Archive pour juillet 2010

Tentative d’inventaire des duretés et autres pollutions dans l’entreprise

Mercredi 21 juillet 2010

Les conditions de travail : bruit, chaleur, poussières, charges lourdes , odeurs….
Les rythmes horaires : travail posté, de nuit, de week end, de jours fériés…
L’ambiance de travail, le poids d’un groupe ou d’un service hostile
Les harcèlements du chef , sexuels ou psychologiques , des collègues
L’impossibilité de prendre son DIF
La difficulté d’écouler tous ses RTT
Les tenues trop moulées de la collègue et ses décolletés provoquants.
Les attentions masculines intenses vis à vis du joli minois du service, quand on ne vous regarde jamais !
L’indulgence des chefs vis à vis des jolies filles incompétentes.
L’obligation de suivre un stage inutile et inintéressant
Un entretien annuel interminable et scolaire avec un chef qui récite sa leçon de conduite d’entretien
L’arbre de Noël , quand il est pourri
Les sarcasmes syndicaux , ou celles de collègues, pour des raisons d’engagement syndical ou politique
La mise à l’écart par le chef ou les collègues
Les odeurs de transpiration
La pathétique histoire du divorce de Magalie , interminable feuilleton .
La minute de silence à l’occasion du décès d’un salarié que vous n’avez jamais vu
Le folklore de l’exercice annuel d’évacuation incendie
Les coups de téléphone interminables sous votre nez
La nouvelle robe de la collègue achetée « pour rien », aux soldes
Les invitations à consulter la dernière histoire  » drôle » qui court sur le net
Le radiateur qui fuit
Le ventilateur qui décoiffe et enrhume.
la climatisation mal réglée
les WC qui n’arrêtent pas de couler.
La porte qui ferme mal ou qui reste toujours ouverte.
les bruits de ventre du voisin
Le collègue qui réajuste son dentier
les invitations à  » se joindre à vous » pour le déjeuner, qui vous déplaisent.
Une organisation lourde et bureaucratisée qui oblige à lutter sans cesse pour travailler
Les petites vengeances et mesquineries du Directeur
Les déconvenues de Robert sur Meetic .
Le harcèlement du Directeur qui veut tout , tout de suite
L’obligation de bien traiter les pistonnés , les chou chous , les fayots du patron.
Un salaire non proportionnel à sa qualification dans un emploi effectivement occupé
Des écarts de salaire inexplicables avec des gens qui font le même travail que vous
Des promotions toujours refusées sans raison
La guerre entre services ou directions
Les petites manoeuvres du collègue  » pour se faire bien voir du chef » !
L’absence de papier dans les toilettes
La drague de votre copine ( ou copain ) par un ( e) autre collègue, en votre présence
L’hygiène des ongles de votre voisine
Les éternuements incessants du voisin de bureau
Le trop plein de soleil et l’absence de stores
un clavier d’ordinateur sale et vieillot
Le désordre un peu partout .
Subir l’énorme 4X4 Q7 Audi du patron.
Les crottes de chien juste devant la porte d’entrée de l’immeuble
l’imprimante du service, jamais disponible
les corbeilles à papier qui débordent
La poussière mal enlevée
le manque d’ouverture sur l’extérieur
L’impossibilité d’ouvrir les fenêtres
L’obligation de toujours attendre l’ascenseur
la queue au micro ondes ou au restaurant d’entreprise.
Le manque de pain et d’eau sur les tables du restaurant d’entreprise
Les gobelets de café qui trainent au sol.
La photocopieuse qui bourre
Les vitres nettoyées une fois par an
La guerre entre syndicats
Le contact trop rapproché du collègue quand il vous parle
L’obligation de fêter anniversaires ou pots de départ
L’inégalité d’accès aux avantages du comité d’entreprise
L’inégalité de versement de primes diverses
Des contrôles médicaux systématiques à domicile
Des refus à des demandes de mutation justifiées
Les moqueries des collègues
