Archive pour mars 2009

Ressources humaines : ce que les DRH devraient retenir de la crise

Dimanche 29 mars 2009

Les crises ont cela de bon qu’elles vous en apprennent toujours beaucoup.
Comme les guerres.
Comme les grandes épreuves que vous imposent la vie.

Cette crise là nous a déjà appris beaucoup :

- L’amour de l’argent, reste la recherche constante de l’homme
Et toutes les barrières juridiques n’y changeront rien.
Cet amour a pour caractéristique de tendre souvent à l’extrème, et donc d’ignorer tous les barrages….
Mais, la soif de l’or est, en même temps, ce qui transforme les hommes en entrepreneurs, en aventuriers, en inventeurs.
La dénoncer sans examen est puéril.
Seule la sagesse individuelle et collective, consciencieusement éduquée, serait en mesure de constituer une autorégulation sérieuse à une telle force !

- Les dispositifs salariaux, même objectivement défendables , comme les rémunérations variables, bonus et autres stock options, ne peuvent ignorer qu’ils deviennent cause de scandale , quand le résultat aboutit à des écarts inacceptables pour le corps social.

- La loi du marché , qui justifierait les énormes rémunérations des dirigeants, a-t-elle une réalité ?
Est il vrai qu’un patron est tellement rare et irremplaçable qu’il faille le retenir à prix d’or ?
Est il vrai que les patrons français sont , à ce point, recherchés ?
Et si c’était vrai, à quoi cela servirait il de prôner à tout va le travail d’équipe , le projet, la coopération, si la vertu d’un seul homme suffit à l’affaire ?

- Le bricolage social ne rapporte rien de bien .
Le patronat français , et les politiques qui le soutenaient, payent aujourd’hui durement de n’avoir jamais voulu vraiment associer leur personnel à la marche économique de leur entreprise, en lui ouvrant si petitement les possibilités de l’actionnariat.
Car enfin, intéressement et participation ne sont ils pas que l’actionnariat du pauvre ?
En encore a t il fallu un homme comme De Gaulle pour les introduire ?

- La popularité de Monsieur Besancenot et du NPA, en dit long sur le niveau d’inculture politique et économique des français :
C’est comme si un lointain successeur de Trotski était l’homme le plus populaire de Russie après Poutine .
Que dirions nous ?
Que les médias ne soulignent pas, ou beaucoup trop peu, le fondement idéologique du nouveau parti de Mr Besancenot, en dit long sur le poids historique de l’idéologie collectiviste en France. Et la force du rêve qu’il a incarné longtemps.
En même temps, cet amour si français donne une idée de la force du sentiment d’égalité qui, historiquement, habite ce peuple, comme ses mauvaises habitudes de recourir au coup de force permanent et l’indulgence dont on fait preuve vis à vis des acteurs de cette violence sociale : paysans, pêcheurs, routiers, syndicat SUD ….

La démocratie représentative est elle à ce point haïssable qu’elle trouve si peu d’avocats pour la défendre ?

- Que tant de gens se tournent aussi spontanément vers l’Etat et la sécurité qu’il est censé procurer , en dit long sur la schizophrénie française et nos pertes de mémoires.
Il semble que tout le monde a déjà oublié les effets désastreux du plan de relance par la consommation de Pierre Maurois en 1982, le désastre du Crédit lyonnais nationalisé, que nous payons encore, la chute du mur de Berlin, la folie entrepreneuriale des années 80….
Il faut garder raison : capitalisme et libéralisme sont encore le meilleur moyen de faire progresser les sociétés. Et on ne voit toujours pas pointer d’alternative crédible.

En quoi les DRH sont ils concernés ?
Ils sont concernés par le fait que s’ils ne s’occupent pas un peu d’élever le niveau de culture économique de leurs salariés, ils se trouveront de plus en plus, compte tenu de la complexité des affaires du monde, face à des décisions qu’ils ne sauront pas expliquer.
Et que, faute d’avoir su éveiller la rationalité de leurs interlocuteurs salariés et syndicaux, ils se trouveront face à des jacqueries !

L’action du DRH
Introduire des modules de formation à l’économie d’entreprise pour tout le personnel , sous toutes formes appropriées ( jeux, vidéo) dans le plan de formation de l’entreprise, est une ardente obligation , pour tout DRH.
Même si certains nous expliquent , et ils ont quelque raison de le faire » « qu’on » ne sait plus vraiment « comment ça marche » .
Eviter, souvent par effet de mode ou copie des modèles anglo-saxons, de promouvoir des modèles de rémunération qui n’apportent rien de plus au niveau de performance des managers et des Dirigeants, mais ne contribuent qu’à les enrichir sans cause.
Est ce que les Dirigeants et les salariés étaient des médiocres, avant l’apparition des stock options et de la gestion par objectifs ?

