Apprenons à nos salariés à vivre dans un monde instable

Il est inutile de se faire des illusions : le capitalisme ne changera pas fondamentalement de nature.
Il ne changera pas, parce que la poursuite effrénée de son intérêt, habite le coeur de l’homme depuis son origine.
Ainsi donc , ce à quoi nous assistons, est l’arrivée , dans l’économie mondialisée, d’acteurs nouveaux , n’ayant pour objectif que de s’enrichir le plus vite possible, comme nous l’avons fait , avant eux.
Face à cette situation, les organisations de travail des pays développés, qui ont « humanisé » le capitalisme , en mettant au point toute une série de protections sociales , se voient dans l’incapacité de répondre de manière efficace à une telle menace.
Elles mettent en avant les acquis sociaux, le respect de ceux qui ont combattu dans les luttes sociales, l’état de la civilisation .
Et tout ceci est respectable.
En France, l’importance du secteur public et des entreprises non exposées à la concurrence internationale, faisant fi du mouvement actuel de l’histoire, continuent à pousser les représentants étatiques et patronaux, à aligner les entreprises exposées à l’incertitude d’un monde instable , sur les pratiques des organisations vivant dans un monde stable : Administrations, entreprises publiques, secteur privé dépendant des commandes de l’Etat ou des collectivités territoriales , ou non exposé à la concurrence internationale…
Ils cherchent ainsi par tous moyens à leur disposition, « à sécuriser » les parcours des salariés du privé, à l’instar du parcours balisé des fonctionnaires.

Ceci est une erreur , même si c’est injuste .
Ceci est une erreur , même si on invoque le fait que, une fois de plus, ce sont les salariés qui vont payer la crise et qui la paient déjà le plus , à travers les milliers de licenciement.

Ceci est une erreur parce que ce n’est pas le nombre de bouées ajoutées autour du ventre des salariés qui les sauvera !
Les exemples foisonnent de mauvaises bouées jetées à la mer , les unes après les autres , par des gens , qui, en réalité, appartiennent au monde économique stable
Qui pourrait prétendre par exemple que la GPEC puisse être un outil de gestion efficace, quand l’entreprise exposée aux vents de la concurrence voit son horizon économique remis en question tous les 6 mois ?
Qui pourrait penser que c’est la formation , ou les bilans de mi carrière , qui vont régler le problème de l’emploi des seniors ?

La meilleure manière d’ aider les gens à survivre dans un monde instable consiste à leur apprendre à nager dans ce monde là.

Comment faire quand on est DRH , pour les aider ?

1 – D’abord en les tenant informés de manière sérieuse de l’état du monde .
Je suis frappé de voir comment les français semblent vivre dans une bulle et ne pas se rendre compte qu’ils naviguent sur un Titanic !
Le débat actuel sur les retraites est une démonstration éclatante de notre refus de tenir compte de la réalité .
Qui , dans ce débat, tient compte du conclusions du COR ( comité d’orientation sur les retraites ) , ou du fait que l’âge moyen de départ en retraite , constaté en France, est de 2 années , inférieur à la moyenne européenne ? ( les Echos du 9 Juin 2010 )
Est-ce que le congrès CFDT qui se déroule en ce moment est conscient de cette réalité , au lieu de sacrifier à l’électoralisme syndical ?
Tenir les salariés informés de l’état du monde et donc de leur situation consisterait d’abord à les informer mensuellement de l’état de la concurrence internationale dans leur domaine d’activité.
Les Dircom rendraient un vrai service en agissant ainsi.

2 – Aider les salariés à vivre dans un monde instable consiste ensuite à faire vivre aux salariés des situations de changement .
Ce n’est pas le changement qui tue les salariés, c’est la survenance d’un changement brutal , après une longue période de non changement.
Ainsi donc, il faudrait développer de manière importante la mobilité des salariés, en leur faisant vivre un changement ,au moins tous les 3 ans : changement de service, de poste, de lieu, de chef, d’organisation .
Il ne s’agit pas forcément de faire déménager les gens tous les 3 ans, surtout s’ils s’ils appartiennent à un niveau d’exécution, mais de les entraîner à vivre un changement, même modeste, et donc de les habituer à vivre « avec » le changement.

