Archive pour décembre 2009

Les DRH ne doivent pas cultiver la peur des mots

Jeudi 17 décembre 2009

Quel paradoxe étrange de voir qu’au pays de la littérature, les mots font peur.
Récemment , dans une réunion consacrée à l’emploi des jeunes, j’eus le malheur de prononcer le mot « sanction » !
Le tohu bohu qui s’en suivit, cassa littéralement la suite de la réunion.

Les journalistes ,d’habitude si prompts à dénoncer la langue de bois des politiques, poussent des cris de vierge effarouchée, à chaque fois qu’un ministre prononce une phrase, ou une expression, trop « crue » à leur goût.
Régulièrement, ils dénoncent les ministres , dits civils, pour leur maladresse à utiliser le langage policé des politiques professionnels , comme les courtisans se moquaient , à Versailles, de la maladresse de ceux qui n’en étaient pas.

En entreprise, sauf dans les TPE et PME, j’ai bien peur qu’au fil du temps , le langage policé n’aboutisse qu’à élargir la fracture entre patrons et syndicats , direction et cadres, cadres et employés.
Les premiers résultats du cabinet mandaté pour expertiser France Télécoms fait ressortir, Oh surprise, une inadaptation du management.
Mais quand , pendant des mois et des années, on demande aux managers de tourner 10 fois leur langue dans leur bouche, de ne jamais prononcer, en réunion ou en entretien, dans les entreprises publiques ou ex publiques, les mots de profit, concurrence, compétition, performance, non professionnalisme, fainéantise …il arrive que la réalité se venge.

Les imprimés d’évaluation sont un modèle de langue de bois : les salariés n’ont plus de points faibles, ils n’ont que des points de progrès ou de vigilance !

Or, ce sont les mots vrais et sincères, qui chassent le mensonge et l’hypocrisie et permettent que s’installe une vraie relation de confiance , entre le manager et son salarié.
L’entretien annuel réduit à 15 minutes de parler vrai, serait déjà beaucoup plus utile que de passer 1H à 2H, à formaliser des tas d’éléments ,dont la pertinence n’est pas avérée.
Le quantitatif à tout crin, a évacué l’importance du qualitatif et même de l’émotion.

Le « Radio Paris » des DIRCOM et conseillers divers en communication, cultive , à force de grimaces, le mensonge officiel.
Dirigeants , cadres et DRH doivent d’urgence s’émanciper d’une tutelle qui , à force d’éléments de langage travaillés, a tué la vérité des relations entre les hommes , comme la vérité des situations.
Avez-vous vérifié récemment, comment tout l’entourage de Johnny nous disait qu’il allait toujours bien ?

Dans les écoles, la prudence avec laquelle les maîtres doivent maintenant s’adresser aux élèves, sauf à finir au tribunal, introduit une distance et un prudence dans la relation qui n’est pas faite pour faciliter la relation professeur/élèves.
Une des grandes différences entre notre culture et la culture anglo saxonne tient justement à notre incapacité à dire les 4 mots justes pour décrire une situation et à en chercher 100 , qui ne diront rien !

Il est grand temps que tout le monde , en France, retrouve le courage de dire les mots justes ;
Quand les mots sont absents , ou faux ou hypocrites, la violence n’est jamais bien loin.
C’est vrai dans le couple, dans les relations parents / enfants, dans les entreprises, dans l’Etat.

L’actualité sociale de décembre 2009, est révélatrice du politico-social ,à la française

Vendredi 11 décembre 2009

1 – Les conducteurs de la RATP ,qui conduisent 3 heures par jour, déjà bénéficiaires d’un statut avantageux, prennent ,une fois de plus, les usagers en otage, pour faire intégrer une prime à leur salaire , en invoquant, une fois de plus, leurs conditions de travail difficiles et le bien des usagers……..

2 – Pendant ce temps, les salariés déjà modestement payés et peu organisés de la restauration, peinent à obtenir un accord sur les salaires , de la part de restaurateurs, qui viennent de profiter d’un exceptionnel cadeau , par l’entremise de la réduction de la TVA.
Ils ne risquent rien ; le président leur a promis qu’il leur maintiendrait ce cadeau, échéances électorales oblige.
La gauche a bien raison, le politique doit primer tout le reste.

3 – Pendant ce temps, les patrons routiers, si critiques envers l’Etat , quand tout va bien, lui font les poches . Celui-ci, élections oblige, se laisse facilement faire et leur abandonne même la taxation carbone. La cause environnementale à Copenhague, ne vaut pas une messe à Paris.
Les grands patrons routiers, sans se soucier des petits, finiront par consentir une augmentation de salaire , qu’ils auraient dû payer depuis longtemps, à des conducteurs qui conduisent 10 heures par jour.

4 – Pendant que les français se tâtent , tergiversent , réunionitent et réfléchissent , Gordon Brown décide , seul , de taxer à 50% les bonus de ses traders.
Sarkozy a trouvé son maître en leadership, il doit s’aligner.

Ainsi va la France

Pourvu que ça dure !