En finir avec les présentations obscures et ennuyeuses

Il est une faiblesse que je constate très souvent
Cette faiblesse atteint aussi bien la rédaction des mémoires des étudiants et des stagiaires que la présentation que peuvent effectuer les cadres en comité de direction
La même faiblesse peut atteindre les DRH quand ils interviennent en réunion
Cette faiblesse tient à une présentation calamiteuse de leurs rapports ou de leurs interventions

La médiocrité de ces présentations n’est pas le fait du hasard
Elle est le résultat d’une approche académique des problèmes, d’origine universitaire
Elle est aussi le résultat d’une incapacité intellectuelle à synthétiser
Elle est le reflet d’une approche française qui consiste à traiter les problèmes de manière professorale qui ne permet pas de hiérarchiser l’essentiel et l’accessoire
Elle est surtout la conséquence d’une approche théorique et excessivement conceptuelle des choses

Toutes ces approches ont pour conséquence de conduire à une incapacité forte à structurer sa pensée

Cette faiblesse a pour résultat que les auditeurs ont de la peine à discerner clairement le contexte du dossier, la problématique, les éléments de solution, le choix de la solution et les moyens de sa mise en œuvre
La présentation de la problématique est toujours la partie la moins maîtrisée par l’intervenant : Quel est le problème ?
Et il arrive même souvent qu’on se demande à quoi veut bien nous amener l’orateur …

Contrairement au travail universitaire, le travail en entreprise doit conduire à choisir une solution, à discerner les moyens et le coût de sa mise en œuvre , non à faire une thèse !

Deux remarques doivent être faites à ce sujet :

La première tient au fait que la pensée s’éduque et se met en ordre après un long apprentissage intellectuel donné par le fait de suivre des études longues et structurantes

La seconde remarque à faire consiste à souligner le fait qu’à ce long apprentissage, il faut adjoindre une méthodologie de traitement des problèmes enseignée en formation continue mais absente des écoles.

C’est ainsi que l’addition de formations courtes et qualifiantes, si elle confère des savoirs et savoir faire, ne saurait avoir pour effet de remplacer le difficile ahannement de la pensée sur les chemins épineux des cursus longs.

C’est ainsi que les niveaux de formation ne sont pas additionnables du point de vue de l’apprentissage de la pensée :
Bac + 2 + 2 ne peut égaler Bac + 4
A l’inverse, BAC + 4 ne peut équivaloir Bac + 2 + 2 en matière d’acquisition de qualifications ou de savoir faire

Mais attention, les BAC + 4 ne procurent pas tous les mêmes effets bénéfiques sur l’apprentissage de la structuration de la pensée :
Un Bac + 4 en lettres n’équivaut pas, par exemple, un Bac + 4 en droit, à la logique presque aussi forte que la logique mathématique

Conclusion :
L’organisation des études non suffisamment structurantes doit absolument s’accompagner de l’apprentissage d’une méthodologie de traitement des problèmes
Cette MTP , facilement accessible, donne des résultats très probants auprès de tous les publics
Cette formation doit être complété par une formation à l’expression orale et au maniement des outils de présentation

Les rapports et présentations y gagneraient beaucoup en clarté et en percussion et rendrait enfin intéressantes et efficaces les réunions de travail en entreprise.

L’action du DRH

1 – Bien discerner l’apport respectif des études longues et des études courtes dans la consolidation du capital compétences de l’entreprise

2 – Valoriser plus qu’actuellement l’apport des recrutés d’origine universitaire et diversifier le profil des recrutés ( sortir de la bi-culture ingénieurs / écoles de commerce dans le recrutement des cadres )

3 – Organiser de manière massive une formation à la méthodologie de traitement de problème pour tout l’encadrement

Laisser une réponse