Confiance et contrôle

Le premier ministre , François Fillon, a finalement choisi de transformer l’exercice de  » notation » de ses ministres, en  » point d’étape »
Il a eu bien raison.
Je vais vous dire pourquoi :

« Quand le contrôle apparaît, la confiance, souvent, disparaît »
Je ressens dans cette phrase beaucoup de vérité.
J’ai commencé ma vie professionnelle à une époque où le management n’était pas codifié, et ses outils, considérés comme rudimentaires, aujourd’hui.
La parole avait son poids.
On ne consignait pas par écrit chaque entretien, ni ne recourions , pour un oui ou un non, à un avocat , pour officialiser une décision contractuelle.
L’évaluation était quotidienne et personne ne me convaincra qu’un manager, qui vit en permanence avec son équipe, a besoin de consigner par écrit le jugement qu’il porte, jour après jour, sur la quantité et la qualité du travail de ses collaborateurs.
D’ailleurs, derrière une apparente objectivation, c’est bien ce jugement intime qui prévaut.
Mais on refuse encore de le reconnaître !
La confiance était la règle.

La multiplication des reporting et évaluations diverses , importés de pays ayant une autre culture que la nôtre, a-t-elle vraiment conduit les personnels à se comporter mieux au travail ?
La confiance souvent, a disparu.
Les travaux que le salarié faisait spontanément, sans qu’on lui commande, ont disparu ;
Les relations entre salariés, sont devenues plus agressives, compte tenu du stress généré par l’obligation d’atteindre ses objectifs ;
Les missions du poste, figurant dans la définition de poste, se sont effacées derrière une pléiade d’objectifs ponctuels et circonstanciés.

Un jour viendra, où on fera l’examen des plus et des moins apportés par la systémisation des moyens de contrôle mis en place dans les entreprises, ces dernières années.
En agissant ainsi, on croit pratiquer un management moderne.
On se trompe.
On se trompe parce qu’on oublie que le meilleur de l’homme repose sur les défis, souvent très exigeants, que l’individu se fixe à lui-même , parce que le climat managérial , lui donne envie de donner.
Parce que tout est réuni pour qu’il ait envie de donner le meilleur de lui-même : organisation facile, hiérarchie des salaires cohérente, contenu des tâches enrichi, relations faciles et informelles , climat décontracté, arrangements réciproques permettant de concilier vie professionnelle et vie privée , humour et convivialité…

L’action du DRH
Avant de mettre en place un nouvel outil RH, interrogez vous toujours sur ses effets secondaires. ( comme les notices médicamenteuses…)
En comité de direction , attirez l’attention des grands normalisateurs que sont les contrôleurs de gestion et les responsables qualité ou sécurité, sur les effets pervers des outils formels qu’ils veulent mettre en place.

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