Est ce notre culture judéo chrétienne ?
Est-ce notre imprégnation sociale ?
Toujours est il qu’on parle rarement et même jamais du constat suivant.
Les bons travaillent avec les bons et les « moins bons » avec les moins bons ;
Par « bon » , ne cherchez pas de jugement moral, mais entendez « performant ».
Ainsi donc, les performants se regroupent entre eux et les moins performants aussi ;
C’est comme le classement au tennis, ou celui des divisions de football.
Ainsi donc les gens se retrouvent « triés » , sans qu’ils en prennent toujours vraiment conscience par catégorie .
Mais comment ce tri se réalise t il ?
Tout simplement par niveau d’exigence.
Les organisations exigeantes recrutent des salariés censés répondre à leur niveau d’exigence , les moyennement exigeantes font de même et ainsi de suite.
Quelles sont les organisations exigeantes ?
Ce sont celles qui sont le plus contraintes par un impératif de réussite ou de résultat.
Ainsi peut on dire qu’une école d’excellence qui veut conserver son classement international sera exigeante avec le niveau d’entrée de ses élèves, mais aussi qu’une organisation commerciale, pressée de réaliser des taux de profit importants , veillera à ne recruter que des managers capables de les réaliser.
Ces managers , au profil particulier, recruteront eux-mêmes des équipes susceptibles de leur permettre d’atteindre les objectifs exigeants, que le conseil d’administration attend d’eux.
C’est ainsi qu’on a, en résultante, une entreprise dont tous les membres se doivent d’être excellents , entendez , les plus performants.
Le niveau d’exigence est maintenu par une discipline de fer : la moindre mauvaise note, la moindre insuffisance, sont immédiatement sanctionnées.
A l’inverse, on trouve des organisations « moins durement contraintes ».
Dans ces organisations , l’objectif n’est ni le meilleur classement, ni la meilleure rentabilité , mais un accomodement entre divers objectifs : un objectif économique bien sûr , mais aussi des objectifs sociaux .
Le mariage des contraintes a souvent pour effet de les rendre plus supportables, par une sorte d’effet de dilution.
C’est ainsi qu’ont fonctionné et que fonctionnent encore , nombre d’entreprises de type PME .
Les entreprises sous influence étatique , et celles de l’économie sociale, sont aussi ,souvent , des organisations mélangeant les contraintes avec des niveaux d’exigence modérés.
Les entreprises qui arrivent à marier les contraintes tout en conservant leur niveau d’excellence économique sont malheureusement très rares. Ce sont les seules, selon nous, à mériter le prix d’excellence !
Enfin, on trouve des organisations qui ne sont pas contraintes du tout , ou plutôt elles ne fonctionnent que sous l’impulsion de leurs membres. Ce sont en général des organisations de type associatif. Là, un président essaye de faire fonctionner ensemble, le moins mal possible, un ensemble hétéroclite de « bonnes volontés »; mais il reçoit déjà beaucoup, pour le salaire qu’il leur donne, car ils sont bénévoles. Le professionnalisme y est très inégal , mais le coeur souvent plus grand qu’ailleurs !
La difficulté naît souvent du changement du niveau d’exigence .
Tel manager habitué à un niveau d’exigence extrème , poussé à rechercher la même efficacité dans une organisation travaillant « à allure moyenne » va rencontrer une forte résistance du corps social ainsi bousculé.
Un manager efficace , voulant se mêler de bénévolat, risque de rencontrer les mêmes résistances, pour les mêmes raisons.
C’est ainsi que peuvent être observés des jeux de pouvoir où les tenants de l’allure modeste ou moyenne, vont se liguer pour expulser l’intrus qui voudrait leur imposer une exigence supérieure.
C’est ainsi que les tenants de l’allure rapide vont vite manifester auprès de l’Autorité supérieure leur désagrément d’avoir à travailler avec des opérateurs d’allure modeste, ou des managers d’allure modeste, ou insuffisante, à leur yeux.
L’actualité se fait l’écho, sans toujours bien l’analyser, de ces jeux de pouvoir où une organisation donne le spectacle d’une guerre entre groupes , ou entre un manager et des groupes, aux niveaux d’exigence disharmonieux .
Bref , c’est la guerre des exigences .