Supporter les incompétences des membres de la famille du patron ou du chef de service , en stage dans l’entreprise.
La difficulté d’accès à la photocopieuse, à la machine à café
La difficulté d’obtenir des fournitures
L’obligation d’avoir à justifier sans cesse son emploi du temps
Le temps qui ne passe pas la veille de Noêl ou du 1er de l’an.
Un contrôle strict des horaires ( à la minute près )
Le refus d’accorder toute permission de sortie ou autorisation d’absence
Le fait de ne pas accorder de deuxième chance et de sanctionner sans appel possible
L’obligation d’avoir à justifier sans cesse de son identité pour accéder ou se déplacer
Les contraintes esthétiques ( poids , maquillage, habillement )
L’obligation de toujours passer par une procédure écrite pour obtenir quelque chose
Le manque d’humour et de décontraction
Le contrôle des pauses pipi
Le manque de place
les fils et prises électriques garnissant le sol
L’obligation de faire acte de présence alors qu’il n’y a rien à faire
travailler quand une partie de l’entreprise ne fait rien
Le manque de toilettes
La langue de bois du chargé de la communication
Les éditoriaux du patron dans le journal d’entreprise
Les prénoms des nouveaux bébés de vos collègues
La saleté des toilettes et leurs odeurs
Les différences de traitement en matière d’équipement ou de déplacement
Les écarts injustifiés de classification
L’obligation d’être syndiqué
Les coups de téléphone inquiets des collègues à leurs enfants, toute la journée !
Les invitations à aller voter aux prud’hommes
La chasse aux syndiqués
les humeurs des petits chefs , celles du directeur
la tête de porte de prison de la personne de l’accueil
La pollution de tracts ou d’affichage syndicaux systématiques hors panneaux d’affichage
Des tracts injurieux et calomnieux
L’absence systématique au travail le mercredi pour les mères de famille
Le collègue qui veut toujours prendre ses vacances du 1er au 15 Août
Des manifestations syndicales violentes à l’encontre de biens ou personnes
l’absence de lumière au parking
L’accent des femmes de ménage
Le licenciement injuste et arbitraire
Les bulletins scolaires brillants des enfants de votre voisin de bureau.
L’impossibilité de pouvoir donner son avis
L’obligation d’avoir à se taire sous peine de délation et sanction
L’impossibilité de prendre une douche
Une pause déjeuner trop courte
les grèves des transports
La difficulté à disposer d’équipements de protection adaptés ou à les faire remplacer
Des écarts de salaire non justifiés par le travail effectué entre diplômés et non diplômés
Des petites combines qui nuisent à l’état d’esprit et aux valeurs positives de la culture de travail
Des différences inexplicables de charge de travail entre salariés
L’inégalité de traitement vis-à-vis des nouveaux, des non statutaires, des jeunes, des seniors, des femmes , des handicapés, des gens de couleur …
Le petit chef qui minaude…
Le délégué du personnel ou membre du CE qui en profite pour draguer
Le bizutage des nouveaux
Le sourire hypocrite du DRH
Voir le patron utiliser pour lui seul les voyages ou cadeaux offerts par les fournisseurs
Les compte rendus du CE ou du CHSCT qui font 20 pages
la mauvaise haleine du collègue de travail
Le machouillage de chewing gum du chef ou du collègue de travail
Les miettes de gâteau ou de pain de l’en cas du collègue de travail
Le caractère hautain de l’élite
Les petits privilèges accordés aux cadres supérieurs et au comité de direction ( retraite, mutuelle, prévoyance, voitures, déplacements, hôtels..) sans rapport avec les contraintes objectives de la fonction.
Les notes de service comminatoires et faites à tout propos !
La tête réjouie des collègues qui viennent d’être augmentés ou promus
Et toutes les autres duretés et pollutions diverses qui vous pourrissent la vie et que je n’ai pas remarquées….

