ressources humaines : la compensation carbone appliquée à la gestion des ressources humaines

J’ai parfois le sentiment que certaines personnes ne vivent pas dans le même monde que moi,
qu’elles soient hommes politiques, journalistes ou DRH.
Dans le dernier cahier « REUSSIR » de l’Express du 20 au 26 Novembre, je découvre que l’on vient de créer un observatoire de la parentalité en entreprise .

L’objectif de cet observatoire, dont le fonctionnement fera quelques heureux planqués, est de permettre de soutenir les entreprises signataires d’une charte sur la parentalité , dans leurs engagements !
Loin de moi l’idée de contester tout ce qui peut être fait pour faciliter la vie des parents au travail, mais, sincèrement, un DRH n’a-t-il pas d’autres priorités que celle là ?

Je sais que « la vie personnelle n’est plus taboue au bureau », mais je croyais que nous étions en train de vivre une des pires crises de notre histoire……

Dans le même cahier, je lis que « crèches et conciergeries d’entreprise, temps partiels, congés sabbatiques, sont plébiscités par les salariés »
Quand je lis tout ça, j’ai le sentiment diffus que deux types de GRH ( gestion des ressources humaines ) s’appliquent à deux catégories de salariés, comme coexistent deux catégories de consommateurs : les clients low cost et les clients haut de gamme.
Pour les salariés low cost , les cellules d’orientation, les bilans de carrière, les difficiles reconversions….
Pour les salariés haut de gamme, les conciergeries, les crèches d’entreprise et…… la charte de parentalité.
Ne rêvons pas, le monde a toujours fonctionné comme cà !

Néanmoins, c’est la coexistence des situations qui pose problème.
De la même manière qu’on reproche souvent à nos politiques leur train de vie dans une période difficile pour beaucoup de leurs concitoyens, il me paraît pour le moins délicat que des personnes soucieuses de gestion des ressources humaines, traitent de problèmes de conciergerie d’entreprise, au moment même où le monde est confronté à une crise d’importance et où tant de salariés sont licenciés, en passe de l’être, ou craignent pour leur emploi.

Ou alors, je veux bien en parler , mais à deux conditions :

- La première est que je sois certain, avant de me préoccuper de conciergerie d’entreprise et de charte de parentalité, qu’il n’y a pas de problèmes RH plus importants à régler dans mon entreprise. ( ce qui m’étonnerait )

- La seconde est que, à chaque fois que je crée un avantage qualifié de confort, pour mon personnel , je cherche la compensation économique de cet avantage, de la même manière que les gens soucieux d’écologie recherchent la compensation carbone d’une pollution inévitable.
Car , ce qui me gène dans ces nouvelles pratiques RH, c’est qu’on a oublié que la mondialisation nous mettait dans l’obligation de nous soumettre à un régime draconien, si nous voulions survivre.

« La maison brûle et nous regardons ailleurs » disait l’ex président Chirac au sommet écologique de Johannesburg.
On pourrait reprendre la même expression pour le management de nos entreprises !
Le monde est en train de vivre une énorme révolution économique, doublée de plusieurs crises , et nous , nous continuons de nous adonner à nos plaisirs de riches, comme si de rien n’était.
Y compris dans la dimension RH .
Je préconise donc , qu’à chaque fois qu’est introduite une facilité de confort pour nos salariés, on recherche sa compensation pour l’entreprise et ses clients.

Par exemple , si j’accorde le mercredi non travaillé à toutes les mères de famille, je recherche avec les partenaires sociaux, la mesure qui permettra de compenser cette facilité qui va forcément générer une contrainte ou un désavantage, pour le fonctionnement de l’entreprise et par voie de conséquence, pour ses clients.
Il ne me semble plus possible de travailler à sens unique parce que notre niveau de vie ne nous le permet plus.
Il faut absolument adopter de nouveaux comportements RH , qui consistent à introduire de la réciprocité dans tous les avantages consentis , quand ces avantages sont des éléments de confort.
Je propose que nous appellions cette nouvelle pratique, la compensation concurrentielle d’ avantages de confort .

L’action du DRH
Prenez de la hauteur : traitez d’abord les problèmes de fond plutôt que les problèmes de confort ou les thèmes RH à la mode.
Prenez aussi conscience de votre dimension économique, en veillant à concilier développement économique et développement social.
Les temps que nous vivons ne ressembleront plus au temps passé : réajustez vos pratiques RH en conséquence.

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