Quel que soit le gouvernement, droite ou gauche, la furie législative est une constante de l’Etat français.
L’amour historiquement formé de la bureaucratie, ajouté au souhait quasi irrationnel des français , d’échapper à l’ idéologie libérale produit la nécessité , jamais ralentie, de soumettre à une règlementation serrée la vie des français , des salariés , des entreprises.
Au sortir des bretelles d’autoroutes, pas moins de 4 panneaux m’indiquent que je dois passer de 130 à 110 km / heure, puis de 110 à 90 km/H , puis de 90 à 70 km/H , puis de 70 à 50 km/h !
Outre le coût multiplié de ces panneaux , de leur pose et de leur entretien , ils indiquent en permanence au conducteur français qu’il n’est pas assez intelligent, responsable et compétent pour comprendre qu’il faut ralentir s’il souhaite quitter l’autoroute ….
Ce déni d’intelligence et de sens des responsabilités s’étend bien sûr à la vie des entreprises .
Récemment , législateurs et juges ont travaillé de concert pour signifier aux Dirigeants qu’un mode d’organisation peut être prohibé, compte tenu du niveau de stress qui en est la conséquence .
Ils ont parfois raison, mais c’est la responsabilité du Dirigeant d’y remédier et non à l’Etat de lui dicter la conduite de ses affaires !
Les managers subissent maintenant le stress supplémentaire de ne plus savoir où se situe la limite entre ce qui relève du devoir d’exigence de travail bien fait et ce qui pourrait constituer un début de harcèlement moral.
Quant aux DRH, encadenassés dans les mailles de plus en plus serrées d’un filet de textes, ils passent leur temps à préparer les dossiers qu’ils vont devoir présenter aux instances représentatives du personnel et à enchaîner les réunions de justification :
Emploi des seniors, handicap, égalité salariale se surajoutent à un nombre déjà considérable d’obligations de négociation sociale.
Les conséquences de cette furie législative et règlementaires sont hélas importantes sur les comportements des acteurs sociaux.
A l’heure où l’Europe peine à retrouver un peu de croissance, est ce un signal incitatif envoyé aux futurs investisseurs et employeurs que de réduire à la portion congrue « la liberté de l’employeur » ?
C’est l’envie d’entreprendre , et donc la liberté qui est laissée de le faire, qui créée des emplois et non un décret du ministère du travail .
Le comprendra t on jamais un jour ?
Les abus sont faciles à combattre , les énergies encore plus faciles à décourager !
Côté management : croit on que la bonne manière d’éduquer et de responsabiliser les managers consiste à leur imposer un tel arsenal d’interdictions ?
Les obligations morales qu’on se donne vis-à-vis de ses salariés sont autrement plus fortes que les diktas juridiques.
Côté RH, croit on que c’est en multipliant les obligations de négocier qu’on va régénérer le dialogue social ?
L’envie d’entreprendre, la capacité à manager, la capacité à négocier n’ont pas leur source dans les textes et dans l’obligation, mais dans la qualité des hommes éduqués à l’esprit de responsabilité et d’ouverture.
Par ailleurs, l’énergie déployée ici ne l’est pas ailleurs.
Les dirigeants ne seraient ils pas plus utiles à peaufiner leur stratégie qu’à présider d’interminables séances de discussion sociale ?
Les DRH ne seraient ils pas plus utiles à rechercher les voies et moyens de mieux faire fructifier ( et s’épanouir ) leur capital humain qu’à se transformer en décathloniens de la réunion sociale ?
Conséquence indirecte , le profil des DRH a déjà glissé, glissera de plus en plus vers des juristes rompus à la lecture des textes et à des diplomates spécialistes de la langue de bois.
Or, c’est d’hommes directs, concrets, imaginatifs, inventifs dont ont besoin les DRH des entreprises exposées à de nouveaux salariés et à de nouveaux marchés !
Le secteur public donne déjà l’exemple du choix de Dirigeants qui sont d’abord de bons diplomates sociaux . Mais ils ont au moins l’excuse de ne pas avoir besoin de chercher de nouveaux marchés .