La disparition des ateliers Lejaby est notre responsabilité collective

C’est fait, « les Lejaby » vont retourner chez elles, certaines après des dizaines d’années d’efforts, de pression, mais aussi de partage , de plaisir, de solidarité, de fierté professionnelle. Et leurs articles de bonneterie se feront dorénavant dans de petites mains tunisiennes.

Je ne connais pas les comptes de la société LEJABY et peut être n’y avait il effectivement rien à faire, mais est ce toujours le cas ?

Simplement un doute m’assaille, et je me demande soudain s’il n’y a vraiment rien à faire que verser des larmes de crocodile et si la délocalisation ne serait pas parfois l’alibi d’une somme d’égoïsmes privés et publics ?

Souvent, je pense que les ateliers qui quittent la France pourraient y demeurer aux conditions suivantes :

- Que les actionnaires soient un peu moins voraces sur la marge et le gain, ne cherchent pas à
gagner toujours plus et se contentent de gagner bien, ou suffisamment…

- Que les syndicats ne se livrent pas, si c’est le cas, à des surenchères salariales hors de propos avec le contexte économique de l’entreprise ou, surtout, refusent d’examiner des formules susceptibles de permettre à l’entreprise de traverser une mauvaise passe, en acceptant temporairement une baisse des salaires et des horaires, ou même la disparition ou transformation de certaines primes, de certains avantages, devenus sans objet avec le temps et qui plombent l’entreprise.

- Que l’Etat et les Organismes sociaux acceptent temporairement de réduire ou suspendre les dettes fiscales et sociales des entreprises en situation délicate.

- Que les comptables, commissaires aux comptes, avocats et conseillers en tout genre acceptent de ne plus exiger des honoraires de ministres !

- Que les collectivités locales et territoriales consentent à amoindrir ou même suspendre le poids de leur fiscalité.

- Que les clients français des productions de ces ateliers français acceptent de payer un peu plus cher ces
produits pour garder l’emploi en France et donc préserver une parcelle de richesse nationale.

- Que les sociétés prestatrices de service de ces ateliers en difficulté acceptent de moduler le prix de leurs services quand leurs clients traversent une mauvaise passe. ( Formation, transports, publicité…) ou sont exposés à la concurrence internationale.

- Que l’Etat mette en place une fiscalité différente selon que l’entreprise est exposée ou non à la concurrence internationale.

- Que la législation du travail ( et l’inspection du travail ) tienne compte des entreprises qui ont à lutter contre une concurrence étrangère sauvage, en acceptant d’assouplir les règles et les contraintes multiples qui s’exercent en France sur les entreprises.

- Que chaque région soit dotée d’un organisme public, animé par des professionnels de l’entreprise et de l’administration ainsi que d’un représentant des syndicats, chargé d’accorder un label aux entreprises placées en situation de concurrence internationale sévère, de manière à les bénéficier de tout ou partie des avantages décrits ci-dessus ( régime dérogatoire revu régulièrement en fonction de l’évolution de la situation ) sans avoir à faire une tonne de formalités auprès de chacun des organismes sollicité.

Si, après avoir lu cet article, vous pensez que « C’est stupide, compliqué, impossible à faire, un effet d’aubaine pour les patrons, une nouvelle manière d’amputer les avantages acquis etc.. » c’est que vous acceptez implicitement que les choses continuent d’aller comme elles vont, c’est-à-dire mal, et que l’on ne peut rien faire ! Qu’il n’y a plus qu’à se coucher à l’ombre.

Un commentaire sur “La disparition des ateliers Lejaby est notre responsabilité collective”

  1. Sopotec dit :

    « - Que l’Etat mette en place une fiscalité différente selon que l’entreprise est exposée ou non à la concurrence internationale. »

    Cher Monsieur, nous sommes dans l’Europe et ce genre de solutions n’est plus du ressort de l’État français. Sauf à sortir de l’Europe. Certains y pensent.

Laisser une réponse