Encore un problème bien français que celui « d’un âge » à partir duquel on ne serait plus apte à travailler !
Il est clair que c’est nous qui avons crée un problème qui , dans l’absolu, n’existe pas, ou , du moins, pas avec cette acuité .
Nous n’invoquons des problèmes de compétences manquantes et de conditions de travail , que pour mieux faire oublier l’hypocrisie sociale qui a consisté , depuis 1974, à licencier en priorité les plus de 50 ans dans les plans sociaux.
Et sur ce point , Entreprises , syndicalistes et représentants de l’Etat étaient tous bien d’accord !
Hélas, nous ne sommes pas prêts de faire augmenter sensiblement le taux d’emploi des Seniors, pour les raisons suivantes :
1 – La croissance française étant ce qu’elle est , c’est-à-dire plus que molle,notre pays ne créera pas suffisamment d’emplois pour tous les actifs potentiels que compte le pays : jeunes ou moins jeunes.
Et , quitte à choisir, en France, on préfère encore donner du travail à ceux qui arrivent sur le marché, plus jeunes , moins chers et plus diplômés .
2 – Dans les grandes entreprises, les chargé (e)s de recrutement sont , en majorité des personnes jeunes et diplômées, qui ont de la peine à concevoir qu’on puisse être un bon professionnel sans être diplômé et performant , sans être jeune !
Tant que les DRH ne prendront pas la décision de placer des Seniors aux postes de recrutement, cet a priori négatif contre les « vieux » et les non diplômés, perdurera .
3 – Le gouvernement, qui grimace de douleur face aux problème des Seniors, ferait mieux de faire voter une loi qui obligerait les entreprises à instaurer un ordre des départs fondé sur les derniers recrutés, dans tous les plans de licenciement collectif .
Et ce ne serait que justice , car les salariés « derniers recrutés », sont généralement des jeunes , qui pourront se reclasser beaucoup plus facilement sur le marché du travail et qui ont , en général, moins de charges de famille.
Est il prêt à le faire , et les partenaires sociaux aussi ?
Les mesures d’incitation déjà prises ne me semblent pas du tout à la hauteur de l’enjeu.
4 – Les mesures prises par les entreprises pour conserver leurs seniors dans l’emploi sont coûteuses ( ergonomie ) ou constitutives de coûts indirects ( tutorat ) , alors que notre pays souffre déjà d’un coût horaire élevé.
Peu d’entreprises , surtout les PME, seront prêtes à consentir cet effort.
C’est-à-dire qu’il va falloir que les Directions et les DRH fassent un sacré effort d’imagination , et surtout, d’une volonté politique sans faille, pour rééquilibrer une pyramide des âges aussi anormale.
5- Enfin, une certaine » culture du travail après 50 ans » s’est peu à peu installée en France !
Les salariés du privé, qui voient partir tôt en retraite, leurs collègues du public, qui ont tous un ami ou un collègue qui a bénéficié d’un régime de licenciement ou de pré retraite » intéressant » , en ont retiré l’idée que travailler au delà de 50 ans , pouvait ne pas être une catastrophe. .
Par ailleurs, trouver du travail exige de la mobilité , et c’est souvent l’âge où on a le moins et où on ne se voit pas déménager à 500 ou 1000 kms et quitter sa maison , ses amis, sa famille…
Or, ne plus avoir de travail après 50 ans, est , réellement, sauf exception, une catastrophe .
Mots-clefs : ailleurs
Quand il y a un problème, on tente de trouver une solution ; mais il y a aussi des solutions qui constituent le problème, donc non seulement rien n’est résolu, mais en plus tout est aggravé.
Cela s’appelle l’ultra solution.
Tant que les pouvoirs publics de toute obédience s’obstineront à gérer l’emploi par catégorie d’âges, les jeunes inexpérimentés d’un côté, les séniors surpayés de l’autre, nous resterons à louvoyer dans cette impasse logique du système, en optant sur ce qui semble le moins risqué à défaut d’être le plus sûr.
L’entreprise haut lieu sociétal avant d’être économique est contrainte de prendre en charge et de résoudre les effets générés par un code du travail qui contient 2000 pages et que chaque année nos précieux législateurs continuent à faire grossir.
La surprotection sociale génère l’effet inverse du but généreux que ces lois sont sensées poursuivre.
Les piètres résultats obtenus à cause de ces harcèlements textuels prouvent que l’on va à l’encontre du principe de réalité.
Le principe de réalité serait une souplesse dans les procédures de licenciements, des salaires peu liés à l’ancienneté mais en rapport avec la valeur ajoutée qu’apporte le salarié quelque soit son âge, une « maintenance » des compétences au sein de l’entreprise grâce à de la formation interne continue, ces 3 mesures simples changeraient l’inertie de fait en une vraie dynamique où la responsabilité de chaque acteur serait vraiment en action.
« Et pourtant elle tourne » et pourtant ça marche en Suède comme en Finlande où des mesures dans ce sens ont été prises qui font que « 69% des 55 64 ans ont une activité professionnelle contre 37% en France qui détient le record d’inactivité des plus âgés ».
Une solution qui marche c’est bien, mais il semblerait que la France et ses dogmatiques du grand Principe de Précaution ce soit mieux.
Bonjour
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Cordialement