Il est toujours facile de dire « il aurait fallu faire ceci ou cela », mais ce n’est pas une raison pour ignorer que l’histoire offre tous les jours aux générations futures des leçons pour l’avenir.
A notre avis, un bon processus aurait dû compter les 5 phases suivantes :
Phase information
1 – Aller voir ce que les autres ont fait « de mieux » ( bench mark )
2 – Ecouter les experts ( COR ou comité d’orientation des retraites )
3 – Ecouter les positions syndicales
4 – Connaître, si elles existent, les positions des autres partis politiques.
Si le budget général doit être temporairement sollicité, tenter de se mettre d’accord sur les grands chapîtres des économies à faire sur les budgets de l’Etat et des collectivités, en faisant jouer le principe de solidarité et la distinction entre dépenses indispensables et dépenses de confort.
Phase concertation
Inviter à une table ronde experts , politiques et syndicalistes pour faire le point de la question, y compris dans sa dimension économique, si possible inviter des syndicalistes et politiques étrangers qui ont réussi leur réforme retraite , pour « ouvrir le champ ».
Phase sensibilisation
Informer les citoyens sur les enjeux et la situation.
Phase négociation
Essayer de dégager un consensus sur des lignes de force avec les négociateurs syndicaux, avant d’entrer dans le détail de la négo.
Exemples de lignes de force :-
- Unifier les régimes en décidant d’une mise en place progressive pour tous les nouveaux fonctionnaires , car on ne peut laisser perdurer un système injuste où ce sont les salariés du privé qui financent en partie les retraites plus favorables des fonctionnaires ( 6 derniers mois au lieu de 25 ans comme période de référence ).
- Adopter un système de retraite par points , dans lequel les salariés touchent une retraite au
prorata des cotisations versées , transformées en points de retraite. Ce système a l’avantage de reléguer au second plan le problème de l’âge de la retraite.
- Favoriser les métiers pénibles en se basant sur les espérances de vie , mais uniquement si la pénibilité ne peut être réglée par d’autres moyens, durant la vie active du salarié.
- Garder le principe que le régime doit s’auto-équilibrer.
- Ne pas augmenter les cotisations des entreprises exposées à la concurrence internationale.
- Demander une cotisation exceptionnelle aux entreprises qui « échappent à l’impôt », tant que le régime n’est pas équilibré.
Phase délibération
- Présenter au Parlement la position retenue par le gouvernement après négociation avec les OS.
Ps ) Considérer qu’en régime démocratique , c’est aux partenaires syndicaux élus et au Parlement , élu, de signer les accords et de voter les lois et que « la rue » , quel que soit le nombre de grévistes , n’est pas un indicateur de ce qu’il faut faire ou ne pas faire.