A propos de l’affaire Woerth : demande d’embauche ou d’entretien ?

Lundi 19 juillet 2010

Nous sommes prêts à croire que Monsieur Woerth n’a pas demandé qu’on embauche son épouse.
S’il est confirmé qu’il a demandé qu’un employeur potentiel reçoive son épouse, même pour demander conseil, la situation prend une coloration que les DRH connaissent bien .

Par exemple, notre patron nous demande de recevoir un de ses enfants, un ami, une relation.

Officiellement il ne nous demande pas de l’embaucher.

Et il est probable que si nous lui demandions clairement si nous devons embaucher le recommandé, il répondrait « Non , bien sûr » !

Mais, dans les faits, nous ne lui demanderons pas .
Et si, par hasard, nous avons au même moment un poste à pourvoir, qui correspond ,peu ou prou, au profil du recommandé, nous serons très tentés de le recruter , bien sûr après avoir pris soin d’examiner deux ou trois autres candidatures….

Pourquoi recruter le recommandé alors que , officiellement, rien ne nous y oblige ?
Parce que, d’un simple point de vue humain, nous voulons faire plaisir au patron et que, sur le moyen et long terme, ce recrutement est bon pour notre relationnel avec lui .

Comprenez que notre patron est devenu notre débiteur moral et , normalement, se rappellera qu’on lui a rendu un service et nous accordera plus facilement une augmentation, ou nous pardonnera plus facilement un faux pas.

C’est aussi simple que ça !

Et pourtant je reste convaincu que monsieur Woerth est un honnête homme qui n’a certainement pas mesuré sur le coup la portée de sa demande d’entretien.

1 milliard d’euros pour les syndicats du public, en a t on pour son argent ?

Vendredi 16 juillet 2010

Le journal  » les Echos » du 16 Juillet 2010 nous informe que le coût des syndicats dans la fonction publique approcherait le milliard d’euros, ce qui nous donne l’occasion de poser la question de  » l’efficacité » de la représentation sociale en France.
Vous pensez bien que je ne vais pas vous répondre , là, tout de suite qu’ils sont efficaces ou au contraire inefficaces !
Je connais bien les syndicalistes ; j’ai l’habitude d’avouer un long concubinage avec eux.
Les constats suivants s’imposent, si je souhaite résumer ce que j’ai tiré de leur fréquentation assidue et parfois rugueuse.

Premier constat :le rapport des forces qui établit le niveau de la négociation sociale est très contrasté.
Les PME sont souvent démunies de représentants sociaux et quand elles en ont, ceux-ci acceptent les marges de manœuvre réduites que le patron leur réserve ( et donc ne s’opposent pas suffisamment ) ou peuvent faire l’objet d’un traitement sans concession , s’ils veulent vraiment jouer leur rôle, le tout dans une ambiance souvent très affective.
Les syndicalistes de PME sont donc forcément soit des apôtres du consensus avec le patron soit des hommes de caractère qui risquent souvent leur emploi.

Dans les entreprises de taille plus importante, l’employeur muni d’une DRH et acculturé au management français qui a accepté depuis longtemps de « faire avec » , les relations avec la représentation sociale sont plutôt correctes et les accords assez équilibrés.
Dans la nombreuse représentation sociale de ces entreprises prévue par la loi, il y a souvent une répartition des rôles qui s’opère de fait entre un CE plutôt consensuel et des délégués syndicaux jouant le rôle de « méchants ».
Les nombreuses occasions qu’ont le patron et le DRH de passer leurs journées avec une instance de représentation sociale crée des habitudes acceptées de part et d’autre.
Sauf période de crise, où la base s’impatiente et crie, les syndicalistes savent jusqu’où aller , ou ne pas aller ,dans la fréquentation du pouvoir .
De son côté les dirigeants acceptent de fermer les yeux sur certaines pratiques qui peuvent aller de la gestion dispendieuse du CE au non contrôle des heures de délégation.
La vérité commande de dire que les CE sont souvent mal gérés et , pour la plupart, ont abandonné la cause des vrais cas sociaux pour se consacrer aux loisirs de « la classe moyenne » de l’entreprise.
Patron à son tour, le secrétaire de CE se croit exemplaire en se lâchant un peu sur les besoins du CE en effectifs, sur les salaires, sur les horaires, sur les compétences exigées….
Ne serait il pas temps de repenser la raison d’être , sociale et culturelle, des comités d’entreprise, pour en faire une institution de son époque ? mais c’est un autre débat.

