Le management « à la française » ( suite )

3 décisions récentes, prises dans l’actualité, confirment la poursuite de certains de ses errements par le management français.

1 – L’Ego surdimensionné de certains dirigeants pose problème.
EDF et VEOLIA vont avoir le même patron.
Il n’y a qu’en France qu’un homme , même de qualité, peut imposer ses caprices, aux organes de gouvernance : Etat et conseil d’administration de VEOLIA.
Mr Proglio, qui se trouvait bien à VEOLIA, mais était quand même flatté de passer pour l’homme incontournable de la situation , à EDF , n’a pu résister à l’envie de n’accepter, qu’à condition de ne pas choisir.
Es ce vraiment sérieux de laisser à un seul homme la gouvernance d’un groupe de 500.000 hommes ?
Bien sûr que non.

2 – Le mode de sélection des dirigeants d’entreprises publiques, ou parapubliques, pose problème.
L’Etat n’a pas choisi par hasard monsieur Proglio, PDG de Véolia et patron pressenti d’EDF.
Il passe pour un « patron social » et avait , semble t il, l’aval des syndicats.
Une fois de plus, en France, l’Etat administré n’a pas le courage d’imposer un patron qui ne serait pas adoubé, dans une entreprise où il a des participations. Ceci ne pourra pas ne pas avoir d’incidence sur la tonalité du management du dirigeant.
Entre parenthèse, le qualificatif de « patron industriel » est usurpé.
VEOLIA ne fabrique ni de la fonte , ni des voitures. C’est un distributeur et un prestataire de services ( surtout aux collectivités )
La culture de VEOLIA est largement para publique ou, au minimum, institutionnelle, habituée à dealer avec des fonctionnaires et des élus.
Et pas du tout de type « privé », au sens où on l’entend. C’est d’ailleurs pour celà que le patron passe pour social…
Et on ne me fera pas croire qu’il ne se trouve , en France, qu’un homme pour aider à l’internationalisation d’EDF !
Il se trouve encore, par hasard, que Mr Proglio fait partie du cercle intime des amis du Président.

3 – Les décisions hâtives et empreintes d’émotion de certains dirigeants, pose problème.
Le Patron de France Télécoms, a décidé de supprimer la mobilité triennale des cadres.
Sous le coup de l’émotion et la pression de l’Etat et des médias, sans même attendre le résultat de l’audit, le patron décide de suspendre la mobilité des cadres , qui est la condition de leur adaptation permanente.
En effet , le cerveau ne fonctionne qu’autant qu’il rencontre des situations nouvelles.
Enlevez lui ces occasions et il s’enferme dans la routine et ronronne.
Ce qui est en cause, c’est l’humanité des entreprises publiques ou ex publiques.
Ces entreprises sont hypertrophiées du social et complètement démunies d’humanité.
Parler de mode , en faisant référence aux suicides en chaîne, désigne la difficulté du Dirigeant à saisir la dimension humaine des situations.
L’accession, sans doute très ouverte au statut de cadre, chez France Télécoms, y a fait accéder, probablement aussi, beaucoup de personnes, peu aptes à assumer les contraintes de ce statut.
La volonté farouche de ne licencier personne et de faire évoluer tout le monde vers les nouveaux métiers de France Télécoms est une décision généreuse mais idéaliste et inconséquente, dont syndicats et dirigeants portent la responsabilité, avec les conséquences que l’on mesure aujourd’hui.
Non , avec des tonnes de formation, tout le monde ne peut pas faire n’importe métier , en terme de savoir faire, mais aussi, surtout, de savoir être!
Un câbleur aura toujours beaucoup de peine à faire un télé-opérateur !
Et il vaut mieux , toujours, quitter l’entreprise et se reconvertir à l’extérieur , que d’y rester à tout prix, pour finir par perdre la vie !
Par ailleurs, nous avons dénoncé, en son temps, l’imbécillité d’un décalque brutal du management par objectifs , à des populations latines qui ne fonctionnent pas du tout comme les anglo saxons. Cette pratique est positive si elle reste mesurée et raisonnable.

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