En 12 ans, la marque allemande AUDI, a doublé ses ventes et a réussi l’exploit de se hisser dans le créneau hyper sélectif des marques dites Premium, avec Mercedez et BMW.
Comment a-t-elle fait ?
Cinq raisons, au moins , expliquent un tel résultat !
Le première tient à la qualité des matières premières utilisées : d’infinies séances de torture permettent d’éliminer tous les produits , peausserie ou métal, qui seront sélectionnés.
Ici, pas de concession à la qualité, pour payer trois sous moins cher, un produit !
Comme on le voit trop souvent partout, aujourd’hui.
La deuxième raison tient , on l’a vu, aux innombrables tests et essais , qui précèdent la mise sur le marché. Et on a tous en mémoire ces voitures françaises lancées trop tôt pour lesquelles c’est l’utilisateur qui a servi d’essayeur !
La troisième raison tient à la qualité des outillages. Lors du passage de chaque tôle, les tolérances sont calées à 20 ou 30 microns, soit la moitié de l’épaisseur d’un cheveu !
La quatrième raison tient au refus de l’à-peu-près.
Cette précision suisse dans l’assemblage des pièces , ne peut être que le résultat d’une exigence et d’une rigueur , dont ne sont capables que les meilleurs.
La cinquième raison tient à l’organisation. Le service qualité est rattaché directement au président du Directoire et a tout pouvoir. Il a le pas sur les producteurs.
Dans les années 80, les japonais nous avaient convaincu d’utiliser l’intelligence des salariés, organisée en cercles de qualité.
Cette idée a tout de suite séduit , dans un pays où l’imagination est reine, les idées généreuses sur le facteur humain, innombrables, et la peur de se faire mal , pour essayer d’atteindre à la rigueur, atavique….
Le premier, j’ai mangé de ce pain , avec quelque succès et en repoussant dédaigneusement l’avis du directeur de production de l’époque , de culture US, qui, était, lui, un grand apôtre de l’exigence et de la précision.
J’avais tort de tout miser sur le facteur humain.
Je le reconnais aujourd’hui.
Passé l’effet de mode des cercles de qualité, les entreprises françaises ont cru trouver dans l’accumulation des procédures qualité , la vraie planche du salut.
Las, ces procédures ont beaucoup surchargé l’arsenal bureaucratique de l’entreprise et fort peu pénétré la tête des salariés…
Elles ont eu néanmoins le mérite de focaliser l’attention, sur l’importance de mettre un peu plus de rigueur , dans les manières de travailler et de normaliser les pratiques individuelles.
Ce retour historique souligne, que rien ne saurait remplacer l’importance d’une culture professionnelle , faite de rigueur, d’exigence, mais aussi de capacité à permettre à la créativité de s’exprimer.
Quand je vois comment, dans nos écoles françaises, aujourd’hui, on traite la rigueur orthographique , distribue les diplômes à tout va et remonte gaillardement toutes les notes à la moyenne , dans les réunions de jury, je mesure que l’exigence ne fait , sauf exception, plus partie de nos valeurs.
L’amour vrai est exigeant et non complice de la fainéantise, du laisser aller, de l’ à peu près, des horaires approximatifs, etc…bref, de tout ce qui incite et porte à la médiocrité.
Dans la grande compétition mondiale, cette carence se paiera de plus en plus cher.
Heureusement, il nous reste la créativité !