Les 50 000 euros des « Conti »

C’est fait !
Chaque salarié licencié par Continental, recevra 50.000 euros, plus un congé de reclassement porté à 23 mois.
Cette nouvelle est heureuse pour ces salariés.
Elle est dommageable pour le dialogue social :
Car, elle donne raison une fois de plus aux casseurs sur les négociateurs.

Arrivera t on jamais, en France, à avoir un dialogue social de qualité, si, à chaque conflit , les parties en présence ne prennent pas en compte, non seulement le préjudice subi par les salariés, mais aussi les possibilités financières de l’entreprise ?
Si Continental peut donner 50 000 euros , c’est qu’elle pouvait déjà le faire.
Et si elle pouvait le faire, elle aurait dû le faire.
En négociation, pour ne pas céder à la surenchère et rester crédible : si on peut le faire, on doit le faire;
si on ne peut pas , on ne peut jamais, c’est à dire qu’on ne peut , même sous forte pression, accorder aujourd’hui, ce qu’on ne pouvait absolument pas accorder , hier !
C’est la seule manière d’échapper au fameux  » rapport de forces » que certains syndicats considèrent comme le moyen ordinaire de négocier : on crée un rapport de forces favorable, puis on négocie.
Bien entendu, cette théorie ne se comprend qu’entre gens de même mentalité : A patrons inaptes à la négociation raisonnable , correspondent forcément des syndicats enclins au rapport de force.
C’est hélas, un peu, l’histoire sociale de notre pays !
A patrons aptes à la négociation équilibrée, devraient correspondre des syndicats aptes à la négociation.

Comment fixer le montant du préjudice ?
En partant de ce qu’on donne à un cadre avec lequel on a négocié une transaction , tout simplement .
On sait depuis longtemps que ce préjudice est compensé, en moyenne , à hauteur de 2 ans de salaire, pourquoi ne pas utiliser la même règle pour les autres salariés ?
Si un salarié de continental gagne en moyenne 25000 euros nets par an, 50 000 euros nets d’indemnités est une somme équitable.
S’ils gagnent plus, 50 000 euros est une somme insuffisante.
Il faut se rappeler qu’une indemnité , même importante, divisée par le nombre de mois de salaire que vous accorde un emploi permanent est peu de choses…..

Par ailleurs, l’uniformité n’est pas la justice.
Cette somme devrait être modulée selon les situations : majorée pour le père de famille de 45 ans qui a 3 enfants à charge et un CAP de mécano et qui aura beaucoup de peine à retrouver du travail, minorée pour le jeune célibataire diplômé , mobile et sans attache et qui devrait rapidement se repositionner sur le marché du travail.

L’action du DRH
En négociation, raisonnez toujours de manière simple et juste !
Et non par rapport à ce que votre employeur est prêt à concéder.
Car il n’est prêt à concéder , le plus souvent, que le moins possible.
Dites lui qu’en agissant ainsi, il a tort !
En faisant preuve de ce courage et de cette capacité de persuasion, sachez que le temps et les évènements finiront toujours par vous donner raison.
Mais au début, le casseur de l’ entreprise, ce sera vous…..

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