Un chef, sinon rien !

Les circonvolutions du parti socialiste mettent en évidence de manière criante ce qui se passe quand aucun leader n’émerge d’un groupe humain.
La raison dit « on doit travailler notre programme , revoir notre doctrine »
Le cœur dit « j’attends quelqu’un pour m’enthousiasmer et me mettre le feu »
Le jour où un leader émergera , les états d’âme du parti socialiste disparaîtront et les problèmes de programme, avec !
Celà ne s’est pas fait avec Ségolène : elle avait un certain leadership, mais pas suffisant pour emporter l’adhésion sans examen, de tous.
Car on demande d’abord au leader de séduire et d ‘entraîner, même si sa vertu ( ou son programme ) ne sont pas au point.
Voir Berlusconi et Dominique Strauss Kahn.

Car la dynamique des relations humaines est une drôle de chimie
Mitterrand a rassemblé la gauche , l’a portée deux fois au faîte du pouvoir.
Et pourtant que d’ombres et de contradictions chez cet homme !
Quel pouvoir que celui du leader, capable de renverser tous les principes , toutes les raisons !
Car enfin, Mitterrand, par son seul charisme, a fait avaler à la gauche son rôle ambigüe sous l’occupation, ses origines catho et bourgeoise, sa fille adultérine, ses amitiés avec Bousquet et un certain nombre d’affairistes…sans compter sa cellule des écoutes .
Le même qui critiquait le pouvoir gaullien a incarné à merveille la monarchie républicaine .
Et pourtant, il ne laisse que des regrets chez beaucoup.

L’ex président Chirac est en train de faire oublier à beaucoup tout ce qu’il n’a pas fait……et surfe sur de superbes sondages.

Dans les deux cas, le leader pugnace a fait oublier les petitesses de l’homme et le bilan mitigé du maître de chantier.
Quand on aime, l’esprit critique est souvent annhilé !

Dans les entreprises et les organisations, c’est le même malaise qu’au parti socialiste, quand le leader n’arrive pas à émerger, sous le manager.
Le travail quotidien paraît fade et monotone.
Que d’ennui !
Jamais d’irruptions , que de l’érosion !
même si « ça produit » de manière efficace , par ailleurs.
Et si le stress qui frappe beaucoup de salariés n’ était finalement , et en partie, que la résultante d’un travail avec des chefs tellement ennuyeux, tellement sérieux, tellement mesurés ?

Parce que, le leader est le seul capable d’insuffler de l’enthousiasme aux hommes et de donner du sens, de faire souffler un vent d’aventure; on est prêts à renier ses convictions les plus profondes , à se trahir , par admiration pour lui, parce qu’on l’aime sans réserve.
Pour le suivre, lui.
Jusqu’au bout.
Dans ses victoires et ses turpitudes.

La gauche et une certaine école intellectuelle se méfient de l’individu et surtout des leaders.
L’histoire leur a souvent donné raison.
Et les patrons de PME sont souvent des leaders enflammés , aussi sympathiques que tyranniques

Elles lui préfèrent le groupe, l’animateur consensuel, le management participatif, le chef de projet, le chef sans ses attributs hiérarchiques…( pouvoir de sanction )

C’est très bien, très raisonnable, mais ça n’enflammera jamais la troupe, ne lui fera jamais produire ce supplément d’âme qui fait les armées victorieuses et les start up conquérantes .
Et ça accouche souvent d’une action désespérante, agonisant de comités en réunions de synthèses impossibles, en rapprochements calculés et autres combines d’appareils.

L’action du DRH
Le management est toujours le ventre mou des entreprises françaises.
La moitié de vos problèmes, au moins, découle de managers inadaptés !
Ne faites aucune concession au manque de leadership
Diplômes et expériences produisent peu de choses, s’ils ne sont catalysés par une personnalité possédant un fort leadership.
A condition que ce leadership soit au moins autant au service de l’intérêt général que de soi même !

C’est vrai partout.
Dans les partis politiques , comme dans les entreprises et autres organisations.

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