Les crises ont cela de bon qu’elles vous en apprennent toujours beaucoup.
Comme les guerres.
Comme les grandes épreuves que vous imposent la vie.
Cette crise là nous a déjà appris beaucoup :
- L’amour de l’argent, reste la recherche constante de l’homme
Et toutes les barrières juridiques n’y changeront rien.
Cet amour a pour caractéristique de tendre souvent à l’extrème, et donc d’ignorer tous les barrages….
Mais, la soif de l’or est, en même temps, ce qui transforme les hommes en entrepreneurs, en aventuriers, en inventeurs.
La dénoncer sans examen est puéril.
Seule la sagesse individuelle et collective, consciencieusement éduquée, serait en mesure de constituer une autorégulation sérieuse à une telle force !
- Les dispositifs salariaux, même objectivement défendables , comme les rémunérations variables, bonus et autres stock options, ne peuvent ignorer qu’ils deviennent cause de scandale , quand le résultat aboutit à des écarts inacceptables pour le corps social.
- La loi du marché , qui justifierait les énormes rémunérations des dirigeants, a-t-elle une réalité ?
Est il vrai qu’un patron est tellement rare et irremplaçable qu’il faille le retenir à prix d’or ?
Est il vrai que les patrons français sont , à ce point, recherchés ?
Et si c’était vrai, à quoi cela servirait il de prôner à tout va le travail d’équipe , le projet, la coopération, si la vertu d’un seul homme suffit à l’affaire ?
- Le bricolage social ne rapporte rien de bien .
Le patronat français , et les politiques qui le soutenaient, payent aujourd’hui durement de n’avoir jamais voulu vraiment associer leur personnel à la marche économique de leur entreprise, en lui ouvrant si petitement les possibilités de l’actionnariat.
Car enfin, intéressement et participation ne sont ils pas que l’actionnariat du pauvre ?
En encore a t il fallu un homme comme De Gaulle pour les introduire ?
- La popularité de Monsieur Besancenot et du NPA, en dit long sur le niveau d’inculture politique et économique des français :
C’est comme si un lointain successeur de Trotski était l’homme le plus populaire de Russie après Poutine .
Que dirions nous ?
Que les médias ne soulignent pas, ou beaucoup trop peu, le fondement idéologique du nouveau parti de Mr Besancenot, en dit long sur le poids historique de l’idéologie collectiviste en France. Et la force du rêve qu’il a incarné longtemps.
En même temps, cet amour si français donne une idée de la force du sentiment d’égalité qui, historiquement, habite ce peuple, comme ses mauvaises habitudes de recourir au coup de force permanent et l’indulgence dont on fait preuve vis à vis des acteurs de cette violence sociale : paysans, pêcheurs, routiers, syndicat SUD ….
La démocratie représentative est elle à ce point haïssable qu’elle trouve si peu d’avocats pour la défendre ?
- Que tant de gens se tournent aussi spontanément vers l’Etat et la sécurité qu’il est censé procurer , en dit long sur la schizophrénie française et nos pertes de mémoires.
Il semble que tout le monde a déjà oublié les effets désastreux du plan de relance par la consommation de Pierre Maurois en 1982, le désastre du Crédit lyonnais nationalisé, que nous payons encore, la chute du mur de Berlin, la folie entrepreneuriale des années 80….
Il faut garder raison : capitalisme et libéralisme sont encore le meilleur moyen de faire progresser les sociétés. Et on ne voit toujours pas pointer d’alternative crédible.
En quoi les DRH sont ils concernés ?
Ils sont concernés par le fait que s’ils ne s’occupent pas un peu d’élever le niveau de culture économique de leurs salariés, ils se trouveront de plus en plus, compte tenu de la complexité des affaires du monde, face à des décisions qu’ils ne sauront pas expliquer.
Et que, faute d’avoir su éveiller la rationalité de leurs interlocuteurs salariés et syndicaux, ils se trouveront face à des jacqueries !
L’action du DRH
Introduire des modules de formation à l’économie d’entreprise pour tout le personnel , sous toutes formes appropriées ( jeux, vidéo) dans le plan de formation de l’entreprise, est une ardente obligation , pour tout DRH.
Même si certains nous expliquent , et ils ont quelque raison de le faire » « qu’on » ne sait plus vraiment « comment ça marche » .
Eviter, souvent par effet de mode ou copie des modèles anglo-saxons, de promouvoir des modèles de rémunération qui n’apportent rien de plus au niveau de performance des managers et des Dirigeants, mais ne contribuent qu’à les enrichir sans cause.
Est ce que les Dirigeants et les salariés étaient des médiocres, avant l’apparition des stock options et de la gestion par objectifs ?