Recrutement : l’obstacle invisible des cultures de travail

Quand on évoque les problèmes de recrutement, et notamment l’adéquation entre le poste et le candidat, il est un point rarement évoqué qui constitue souvent l’obstacle majeur : il s’agit de la culture de travail du candidat .

la culture de travail d’un salarié , c’est la manière qu’il a de considérer le travail comme valeur hiérarchisée parmi les autres , c’est la manière qu’il a de collaborer avec son chef et avec ses collègues , c’est la quantité de travail qu’il considère avoir à fournir à son employeur, c’est aussi le rythme de travail, c’est le partage qu’il est prêt à consentir entre vie privée et vie professionnelle, c’est sa manière d’entrer dans l’action, c’est le niveau à partir duquel il considère le travail comme « fait de manière professionnelle », c’est le souci qu’il a, ou non, du service client interne et externe ….

Or, toutes ces « manières de.. » sont peut être le fait de l’éducation, mais ce sont surtout le résultat de l’expérience professionnelle et des milieux de travail qu’on a fréquentés .
Si le secteur privé est si prudent , voire hostile, à l’égard de candidats « venant du public » , c’est assurément qu’il sait que les cultures de travail privé/public sont très différentes.
Si les agents du public sont si réservés à accueillir des salariés du privé, c’est pour les mêmes raisons !

Si les patrons de PME hésitent à embaucher un cadre ayant une forte expérience dans une grande entreprise , c’est aussi parce qu’il sait que la culture de travail d’une « grosse boîte » n’a rien à voir avec celle d’une PME.
Détail significatif : la simple manière dont cet ingénieur de grosse boîte va chercher à se faire rembourser le moindre de ses frais, heurtera très rapidement notre patron de PME !
A l’inverse, le recruteur de grosse boîte lèvera un sourcil de circonspection et considèrera avec hauteur, un candidat n’ayant jamais travaillé dans une multi et « à l’international » .

Parmi les privés , encore faudrait distinguer l’industrie de la grande distribution, les Banques et les assurances des transports routiers et du bâtiment, les secteurs institutionnels et ceux du secteur marchand.
Toutes ces catégories ont une culture de travail bien particulière qui conduit souvent , quand elle ne se mêle pas aux autres, à s’appauvrir et à laisser perdurer de bien mauvaises manières de travailler , qu’elles considèrent pourtant comme excellentes et in-modifiables !

Dans un monde idéal ; les privé apporteraient aux public, leur sens de l’efficacité, les public apporteraient aux privé, un peu de conscience dans leur science , les ex PME apporteraient aux Multi leur pragmatisme et les Multi apporteraient aux PME leur sens de la planification et leurs méthodologies.

Hélas, si, demain, candidat, dans l’une ou l’autre de ces structures, tu ne t’es pas interrogé sur le fait de savoir si tu possèdes la même culture « qu’eux » , tu ne seras pas étonné, sauf à tomber sur un recruteur adepte du mélange des cultures, de n’être pas retenu.

Demain aussi, agent du secteur public, dont l’établissement adoptera le statut de société anonyme, c’est en raison d’une nouvelle culture d’entreprise, empruntée au secteur privé concurrentiel, que tu risques de te sentir harcelé et voir ton horizon de vie changé de tout au tout, par l’irruption d’un management , qui est moins le fait d’atroces barbares, que le signe de l’arrivée d’une nouvelle culture que tu refuses absolument d’épouser.

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