La grève des bleus de l’équipe de France de football scandalise apparemment tout le monde .
Il y a bien longtemps qu’un DRH sait que ce sont des larmes de crocodile.
En temps ordinaire, notre indulgence vis-à-vis de tous ceux qui s’opposent à l’Autorité est devenue banale.
Nos protestations contre ceux qui , légitimement, sanctionnent les contrevenants, sont innombrables.
Qui se soucie vraiment des instituteurs malmenés par la justice, après avoir gifflé un enfant qui le méritait ?
Qui trouve anormales les sanctions de grande clémence prononcés contre les grévistes de la SNCM, qui ont quand même détourné un bateau, et ceux qui ont saccagé une sous préfecture ?
Dans tout français commun sommeille un petit guignol , trop heureux de bastonner la maréchaussée.
Quel DRH ne s’est pas trouvé devant une grève destinée à protester contre une sanction prise légitimement contre un salarié qui a fauté et , si possible, la faire retirer ?
Quelle morale habite donc notre société pour que des personnes s’estiment légitimes à protester , par une grève, contre un acte qui est une sanction juste : l’expulsion d’un joueur qui a injurié son entraîneur.
L’Autorité est traitée comme une reine dans les organisations militaires ou contraignantes et comme une fille , dans beaucoup d’autres !
Dans l’Armée , sans surprise, l’Autorité est vénérée et parfois même à bien mauvais escient .
Dans les entreprises anglo saxonnes , la grande distribution, beaucoup de PME,le BTP, on ne badine pas avec elle et le moindre contrevenant y est sévèrement châtié.
Dans les organisations dites latino-saxonnes ( entreprises de 1000 personnes et plus ), on négocie, à chaque fois, la gravité de la sanction et on pratique à haute dose « la poire en deux ». Ce qui n’est pas symbole de justice ,mais en donne l’illusion et préserve momentanément la paix sociale.
Curieusement, les syndicats, et surtout la CGT, prennent toujours le parti de défendre tout le monde sans distinction, par principe !
Dans le secteur public, institutionnel, mutualiste, les Associations, il est rare que le salarié ou l’agent puni le soit ; les garanties statutaires ou la culture de l’édredon , suffisent en général à protéger le contrevenant.
Dans le cas de l’équipe de France, quand le capitaine Patrice Evra tonne, ce n’est pas contre l’injurieur, mais c’est parce qu’un traître n’a pas permis à la culture de l’édredon de s’exercer !
Et puis il n’aurait pas dit vraiment, il aurait marmonné….faute marmonnée est facile à pardonner !
Dans toutes ces configurations, le respect dû à l’Autorité, ou à ses représentants, est proportionnel à la possibilité pour la sanction de s’exercer .
Le chef est tout puissant dans les organisations où la possibilité de sanctionner est forte, il compte pour du beurre dans les organisations où sanctionner tient du miracle.
Le problème, c’est que lorsque le chef est privé de ses attributs, le groupe humain est soumis aux humeurs d’un groupe où « tout le monde est maître et compagnon » ou aux foucades du tribun de service.