En accordant sa palme à un film « surprise » , le palmarès du festival de Cannes , édition 2010, a confirmé l’influence du Président Tim Burton sur le choix final. Isabelle Huppert , en2009, nous avait fait sentir une même emprise sur son jury.
En entreprise, il y a longtemps que les comités exécutifs et de direction ne se demandent plus comment contrer l’avis du Président ; il y a longtemps qu’ils ont compris qu’il valait mieux se mettre en pilotage automatique…
Comment expliquer , qu’un homme seul , une femme seule, fut il , fusse t elle , Présidents , réussissent ainsi à orienter si efficacement un groupe entier, et à les faire se ranger à leur avis ?
Ont-ils suivi un entrainement particulier ?
Sont ils plus intelligents que les autres ?
Sont ils plus travailleurs ?
Sont ils plus autoritaires ?
Ont-ils intuitivement le sens de la bonne décision ?
Sont ils plus manipulateurs ?
Ont-ils une capacité de vision supérieure ?
Font ils usage de moyens de pression ou d’incitation particuliers ?
Non, pas forcément.
Ils ont forcément quelques qualités pour être Président ; en France, avoir fait une grande école en est déjà une, souvent suffisante.
Leur force est surtout faite de la peur ou de la complicité des membres de leur comité de direction.
En ne s’opposant jamais au Président , en se taisant , ou mieux, en appuyant certaines de leurs positions, les membres du comité exécutif ou de direction , n’en tirent que des avantages.
A dire vrai, ils n’ont pas beaucoup d’efforts à faire .
Leurs études les ont déjà moulés dans le carcan du conformisme .
Plus, en France, la plupart des gens sont légitimistes : Pétainistes avec Pétain, gaullistes avec De Gaulle, Mitterrandiens avec Mitterrand, chiraquiens avec Chirac.
Dans toutes les entreprises ou organisations où j’ai travaillé, j’ai pu observer la grande déférence avec laquelle , les managers traitaient « leur » Président :
Petit coup de téléphone journalier, grand bureau réservé pour un usage plus qu’accidentel, voiture avec chauffeur, fauteuil particulier dans la salle du conseil …..
Outre l’énorme concentration de pouvoir que cet usage immodéré du Président engendre ( et donc la difficulté des aller / retour, si les circonstances obligent à changer d’avis ) , cette pratique managériale constatée partout, sauf dans une entreprise US, interpelle, dans un contexte où l’esprit de groupe, le coopératif, la recherche de consensus, sont , sans cesse prônées comme des valeurs fortes ….
Mais j’ai sans doute oublié que ces valeurs étaient , en fait, réservées à la hiérarchie intermédiaire !
Conclusion : demain , comme hier, il faudra continuer à vivre avec nos Tim Burton.