contrôles n’y changeront rien, le capitalisme refondé non plus.
J’ai entendu à la radio , ce matin, que les banquiers de Wall Stret avaient encore accordé des milliards de bonus à leurs traders, pour l’année 2008 , année d’une déconfiture historique !
Indécrottables, aurait dit mon instituteur !
C’est le cœur de l’homme qu’il faut changer.
….et l’amener à réfléchir très tôt à la différence qu’il y a entre réussir sa vie et réussir « dans » la vie !