Dans les entreprises anglo saxonnes , les relations sont souvent fondées sur le principe « toute la loi, mais rien que la loi » alors que les entreprises de culture latine sont plutôt tentées de « faire du zèle social » , pour s’attirer les bonnes grâces du syndicat, paraître à la fois moderne et humain, plaire aux administrations locales ( Direction du travail ) , faire parler d’elles dans la presse locale ou nationale. ( marketing social )

Dans les établissements de la France étatique et institutionnelle, la représentation sociale possède plusieurs caractéristiques pénalisantes :
Elle est en général très bien traitée ; c’est-à-dire nombreuse , protégée, respectée voire crainte et muni de moyens importants d’action.
Hélas, comme les dirigeants des entités publiques ne savent pas dire non , elle ne sait pas négocier, c’est à dire qu’elle refuse toujours de renoncer à un avantage , même devenu obsolète, pour en obtenir un nouveau de qualité supérieure.
C’est la raison pour laquelle le dialogue social est de si mauvaise qualité dans le secteur public et institutionnel ou plutôt, tout se passe bien parce qu’on cède à tout, ou quasiment !

Le statut de la fonction publique, qui induit de mauvais comportements ,côté managers comme côté agents ne fait qu’aggraver la situation.
Par aillleurs, la protection et la progression de carrière dont bénéficient les syndicalistes du secteur public n’est sans doute pas le meilleur service leur rendre , car elle les pousse à s’installer dans une sorte de fonctinnariat syndical qui n’est pas le meilleur atout pour explorer des voies nouvelles pour  » le social ».

Les Dirigeants de ces organisations , quant à eux, sont les complices objectifs de ce contre pouvoir syndical , du fait des relations qu’entretient le politique avec les syndicats au niveau national .
Dirigeants et syndiqués se tiennent par la barbichette : malheur à la carrière d’un Directeur qui ferait remonter à Paris de mauvaises rumeurs quant à son « incapacité à conduire le dialogue social » , si jamais il était tenté de résister trop aux pressions syndicales locales. En contrepartie , être syndicaliste dans le secteur public est un statut qui vous permet d’être considéré et de fréquenter assidûment les allées du pouvoir .

Deuxième constat : La qualité des hommes installés dans les instances sociales est très diverse .
Mon regret est de ne pas y avoir trouvé assez souvent d’hommes de qualité et trop de gens de qualité moyenne tentés de se protéger derrière un mandat .
Mais on pourrait dire la même chose de la population des managers, de qualité aussi très inégale du point de vue de la capacité du leadership .

Mais , me direz vous, qu’est ce qu’un représentant du personnel de qualité ?
C’est un esprit ouvert dotée d’un caractère bien trempé lui permettant à la fois de ne pas faire les concessions qu’il ne doit pas faire , en cédant aux sirènes patronales et saisir les branches intelligentes qui lui sont tendues d’aller vers un progrès social .
Par progrès social, il ne s’agit pas, comme on le voit trop souvent, d’ajouter étage sur étage à une pyramide de protections ou d’avantages en tout genre.
Il s’agit de comprendre le contexte économique dans lequel évolue l’entreprise et savoir abandonner ici des « avantages acquis » qui n’ont plus d’objet, pour en négocier là de nouveaux, qui font sens, dans le nouveau contexte économico social de l’entreprise.

Troisième constat : des deux côtés , ce sont toujours les mêmes !
Laisser la négociation sociale  » toujours aux mêmes » n’est pas un gage de qualité . L’habitude qu’ils ont des textes et du dialogue social est un faible avantage comparé à la fraîcheur de l’imagination de négociateurs sociaux temporairement détachés de l’opérationnel pour construire un social imaginatif et débureaucratisé.
Or , ces  » toujours les mêmes » sont hélas , souvent , des gens qui préfèrent la réunion à l’action et ont souvent échoué  » ailleurs » ou bien de vieux briscards du dialogue social, rusés et intelligents !
Côté patronal comme côté syndicats, ce sont la plupart du temps des apparatchiks coupés de la réalité économique et trop heureux d’inventer des machins à la fois peu efficaces et coûteux , pour justifier leur raison d’être.

quatrième constat : le subventionnement de l’activité syndicale n’est pas une bonne chose.
elle rend forcément , quelque part,les syndicats dépendants du  » subventionneur »
Quelle force auraient nos syndicats s’ils ne vivaient que de leurs moyens propres ?

