Recrutement : Mettez des littéraires dans votre moteur

Notre ministre Valérie Pécresse vient d’encourager les entreprises à s’ouvrir aux
« littéraires » .
Elle a bien raison et je vais vous dire pourquoi.

L’idée de classifier toute chose est une idée bien française.
Ainsi faudrait il être matheux pour être médecin, pilote de ligne ou ingénieur !
Les ingénieurs doivent savoir jongler avec les sciences exactes, certes, mais ils doivent aussi et peut être surtout, être ingénieux !
Quant aux pilotes de ligne et aux médecins, exiger qu’ils soient forts en maths est une lubie française !
L’entreprise française a depuis bien longtemps, hélas, considéré que les littéraires et autres adeptes des sciences dites « molles » ne lui seraient d’aucune utilité !

Au nom de la dite classification, le paysage de l’encadrement , dans nombre d’entreprises, est devenu bien monocolore .
Passe le phénomène des coteries des écoles d’ingénieurs, le plus grave n’est pas là.
Si l’on dit que la richesse est fille de la diversité, nos entreprises , de ce point de vue, doivent être bien pauvres.
Et pourtant , si elles savaient, les entreprises embaucheraient plus facilement qu’elles ne le font , des gens de lettres .

Les gens de lettres par rapport aux gens des chiffres possèdent des particularités qui n’appartiennent qu’à eux :
- Une capacité critique plus évidente.
- Une intelligence plus synthétique qu’analytique
- Une meilleure compréhension des phénomènes humains et sociaux
- Une grande ouverture d’esprit
- Une plus grande capacité à travailler avec des profils multiples
- Une capacité à se remettre en cause
- Des valeurs qui ne sacrifient pas le savoir être
- Une bonne capacité à penser « par soi même ».
- Enfin, un humour bien différent de l’humour potache des ingénieurs

Nos sociétés , pour fonctionner correctement, ont besoin de savoir gérer des niveaux de plus en plus élevés de complexité.

Or , les gens de lettres, à travers leurs études de philosophie, sociologie ou français, ont été habitués à observer et décoder les réalités complexes .
Par ailleurs, les populations salariées sont devenues compliquées à gérer au travail.
Les esprits abonnés à la simplicité carrée du 2+2 =4 ont beaucoup de peine à « dealer » avec ces mentalités complexes.
Enfants de l’université, les gens de lettre sont plus habitués que les cadres formés dans les écoles de l’élite, à accueillir et gérer la diversité culturelle et sociologique.

Le management français n’est , selon nous , pas remarquable du tout.
L’une des explications tient à l’incapacité culturelle des encadrants à « sentir » le phénomène humain et à prendre leurs responsabilités , face à une situation donnée.

Mais, me direz vous, vos diplômés de l’université ne sont bons qu’à réfléchir et à discuter et plutôt impropres à l’action. En plus, ils sont plutôt de gauche !
Cette remarque n’est vraie qu’autant que vous faites une erreur de recrutement en puisant des ressources inaptes à la vie d’entreprises.
Tous les diplômés de l’université ne sont pas prédisposés à faire de la recherche ou de l’enseignement . Quant à l’engagement politique , il serait temps de sortir des schémas de Mai 68 !
Et il se trouve forcément parmi eux des gens doués autant pour l’action que pour les activités de spéculation intellectuelle.

Conclusion : Puisque vous vous revendiquez du pragmatisme, qu’attendez vous pour
« expérimenter » la filière des fruits de l’Université ?

2 commentaires sur “Recrutement : Mettez des littéraires dans votre moteur”

  1. Visiteuse dit :

    Les voies de l’entreprise sont impénétrables, ou pas.

    Pour illustrer votre propos, un article dans ce sens est paru dans l’Express le 15/04/10 : http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/entreprises-cherchent-litteraires_884932.html

    Cordialement.

  2. Sopotec dit :

    Si on pouvait vous entendre….
    Je n’ai pas connu beaucoup le chômage, mais je traine ma licence d’histoire comme un boulet depuis toujours….

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