Parution dans Les Echos du 30 Novembre 2009.
1 – Les agents du public sont les plus malheureux.
Je le savais déjà pour y avoir travaillé, l’Etat patron est le plus mauvais des patrons. Et l’administration d’état, la structure la plus sociale mais aussi la plus inhumaine.
Et les fonctionnaires, sont les personnes qui supportent le plus mal un monde devenu instable et les changements , inéluctables, qui les touchent ( RGPP, changement de statut juridique )
2 – La polémique sur le stress , a été artificiellement montée en épingle par les médias et les syndicats.
Le sondage montre que ce n’est pas, loin s’en faut, une préoccupation importante pour la moyenne des salariés ; nous avions déjà écrit que les suicides touchaient une catégorie particulière de population : des agents ,ou salariés, appartenant à des entreprises publiques ou ex entreprises publiques ( Thalès ) soumises aux lois du marché et de la concurrence.
3 – Les salariés, y compris les cadres, comprennent les actions de protestation violente, quand il s’agit de défendre leur emploi.
C’est désolant, mais beaucoup de français trouvent normal l’utilisation de la violence « pour eux » et la condamnent, probablement, pour les autres ( jeunes des quartiers )
Il reste du travail à faire pour éduquer le citoyen et pour re-crédibiliser le travail de négociation des syndicats.
Il est vrai , qu’une partie du patronat français reste , encore, très peu partageuse….
4 – Small is beautiful .Les salariés des TPE sont beaucoup plus satisfaits que les autres.
Une fois de plus, nous avons raison de dire que l’équilibre managérial s’établit beaucoup plus facilement dans les petites structures, au travers des centres de profit ou de responsabilité .
Qu’attendent encore, les dirigeants des grandes structures, pour les éclater en centaines de PME ?
Ce faisant, ils joueraient coup double : responsabilisation de leurs managers et satisfaction des salariés.
La bureaucratisation extrème, la centralisation du pouvoir de décision, la complexité des structures matricielles, la redondance des procédures de contrôle, le manque de sensibilité , d’humanité , de convivialité de nombre de managers, ruinent le plaisir au travail et la confiance, dans les grandes structures.
5 – Les salariés , y compris les cadres, jugent que les intérêts de l’entreprise ne rejoignent pas les leurs.
Ils condamnent les écarts de salaire installés entre eux et les dirigeants .
Les patrons l’ont bien cherché ( et le MEDEF qui les a défendus , aussi ) , à force de justifier des écarts de salaire injustifiables, de pratiquer une indulgence coupable envers stocks options et retraite chapeaux, en invoquant bêtement la concurrence internationale, ils ont gagné le découplage , entre ce que les salariés considèrent leurs intérêts et celui des dirigeants, l’intérêt de l’entreprise et le leur.
Et il faudra plus qu’une réformette de l’intéressement et de la participation pou réarrimer l’attelage.
Ce fait est très grave . Il signifie que l’équipage s’est rendu compte qu’il ramait beaucoup plus pour les patrons, que pour lui.
Seule la généralisation de l’actionnariat, dans les grandes entreprises, pourra remédier à ce malaise.
Les évènements récents, qui ont vu des centaines de cadres dirigeants d’EADS vendre , précipitamment, leurs actions, a laissé des traces.