Management : quand le contrôle passe, la confiance trépasse…

Muhammad Yunnus , créateur de la Grameen Bank, la banque du micro crédit , encore appelée banque des pauvres, s’étonnait récemment que les grandes banques qui prennent tellement de précautions quand il s’agit d’accorder un prêt à leurs clients ( quand sa banque à lui ne travaille que sur la confiance) aient pris un tel « bouillon » !

Il a bien raison de souligner ce paradoxe entre le nombre et la sophistication des contrôles d’un côté et le manque de fiabilité des opérations, qui est souvent constaté derrière.

En France, le système étatique de mise en concurrence des entreprises, censé permettre de choisir la meilleure entreprise à travers la lourde procédure de passation des marchés publics, n’est la plupart du temps que le moyen de choisir la moins chère , qui est souvent la plus médiocre.
Sans garantir le citoyen que son argent sera bien dépensé, si l’on en juge par le rapport annuel de la Cour des comptes et les tonitruants scandales qui entourent souvent la passation des gros marchés de bâtiments ou de travaux publics.
Sans garantir que le budget initial ne sera pas doublé , voire triplé !

En entreprise privée, la mode du reporting et la multiplication des procédures de contrôle a un triple effet pervers :
Le premier est son coût , souvent très important
Le second est l’énergie précieuse prélevée aux opérationnels et qui donc ne sera pas utilisée à des tâches productives.
Le troisième tient en une formule toujours vérifiée :
« quand le contrôle passe, la confiance trépasse »

On ne peut à la fois dire à quelqu’un qu’on lui fait confiance et s’ingénier à mettre en place un lourd dispositif destiné à le
« marquer à la culotte »
Les deux termes sont inconciliables, parce que la confiance ne se partage pas !
On fait confiance ou pas !

On ne fait pas confiance un peu, ou raisonnablement………La confiance raisonnée, est de la confiance « sous conditions » !
La confiance sous conditions , ça ne marche pas.
La confiance sous conditions , non seulement, minore la qualité de la relation managériale, mais aussi la qualité du travail tout court .

Explication : Autant, je suis prêt à donner le meilleur de moi-même, si j’ai établi un lien fort de confiance avec mon responsable, autant, je ferai ce que j’ai à faire , en essayant de ne pas me tromper, donc en ne prenant aucun risque, si je sais que je vais être l’objet de contrôles.

Vous allez encore me dire qu’il ne faut pas rêver, que les hommes étant ce qu’ils sont…
Qu’il ne faut pas être niais.
Mais la vraie niaiserie n’est elle pas de croire qu’on gagne plus à contrôler qu’à faire confiance ?


L’action du DRH

Pour 10% de salariés qui, quoiqu’on fasse, sont indignes de confiance, vous allez mettre en place un contrôle qui va stériliser 90% de la population restante.
Ce qu’il faut faire, c’est tout simplement ne pas conserver les salariés indignes de confiance et faire confiance
” complètement” à tous ceux qui ont mérité votre confiance.

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