Est-ce que l’art du compromis a toujours du bon ?

Obama, Merkel et Sarkozy subissent tous en ce moment de mauvais sondages.
Ils ont en commun d’avoir beaucoup , beaucoup trop ? compromisé !
Le premier, avec les banquiers, la seconde avec les grecs et le nucléaire, le troisième , avec ses réformes .

Pour beaucoup, surtout, en France, l’art du compromis est un signe de bonne éducation.
Je demande 100, tu m’accordes 50 et tout le monde est content.
Et si finalement , personne n’était content ?
Parce que 50 accordés sans raison , au seul motif de couper la poire en deux et de se débarrasser du problème, c’est 50 de perdu !
Parce que 50 reçus , quand le quémandeur estimait juste et fondée sa revendication de 100, est une mauvaise réponse !

Qu’est ce qui nous pousse ainsi à toujours nous compromettre ?
On se compromet quand on accorde 50, alors qu’on est convaincu qu’il ne fallait pas les donner .
On se compromet quand on accepte 50 alors qu’on est convaincu que l’affaire valait bien 100 et rien de moins.

Les grands comprometteurs ont pourtant laissé de mauvais souvenirs dans l’histoire de France
. Vercingétorix en fut un et plus tard Pétain : en faisant don de sa personne à la France et celle-ci , en l’acceptant, ils ont , ensemble, passé un bien mauvais compromis !

Le Maréchal ne l’a pas du tout donnée et est mort dans son lit , quant à la France , elle a reçu en cadeau la honte et la cessation temporaire d’une bataille.

L’histoire , en revanche a retenu les noms de féroces anti comprometteurs , réels ou imaginaires : Roland , Jeanne d’Arc, Jeanne Hachette, Charles Martel, Churchill, Thatcher, de Gaulle.

La vie des entreprises bruisse d’incessants compromis : sur l’exactitude des horaires, sur la rigueur du travail effectué, sur la justification de telle ou telle prime, sur la sanction de telle ou telle faute , sur la promotion de tel ou tel talent !

Comment rendre justice sans tomber dans le compromis imbécile est toute la question.

Ainsi, un DRH doit il absolument refuser de donner 50, si ces 50 là sont sans objet , même si 5000 les demandent et donner 100, s’ils sont justifiés, même si ces 100 là sont revendiqués par tel ou tel syndicat, et même si, personne ne les réclame , parce que, en justice, ils sont dus !

Ainsi un président doit il conduire jusqu’au bout sa réforme des retraites s’il pense , chiffres et non seulement arguments à l’appui, que c’est la seule solution pour le pérenniser , même si tout le monde est , temporairement , contre lui !

Et les syndicats et les partis de gauche, ne rien accepter du tout, s’ils sont convaincus que la réforme proposée est 100% mauvaise, chiffres et non seulement arguments à l’appui.

Néanmoins, savoir concéder , si la concession est la seule voie intelligente pour progresser et qu’en même temps, elle préserve une certaine paix est sans doute préférable à l’entêtement dans une voie incertaine , garantissant une longue épreuve de force .

Tout est affaire de situation. Parfois il faut tenir et rien concéder , et parfois, il faut savoir concéder.
tout le problème est de bien identifier l’enjeu de la situation.

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