Cinquième constat : Le paritarisme donne souvent lieu à des décisions qui sont de mauvais compromis où l’efficacité n’a pas été le premier objectif recherché .L’argent des autres étant facile à dépenser,la gestion paritaire donne souvent lieu à de gros gaspillages . Il suffit de regarder ce qu’on fait des milliards de la formation pour s’en rendre compte. Le renouvellement régulier des équipes éviterait probablement certaines dérives.

En conclusion, il faut repenser la représentation sociale dans l’entreprise et dans les négociations paritaires ou nationales. trop nombreuse, trop coûteuse, trop dispersée, trop  » toujours les mêmes » ,pas assez efficace .
Il faut repenser aussi le moyen de faire se réintéresser les salariés à la désignation de leurs représentants, condition indispensable pour que celle-ci soit de qualité.

Guillaume Pepy et les syndicats : la valse à 3 temps .

Vendredi 9 juillet 2010

L’arrivée de guillaume Pépy à la tête de la SNCF et l’évolution de ses relations avec les syndicats nous donne l’occasion de parler des étapes que connaissent les relations entre un nouveau patron et ses syndicats.

Les relations qu’un patron ou un DRH entretient avec les syndicats français peuvent être assimilés à une valse à 3 temps. et c’est bien cette danse qui semble se danser aujourd’hui dans les salons de la SNCF.

Au premier temps de la valse , tout est beau. Le nouveau patron ou le nouveau DRH semble un « homme d’écoute ». Il est vrai qu’il a commencé, avec beaucoup de simplicité , à faire la tournée des popottes.
Aux questions posées, il a toujours réagi avec beaucoup d’esprit d’ouverture, se permettant même le luxe, au passage, de critiquer, un peu, une ou des, pratiques de son prédécesseur,
C’est la lune de miel patro-syndicale.
Des deux côtés, on aime entretenir l’illusion qu’on va pouvoir faire du bon travail ensemble.
« Finalement, vos syndicalistes ne sont pas si mal », dit le nouveau patron ou le nouveau DRH, en fin faux connaisseur.
Les syndicalistes, de leur côté , font mine officiellement de confondre torchons et serviettes capitalistes , mais , en privé, révèlent souvent une satisfaction « pour le nouveau ».

Au deuxième temps de la valse, les amoureux se connaissent un peu mieux.
Le DRH a montré quelques rigidités et « la CGT reste la CGT » !
Mais on voudrait encore croire qu’il peut se passer quelque chose « de différent ».
Le presque nouveau patron ou DRH aimerait bien conserver la bonne impression initiale suscitée auprès des syndicats et les syndicalistes , pour une fois, aimeraient croire « qu’ils ont été entendus » , mais un petit doute s’est immiscé dans le couple ……

Au troisième temps de la valse , de deux choses l’une : Ou bien le patron ou le RH relèvent d’un patron plus que sensible aux sirènes syndicales, et les nouveaux « tôliers » vont se plier , pour de bon, aux désidérata de leurs « clients « syndicalistes., ou bien , le super patron , qui , lui, n’a jamais rien attendu des syndicats, reste ferme sur ses positions et les syndicalistes vont découvrir, oh surprise ! que le nouveau patron ou DRH est « comme les autres » un suppôt du patronat !

La valse peut parfois compter 2 temps et demi : quand le nouveau patron ou DRH , animé d’un esprit de réforme , les a vraiment entamées au deuxième temps, sans attendre le troisième, et que devant une forte opposition syndicale, il a décidé de s’arrêter en chemin !
Lui, a tout gagné ; il a grillé son image de patron ou DRH social et pas encore bénéficié des fruits de sa réforme impopulaire , se déconsidérant auprès du segment de l’encadrement et des salariés qui attendaient vraiment « que ça change » !

Décidément, la valse n’est pas une danse si facile .
Mais le tango n’est , hélas, pas pour demain…..

