De l’influence de la personnalité, sur la politique RH.

On n’en parle jamais, ou on ne s’en rend pas compte, mais le bois dont vous êtes fait, vos gènes, votre éducation, votre formation, bref, tout ce qui a contribué à forger votre personnalité , n’est pas sans influence sur votre manière d’être DRH.
Prenons un(e) DRH, citadin d’extraction bourgeoise, ayant poursuivi des études de juriste , et ayant occupé un premier emploi, comme adjoint(e) aux relations sociales , dans une grosse entreprise.
Nommé DRH, que croyez vous qu’il ( qu’elle )fit ?
Il y a de fortes chances pour que ce garçon, cette fille, entretiendra un relationnel distancé avec le personnel et une haute idée de sa fonction.
Mais comme il possède une expérience marquée par les relations sociales, il tirera naturellement sa fonction vers le tropisme des relations sociales.

Vous avez déjà remarqué qu’un chimiste voit le monde à travers ses molécules, un ingénieur à travers ses lois mécaniques, et un paysan à travers le cycle naturel du temps et de ses récoltes .
De la même manière, ce DRH là aura tendance à aller vers ce qu’il sait et à donner une importance démesurée aux relations sociales , parce que c’est là, aussi , qu’il est le plus à l’aise.
Les conséquences ne sont pas neutres pour l’entreprise, car il poussera sa direction à institutionnaliser à l’excès les relations sociales, à prélever un temps important au Dirigeant pour les relations sociales, à monter en neige , abusivement, les petites montées de température des syndicats , voire à concéder au-delà du raisonnable, pour construire ou consolider une image de grand expert des relations sociales.
Parallèlement, il y a de fortes chances, pour qu’il n’ait pas les ressources suffisantes , pour nourrir une politique humaine et sociale imaginative et réduira la politique RH aux relations sociales.
Ce type de DRH plaît , en général, aux entreprises où les syndicats ont pignon sur rue.
C’est leur intérêt d’avoir un DRH qui soit un expert social ; ça rassure et puis les syndicats sont contents : Ceci ne leur donne que plus d’importance !
Mais attention, donner trop d’importance au social , risque de se payer en lacunes graves , dans tous les autres champs, forcément un peu délaissés, de la politique RH.

Si mon DRH possède un DESS en ingéniérie de formation et a commencé sa carrière comme responsable emploi formation, à quoi pensez vous qu’il accordera le plus de temps ?
A l’élaboration du plan de formation et à la mise en place d’une GPEC, bien entendu !

Si mon DRH est un ingénieur, ex opérationnel du commercial , comment pensez vous qu’il va occuper sa fonction ? Il y a de fortes chances pour que ce DRH là travaille à décentraliser et débureaucratiser la fonction RH , auprès de ses ex collègues opérationnels , de manière à remédier aux inconvénients qu’il a lui même connus, comme client d’une DRH centralisée et bureaucratisée à l’excès.

Si mon DRH est un ex contrôleur de gestion, il passera sa vie de DRH , la calculette à la main, à comparer ses ratios de main d’oeuvre avec les entreprises les plus compétitives de la branche.

Je n’ai pas encore abordé a question du style du DRH ! Mais , lui aussi, est le reflet direct de la personnalité de l’homme.
J’évoque pour mémoire le style des DRH , ex militaires de carrière.
Je mentionne le style paternaliste et un peu hypocrite, de tous ceux qui veulent le bien des hommes, mais n’osent pas assumer en face, l’inconséquence de quelques échantillons de la nature humaine.
J’insiste sur la dominante, aussi sérieuse qu’administrative, d’une grande majorité de DRH.
Avec eux, interdit de rigoler , car ils croient que faute d’adopter, en permanence ,une tête de gardien de prison, leur compétence et le respect qu’on leur doit s’envolent !
J’évoque aussi le style besogneux , mesquin et lèche cul de ces DRH , complètement dépassés par leur fonction, et qui , se prenant pour le calife, jouent au petit chef.
Apparemment, la fonction RH n’aurait besoin ni de créatifs, ni d’imaginatifs, ni de gens normaux , aimant faire la fête et ne se prenant pas le chou !
Or, probablement plus qu’une autre, la politique RH a besoin d’être irriguée en permanence de solutions nouvelles , pour garder un peu d’intérêt au travail , à ces bataillons de salariés qui n’en trouvent plus !
Elle a besoin de ses Bill Gates et de ses Steve Jobs, et de chasser tous ces bonnets de nuit qui encombrent encore ses couloirs.

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