IL y a quelques années, ma route a croisé celle des JD : ces jeunes patrons , membres de ce que l’on qualifie parfois « d’aile marchante du patronat » , le Centre des jeunes dirigeants.
Ce sont , en général, des patrons de PME, plutôt autodidactes, mais qui possèdent, eux, un vrai esprit d’entreprise et qui cherchent , sincèrement, la voie d’un patronat humaniste.
Au moment où nos dirigeants politiques, comme le MEDEF, cherchent la voie d’un nouveau capitalisme, j’ai jugé opportun de ressortir un document « ancien » déjà, mais qui a gardé toute sa force « révolutionnaire » : la Charte du bien entreprendre du CJD.
J’ai cru utile d’assortir chaque proposition de quelques commentaires.
1 – Faire participer les femmes et les hommes à l’élaboration du projet d’entreprise
Le faire en cabinet, avec ses proches , c’est plus jouissif, pour beaucoup !
2 – S’entourer de collaborateurs forts, capables de remettre en cause le dirigeant.
Là, c’est le licenciement sur le champ !
3 – Assurer la formation économique de l’ensemble du personnel
C’est indispensable et tellement logique. Je n’ai pu le faire qu’une fois dans ma vie de DRH, dans le groupe transports Graveleau. Bravo à la clairvoyance de Joel Graveleau !
Il faudrait aussi en faire bénéficier au moins la moitié du personnel politique.
4 – Veiller à ce que les responsabilités exercées soient fondées sur la seule compétence professionnelle.
Il y a beaucoup de chemin à parcourir pour chasser le népotisme, surtout dans les PME.
5 – Se former et former ses collaborateurs à ne pas décider seul.
Attention au mirage du la démocratie économique. Tout dépend des décisions à prendre.
Mais il est vrai que si le patron a su créer une vraie communauté d’entreprise, décider ensemble est jouissif.
6 – Faire prendre les décisions au niveau le plus bas et pratiquer ainsi la délégation montante.
Oui , l’empowerment est une chose positive .Mais pas de démagogie, le bon niveau de décision est celui qui est le plus concerné par la décision à prendre.
7 – Se former et former ses collaborateurs aux nouvelles techniques de communication.
Et aux autres … !
8 – Faire connaître et commenter les salaires, le compte de résultat et le bilan.
La transparence, qui est bien plus que l’information, suppose un esprit d’ouverture, une grande capacité à faire confiance, et une vraie sincérité.
Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir ouvrir les livres de compte
sans avoir peur : le chemin de la vertu !
9 – Permettre au personnel et à ses représentants d’avoir accès à tout moment aux chiffres permettant le contrôle de la réalisation des objectifs.
Il faut voir les modalités du « à tout moment »
Pour le reste, tout dépend du climat de confiance qui a pû s’instaurer avec ses partenaires sociaux. Mais sans vérité, il n’y a pas de dialogue social honnête et pas de progrès, d’une manière générale.
10 – Définir, par la négociation, la règle du partage de l’augmentation de productivité et du profit.
Bien avant le président Sarkozy, le CJD s’est préoccupé du partage .
11 – Constituer un portefeuille de projets prêts à prendre le relais du présent.
Penser l’avenir est d’évidence pour un patron.
Hein ? les constructeurs auto !
12 – Ecrire et mettre en application une politique d’innovation.
Oui, dans tous les domaines.
Il faut redonner à l’imagination et aux créatifs le premier rôle dans l’entreprise, et remettre les comptables à leur vraie place.
13 – S’imposer régulièrement un regard extérieur à l’entreprise de type stagiaire ou audit.
Message aux entreprises qui cultivent l’esprit maison, la promotion interne à tout crin et la monoculture. Elles sont nombreuses et en sont fières, en plus !
14 – Participer au système éducatif en enseignant soi même et en ouvrant son entreprise aux enseignants.
Il y a eu des tentatives. Mais , actuellement, j’ai plutôt le sentiment qu’on recule : les écoles font la chasse aux enseignants chercheurs , aux dépens des praticiens d’entreprise, pour augmenter leur rating dans les classements internationaux. La formation devient plus internationale mais aussi de plus en plus déconnecté des réalités de 90% des entreprises françaises.
Il y a hélas trop peu de cadres volontaires pour enseigner. Le salaire qu’on leur propose est tout sauf incitatif.( sauf exception )
De plus, les évaluations annuelles ne tiennent pas compte de cet engagement. Dommage !
15 – Consacrer 20% de son temps à l’engagement patronal , associatif, éducatif et politique.
Oui, mais il faut que les chartes d’entreprise l’encouragent. Sinon, c’est une pénalisation !
16 – Être présent dans l’instance où se prennent les décisions ayant une incidence sur l’entreprise.
Même observation que pour la proposition précédente.
17 – Faire connaître largement les réalisations de l’entreprise à l’extérieur.
Oui, mais une trop grande exposition peut être dommageable en interne. La priorité, c’est l’interne, attention à ne pas inverser les priorités.