Pratiquez vous le décentrage virtuel , ou bien alors l’acculturation fictive ?
C’est simple : imaginez que vous êtes RH à Shang Hai ou à Lagos.
Pensez vous que votre préoccupation serait :
- de vérifier l’ordre du jour du CE ?
- de penser à rencontrer le directeur du travail ?
- d’assister à la prochaine réunion de l’ANDRH ?
- D’assister à un colloque sur la place des femmes dans les conseils d’administration ?
- De représenter votre patron à une cérémonie de remise des médailles du travail ?
- De demander à un avocat une consultation juridique sur un cas de harcèlement moral ?
- De rencontrer les nouveaux cadres recrutés les 6 derniers mois ?
- De modifier pour la nième fois l’imprimé d’entretien annuel d’évaluation ?
- De songer à proposer au prochain comité de direction une intervention sur le thème de
la diversité sociale dans l’entreprise ?
- De vérifier qu’il n’y a pas eu d’abus dans l’usage que font les cadres et les commerciaux
de leur voiture de service ?
- De jeter un coup d’œil sur la dernière mouture du bilan social ?
- De penser à faire une observation pour retards répétés à la secrétaire du service formation ?
- De penser à rencontrer en catimini le délégué syndical de FO avec qui vous avez un bon
contact et le sonder sur la position des autres syndicats lors de la prochaine négo NAO ?
- Etc…………..
Pensez vous vraiment que c’est ce genre de préoccupation que vous auriez et que votre patron attendrait de vous que vous vous positionniez sur ces sujets ?
Bien sûr que non !
Parce que l’essentiel n’est pas là.
L’essentiel , pour un RH , n’est pas d’alimenter la technostructure, même si la législation étant ce qu’elle est, l’Etat, les médias, les modes managériales et RH, nos habitudes de travail , nous y poussent.
L’essentiel pour un RH est de vérifier si le capital humain de l’entreprise est bien le plus adapté qu’il est possible à ses missions actuelles et futures .
Et la réponse n’est pas qu’un problème de formation.
L’essentiel est aussi de veiller à ce que les salariés bénéficient du meilleur environnement possible de sorte qu’ils soient satisfaits de leur situation de travail et aient envie de donner le meilleur d’eux-mêmes.
Tout le reste, beaucoup du reste, est secondaire et , souvent, de la paperasse.
Cet essentiel, qui est souvent du travail sous terrain , peu spectaculaire et peu médiatique, est le fondement de votre raison d’être.
Etant entièrement d’accord avec vous, je me demande si nous ne devrions pas reconsidérer l’organisation et notamment l’intérêt de garder sous une même responsabilité (la DRH) les fonctions « Administration du personnel » et celles – essentielles – liées au management.
Amputée d’une grosse part de ses prérogatives institutionnelles, de ses effectifs et budgets, cette DRH new look saura-t-elle s’imposer par ses compétences et par son influence auprès des directions opérationnelles et de leurs managers, y compris au Comité de Direction ?
Oui, si le DRH possède une capacité de conseil stratégique et une capacité d’action » globalisante ».
Cordialement