1 – le carriériste est d’une politesse exquise
Souvent de bonne extraction et de milieu bourgeois, le carriériste a fait les meilleures écoles et a pour modèle son grand oncle qui a fini sa carrière comme directeur de réseau à la SNCF, après être sorti, dans la botte, de polytechnique.
S’il est né, comme tout le monde, un MBA acquis à très grande vitesse, fera l’affaire.
Sa mise est soignée, sa politesse , exquise.
Dès l’entrée dans son bureau, il sonne sa secrétaire pour vous offrir un café et fait passer les dames , après lui, quand il entre dans une salle.
2 – Le carriériste ment avec délice et ne vous fait jamais de « rentre dedans »
Il retient ses coups de manière sournoise. C’est un boxeur malin !
Les mauvaises nouvelles arrivent toujours par en dessous, par courrier, ou via le DRH local.
Sa bonne éducation et sa position supérieure lui évitent le désagrément de s’expliquer sur ce qu’il vous reproche. D’autant que ses motivations sont plus souvent du déplaisir qu’un réel manque objectif de maîtrise des dossiers.
3 – Le carriériste n’est jamais responsable.
Le moindre risque d’avoir à rendre compte l’effraie . Aussi exerce t il une sévère politique préventive en déléguant largement les problèmes à ses proches. Quelques délégations de signature savamment étudiées par le barreau local feront l’affaire.
Si , par accident, un dysfonctionnement se produit, il n’a pas son pareil pour trouver le coupable.
4 – Le carriériste a peur de tout.
Traumatisé dans son enfance par les reproches de son père quand il n’avait pas 18 en maths , le carriériste a peur de tout.
La moindre rencontre avec le moindre représentant du personnel le met en émoi.
Le moindre appel téléphonique du secrétaire de la CGT lui fait « faire pipi dans culotte »
Aussi, prend t il un soin jaloux à préparer la moindre ligne de ce qu’il va dire au cours de la prochaine réunion du comité d’entreprise.
S’il veut manifester une opinion désagréable, il se tourne , en réunion, vers son DRH , lui disant d’un regard : « vas y , toi, c’est ton boulot de te faire mal voir »
5 – Le carriériste mobilise.
Le carriériste n’a pas son pareil pour faire mousser la plus petite de ses initiatives .
Aussi, le cadre le plus important pour lui est il son DIRCOM.
L’énergie qu’il met à se faire reconnaître brillant et innovant , lui prélève un temps important à son activité de manager ainsi qu’aux vrais problèmes de son entreprise.
Le comble , pour lui, consiste à se faire reconnaître comme le manager de l’année par un quelconque magazine, sans avoir rien fait d’autre que de faire mousser le travail quotidien de tout manager.
6 – Le carriériste est l’ admirateur zélé de « qui tient sa carrière »
Pas fou, le carriériste.
En tout cas pas au point d’énoncer la moindre critique envers celui qui tient dans les mains son avancement.
Aussi, consacre t il beaucoup d’énergie, comme un enfant, à raconter à son papa de patron, ce qu’il fait au quotidien, de manière à éviter de le froisser en quoique ce soit, en prenant une initiative malheureuse.
Quand il sera le grand chef, il fera ce qu’il voudra, et souvent le contraire de ce qu’a fait son bienfaiteur, remisé en position de retraité.
Le carriériste n’est pas étouffé par l’éthique : c’est d’abord un pragmatique guidé par son intérêt.
L’argent n’a pas d’odeur, l’honneur et la dignité , non plus !
Très bien. Mais comment le personnel peut-il réagir efficacement par rapport à ce genre de patron ?
Surtout si on doit le garder longtemps !