3 – Aider les salariés à vivre dans un monde instable consiste à leur faire comprendre qu’ils ne doivent pas vivre de leur diplôme, comme les aristocrates vivaient de leurs fermages , mais que leur souci constant doit consister à préserver leur employabilité , en veillant par tous moyens , à rester employables !
Conserver les salariés employables consiste pour le DRH à veiller à garder en ligne de mire les ratios et les pratiques des meilleures entreprises de son secteur en pratiquant un bench marking intelligent .
A titre d’exemple, un DRH qui continuerait à considérer qu’il lui faut deux fois plus de personnel que ses collègues pour assurer son service RH , en mettant en avant je ne sais quelle qualité de service, ou complexité spécifique, serait un mauvais DRH.
En agissant ainsi, il maintient ses agents dans l’illusion qu’ils sont performants alors qu’il ne le sont pas .
En agissant ainsi, il entretient sans doute une bureaucratie inutile et des procédures beaucoup trop lourdes, pesant finalement sur le dynamisme de l’entreprise.

Au niveau macro économique , le rôle des politiques est d’aider la société à vivre les grands bouleversements qui s’annoncent , en montrant l’exemple de l’abandon de pratiques désuètes et de dépenses ostentatoires, qui ne sont vraiment plus de mise et en parlant le langage de la vérité.
Quand le nouveau premier ministre anglais dit à ses concitoyens qu’ils vont devoir changer de mode de vie , les politiques français ont des pudeurs de vierge à prononcer le modeste mot de « rigueur » !
Nous vivons pourtant bien dans le même monde !

5 commentaires sur “Apprenons à nos salariés à vivre dans un monde instable”

  1. Visiteuse dit :

    Merci,
    merci pour vos articles « réflexifs », dont les analyses sont fondées sur le Principe de Réalité et non sur des théories à la mode et carrément abstraites.

    Cordialement.

  2. Rousseau Didier dit :

    ben voyons , pour mieux baiser les travailleurs ,apprenons le à être docile , votre texte c’est un tissu de conneries, faut vraiment être un con de drh pour croire que les salariés vont accepter ainsi sans résister les conditions de la mondialisation qui impose de plus en plus de pression de toute sorte dans les boites. ya que vous pour croire des conneries pareilles

    Salut man , tremble ,les classes qui bossent vont pas tarder à ce réveiller et venir bousculer tes certitudes concernant ce monde instable
    Didier Militant Solidaires entreprise public SNCF

  3. Visiteuse dit :

    A ROUSSEAU Didier,

    Une telle agressivité, est proportionnelle à la peur panique que vous avez-vous et les vôtres de perdre vos privilèges de rentiers.

    Ça peut se comprendre, La générosité bien ordonnée c’est comme la solidarité : elle commence par soi même.
    On agit en faveur de quelqu’un qui préservera mes intérêts tout en sauvegardant les siens.
    Cela s’appelle un échange de bons procédés.

    Votre vision moyenâgeuse n’est qu’un paravent aménagé pour masquer vos intentions car Il est quand même intolérable que ces égoïstes du privé soient totalement « dénués de respect pour l’égoïsme des autres » du secteur public !.

    Le dinosaure ayant été piqué sur la queue par l’insecte, avant même que l’information ne lui soit remontée au cerveau, … Est Mort…

    A bon entendeur Salut, Camarade Didier,.
    Visiteuse : une employée lambda et Libérale.

  4. DV dit :

    Bonjour,

    Je viens de prendre connaissance de votre blog. Si certains billets sont clairs, ce dernier me laisse sur ma faim.

    Pourquoi, selon vous : « (Le capitalisme) ne changera pas, parce que la poursuite effrénée de son intérêt, habite le coeur de l’homme depuis son origine » ?

    Merci.

    DV.

  5. admin dit :

    Bonjour et merci de votre commentaire

    Parce que le capitalisme est la forme d’organisation économique la plus efficace qu’on ait trouvé, jusqu’à aujourd’hui, pour produire de l’argent
    Personnellement, je lui préfère la SCOOP , mais cette forma d’association capital/travail suppose un monde beaucoup plus généreux qu’il n’est;
    Changez le coeur de l’homme et alors peut être pourrons nous abandonner les formes égoïstes d’accumulation du capitaL.

    cordialement

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