Le vendredi 5 Janvier 2010, la cour d’appel d’Amiens décide de remplacer la prison avec sursis par une amende, pour les salariés licenciés économiques de l’entreprise Continental , qui avaient mis à sac une sous préfecture.
Récemment, les salariés de la compagnie SNCM avaient bénéficié d’une même indulgence pour avoir détourné un navire au cours d’un conflit social .
Dans beaucoup d’autres pays, ces personnes seraient sûrement en prison.
Une telle indulgence , en France, à l’égard de délits commis par des individus victimes de « violences économiques » est elle opportune ?
Oui , c’est rendre justice diront les uns.
Face à la violence des patrons , des banquiers capitalistes, de l’Etat, de l’Europe, comment refuser à leurs victimes de se défendre par les moyens les plus susceptibles de se faire entendre ?
Car enfin , qu’est ce qu’un saccage ou un détournement , face à la violence faite aux salariés licenciés ou dont les justes revendications ne peuvent être satisfaites ?
D’ailleurs , ce moyen de défense n’est il pas , en France, d’utilisation commune ?
Les paysans, les camionneurs, les pêcheurs ne font ils pas utilisation des mêmes « moyens de défense » que les salariés , sans que jamais l’un d’entre eux soit incarcéré ?
José Bové ne dut qu’à sa virulence et à sa qualité de récidiviste de passer quelque temps en prison.
Non, diront les autres, la violence physique ne peut jamais se substituer à la justice pour exercer une vengeance, ou servir de moyen de pression quelconque , quelle qu’en soit la forme : psychologique , physique ou sociale.
L’admettre c’est accepter que le policier, excédé, frappe le gardé à vue récalcitrant , le conducteur agresse l’automobiliste qui lui a fait une tête à queue, le mari jaloux poignarde sa femme, la mère célibataire et pauvre maltraite ses enfants, les gens du quartier, s’érigent en milice punitive contre les jeunes du quartier, adeptes du tapage nocturne …
L’appareil de justice, qui rend la justice au nom du peuple français et de l’Etat , devrait réfléchir à ne pas donner l’impression que certaines violences sont admissibles « vu les circonstances de l’espèce » !
Car , toutes les violences commises par les hommes ont des excuses , quand on examine l’enchaînement des causes qui y a conduit ;
Il n’y a pas d’un côté de bonnes causes à la violence et d’un autre côté, de mauvaises.
Les DRH , dans certaines entreprises, ont subi , ou eu l’occasion d’observer, la violence de certaines actions syndicales y compris entre syndiqués.
Pourquoi cette violence là, serait elle plus admissible que les autres ?