Management des entreprises publiques : Conduire une opération de changement de statut

Dimanche 29 mars 2009

conduire-une-operation-de-changement-de-statut.pdf

Management : petit tour d’horizon managérial, à l’orée du 21ème

Dimanche 29 mars 2009

management-_-tour-dhorizon.pdf

Management : finalité, finalités

Lundi 16 mars 2009

La finalité première d’une entreprise privée est de maximiser son profit
Sa finalité seconde, de le faire, en respectant, autant que se peut, son personnel.
La finalité première d’un service public est de servir le public
Sa finalité seconde , de ménager le statut de ses agents
La finalité première d’un commerçant est de « commercer »
La finalité seconde , de satisfaire son client.
La finalité première des parents est d’aider les enfants à réussir leur vie
La finalité seconde, de les aider à réussir dans la vie.
La finalité première d’un homme politique est de servir ses concitoyens
La finalité seconde , de se faire réélire.
La finalité première d’un sportif est de participer…
La finalité seconde, de gagner.
La finalité première du travail est l’épanouissement
La finalité seconde du travail est de pouvoir en vivre.
La finalité de l’éducation est de faire devenir adulte et responsable.
La finalité seconde, d’octroyer un diplôme
La finalité d’un moyen de transport est de permettre le déplacement.
La finalité seconde, d’en être le propriétaire.
La finalité première d’un être vivant est d’assurer la survie de l’espèce.
La finalité seconde, de pouvoir en jouir.
La finalité d’un citoyen est d’apporter son talent à la cité.
La finalité seconde d’en attendre un retour.

……….ou inversement !

Ressources humaines : recrutement, on regarde des CV, on embauche des personnes

Lundi 16 mars 2009

Le marché du travail donne lieu à toute une industrie accompagnatrice : centres d’orientation, centres de formation, pôles emploi, officines privées spécialisées, associations diverses et variées, sans oublier les incontournables : coaching et bilan de compétence et l’inénarrable
« cultiver son réseau » !

Ainsi donc , le recrutement serait un acte technique :
Il suffirait de présenter son CV de la bonne manière
( en plaçant les compétences bien en tête ), de savoir rédiger une lettre de motivation ( vous avez besoin…je suis là ) de solliciter amis et relations (qui se fichent de vous comme d’une guigne ) , et le tout serait joué.

Désolé de vous décevoir, mais le recrutement est d’abord un acte psychologique.
Tout ce dont on vient de parler ne sont que préliminaires…..

Le plat consistant du recrutement reste à venir :
Il est en général intense et court.
Il commence à partir du moment où vous refermez la porte du bureau du recruteur et se termine quelques secondes après que vous vous soyez assis devant lui.
C’est-à-dire 10 secondes.
Le reste du temps consistera, pour lui ou elle, à vérifier cette intuition globale :
Me suis je ou non trompé ?

Pendant ces 10 secondes, ce félin, aux yeux de linx, a flairé sa proie.
Il est petit, elle est grande.
Il ne ressemble pas à sa photo.
Elle est plus jolie, ou moins jolie.
Sa démarche n’est pas assurée
La poignée de main est ferme, molle , moite , ni ferme ni molle.
Les premiers mots indiquent, de suite, si le candidat a l’assurance de l’élite, ou des milieux aisés, ou bien la gêne de ceux qui , en position de soumission, viennent quémender un emploi.
L’expression est aisée ou trébuchante
Le regard est droit ou gêné.
Les mots sont directs ou ampoulés.
Le candidat est un flatteur, ou un séducteur.
Le candidat semble avoir du caractère, il n’est pas à vendre.
Il parle en détachant ses mots ; des phrases courtes.
Ou bien , c’est un bavard et un vantard .
Il a la jovialité du commercial , le côté un peu rugueux du technicien , ou le côté sérieux de l’administratif.
Il « enveloppe » comme un malade : c’est un institutionnel, à coup sûr.

Le recruteur sent, en une fraction de seconde, aux quelques mots prononcés, la longueur des études de son candidat :
CAP, Bac général, Bac pro, études universitaires courtes , études universitaires longues , école de commerce ou d’ingénieurs.

Les recruteurs les plus avisés soupèsent vite l’énergie disponible.
( Elément souvent sous estimé des « accompagnateurs de demandeurs d’emploi )
Ils sentent l’enthousiasme ou la fatalité.
Ils sentent l’envie de faire quelque chose, le sens de la débrouillardise, la volonté de prendre en mains son destin, ou la visite au cousin lointain qu’on rend par devoir ou politesse.

Dans ces 45 minutes là, opiniâtreté , courage, imagination, créativité, disponibilité , sociabilité , coopération , rigueur, font plus que le pendant aux diplômes et expériences.
Ou plutôt, à diplôme expérience égales et souvent inégales, c’est la densité de l’homme ou de la femme qu’il a devant lui qui va faire la différence.
A ce moment là, le cerveau droit, plus intuitif, plus séducteur, plus imaginatif, va pouvoir prendre sa revanche , dans sa capacité à mieux sentir la situation d’entretien, sur le cerveau gauche des matheux.
Celui-ci travaille plus en force , tandis que le cerveau gauche travaille plus en finesse.
Oui, on regarde les CV, mais ce sont des personnes qu’on embauche .

Conclusion : Sachant que le recrutement dépend, au moins pour 50%, de la personne, plus que de l’expérience ou du diplôme du candidat, qu’attend t on pour préparer les personnes à donner d’elles mêmes la meilleure impression possible ?
De ce point de vue, l’apport du théatre nous semble irremplaçable pour aider les candidats à mieux s’exprimer, se déplacer, s’asseoir, se tenir , regarder , sourire , donner l’impression de..

Mais, me direz vous, en agissant ainsi, vous faites du maquillage de personnalité !
Ou, je l’avoue, comme le font les hommes politiques pour se faire élire….ou les PDG pour préparer un rendez vous avec la presse .
Au fait, le mot « personna », en latin, signifie « masque » !