Management : les bons avec les bons ou la guerre des exigences

Jeudi 8 juillet 2010

Est ce notre culture judéo chrétienne ?
Est-ce notre imprégnation sociale ?
Toujours est il qu’on parle rarement et même jamais du constat suivant.
Les bons travaillent avec les bons et les « moins bons » avec les moins bons ;
Par « bon » , ne cherchez pas de jugement moral, mais entendez « performant ».
Ainsi donc, les performants se regroupent entre eux et les moins performants aussi ;
C’est comme le classement au tennis, ou celui des divisions de football.
Ainsi donc les gens se retrouvent « triés » , sans qu’ils en prennent toujours vraiment conscience par catégorie .

Mais comment ce tri se réalise t il ?
Tout simplement par niveau d’exigence.
Les organisations exigeantes recrutent des salariés censés répondre à leur niveau d’exigence , les moyennement exigeantes font de même et ainsi de suite.

Quelles sont les organisations exigeantes ?
Ce sont celles qui sont le plus contraintes par un impératif de réussite ou de résultat.
Ainsi peut on dire qu’une école d’excellence qui veut conserver son classement international sera exigeante avec le niveau d’entrée de ses élèves, mais aussi qu’une organisation commerciale, pressée de réaliser des taux de profit importants , veillera à ne recruter que des managers capables de les réaliser.
Ces managers , au profil particulier, recruteront eux-mêmes des équipes susceptibles de leur permettre d’atteindre les objectifs exigeants, que le conseil d’administration attend d’eux.
C’est ainsi qu’on a, en résultante, une entreprise dont tous les membres se doivent d’être excellents , entendez , les plus performants.
Le niveau d’exigence est maintenu par une discipline de fer : la moindre mauvaise note, la moindre insuffisance, sont immédiatement sanctionnées.

A l’inverse, on trouve des organisations « moins durement contraintes ».
Dans ces organisations , l’objectif n’est ni le meilleur classement, ni la meilleure rentabilité , mais un accomodement entre divers objectifs : un objectif économique bien sûr , mais aussi des objectifs sociaux .
Le mariage des contraintes a souvent pour effet de les rendre plus supportables, par une sorte d’effet de dilution.
C’est ainsi qu’ont fonctionné et que fonctionnent encore , nombre d’entreprises de type PME .
Les entreprises sous influence étatique , et celles de l’économie sociale, sont aussi ,souvent , des organisations mélangeant les contraintes avec des niveaux d’exigence modérés.
Les entreprises qui arrivent à marier les contraintes tout en conservant leur niveau d’excellence économique sont malheureusement très rares. Ce sont les seules, selon nous, à mériter le prix d’excellence !

Enfin, on trouve des organisations qui ne sont pas contraintes du tout , ou plutôt elles ne fonctionnent que sous l’impulsion de leurs membres. Ce sont en général des organisations de type associatif. Là, un président essaye de faire fonctionner ensemble, le moins mal possible, un ensemble hétéroclite de « bonnes volontés »; mais il reçoit déjà beaucoup, pour le salaire qu’il leur donne, car ils sont bénévoles. Le professionnalisme y est très inégal , mais le coeur souvent plus grand qu’ailleurs !

La difficulté naît souvent du changement du niveau d’exigence .
Tel manager habitué à un niveau d’exigence extrème , poussé à rechercher la même efficacité dans une organisation travaillant « à allure moyenne » va rencontrer une forte résistance du corps social ainsi bousculé.

Un manager efficace , voulant se mêler de bénévolat, risque de rencontrer les mêmes résistances, pour les mêmes raisons.

C’est ainsi que peuvent être observés des jeux de pouvoir où les tenants de l’allure modeste ou moyenne, vont se liguer pour expulser l’intrus qui voudrait leur imposer une exigence supérieure.
C’est ainsi que les tenants de l’allure rapide vont vite manifester auprès de l’Autorité supérieure leur désagrément d’avoir à travailler avec des opérateurs d’allure modeste, ou des managers d’allure modeste, ou insuffisante, à leur yeux.

L’actualité se fait l’écho, sans toujours bien l’analyser, de ces jeux de pouvoir où une organisation donne le spectacle d’une guerre entre groupes , ou entre un manager et des groupes, aux niveaux d’exigence disharmonieux .

Bref , c’est la guerre des exigences .