Le DRH , préfet de l’empire ?

Napoléon III, disait :
« J’attache la plus grande importance à la stabilité des préfets dans leur département.
Un préfet médiocre , mais qui connaît depuis longtemps le pays, vaut mieux qu’un préfet distingué , de passage »

Et si on remplaçait le mot « Préfet », par le mot « DRH » ?
C’est tout le rôle du DRH, qui est posé à travers cette phrase.

Un certain nombre de patrons, j’en ai connus, partagent tout à fait l’avis de Napoléon III.
Ce qu’ils attendaient de leur DRH, ce que certains attendent encore, c’est qu’il connaisse le plus intimement possible le maximum de salariés, tous si possible, et que, par le jeu des circonstances, il ait rendu suffisamment de services aux uns et aux autres, pour que ceux-ci, y compris les syndicalistes, soient devenus ses obligés !

Le DRH, dans cette acception, c’est un majordome, doublé d’un Foucher.
Cette politique RH se résume à cultiver une multitude de relations personnelles, de sorte qu’on puisse utiliser cette proximité, au moment opportun, si un autre enjeu , autrement important pour l’entreprise, le commandait.
La nature humaine étant ce qu’elle est, combien d’individus cèdent, ont cédé , pour des enjeux personnels, à des positions de principe que leur rôle, ou leur responsabilité, leur commande ou leur aurait commandé de prendre…

Ce n’est, bien entendu, pas notre conception de la fonction RH et du DRH.
Là où le mot de Napoléon III nous oppose, c’est que le choix n’est pas entre un Préfet qui connaît bien son monde et un préfet distingué, mais entre un Préfet qui connaît son monde et un Préfet, qui, même s’il reste peu de temps, a fait bouger les lignes !
Le rôle du DRH, selon nous, est stratégique beaucoup plus que tactique.
Il consiste à dégager les lignes de force d’une politique RH qui satisfera, à l’optimum, les intérêts de l’entreprise et ceux des salariés.
Son rôle exige du recul et suffisamment de temps dégagé pour tracer ces perspectives.
Si l’interpersonnel, le ponctuel et le quotidien l’absorbent tout entier, quel temps et quelle disponibilité d’esprit lui restera t il pour jouer son rôle stratégique ?

Par ailleurs, dans un monde où la mobilité est la règle et où la multiculturalité est indispensable, je ne vois pas pourquoi le DRH serait le seul être stable et à ne connaître qu’une seule culture d’entreprise !
C’est d’ailleurs sa propre multiculturalité qui est une richesse pour l’entreprise, plus que sa connaissance accumulée de la petite histoire de l’entreprise, même si cette connaissance n’est pas sans intérêt.

L’action du DRH
Le DRH a un rôle relationnel incontestable.
Mais ce rôle doit être choisi et ciblé.
Dans la gestion de votre temps, compte tenu des incontournables, il vous faudra « ferrailler ferme » et déléguer fortement, pour conserver le temps nécessaire à la réflexion stratégique ainsi qu’au pilotage des grands chantiers RH que vous aurez lancés.
Ne soyez pas un DRH à la petite semaine, même si nombreux sont ceux qui voudraient vous y cantonner !

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