Je suis, comme vous sans doute, consterné devant les foules de jeunes espagnols ou portugais, devant les cortèges de manifestants grecs, devant ces dockers du port du Pirée, qui ne veulent pas être mangés à la sauce chinoise !
Mais, une fois dénoncés ces voleurs de politiques, ces escrocs du suffrage universel; une fois renversées les majorités parlementaires, la droite mise à la place de la gauche et la gauche, à la place de la droite, que fait on ?
Les mesures proposées sont loin, très loin, de répondre au défi posé par la fuite de nos usines en Asie, dans les pays de l’Est ou au Maghreb. D’ailleurs, si on rapatrie nos usines, comment, ces pays réaliseront ils leur développement ?
A défi nouveau, il faut une pensée nouvelle, des idées neuves.
Armé de mon seul bon sens, je vous en dresse quelques unes :
1 – Il faut dépenser mieux l’argent des citoyens : l’administration de la chose publique ( res publica ) doit être fondamentalement repensée.
La puissance publique a encore d’énormes efforts de rationalisation des dépenses à effectuer. Le train de vie de l’Etat n’est plus à la hauteur, ni de l’époque, ni de notre bourse. L’Etat doit, à l’exemple des états scandinaves, redevenir modeste. Finies les cortèges de limousines, la garde républicaine déplacée à grand frais à Deauville, les soirées fastueuses, les sommets internationaux faits pour épater les copains et les multiples habitudes d’une autre époque, ( cuisiniers, fleuristes, huissiers, conseillers multiples, flotte réservée.. etc…) qui ne nous sont plus permises.
L’Etat français doit se limiter à sa fonction régalienne. Le budget de la défense nationale doit exclure toute prétention internationale et s’analyser strictement au travers d’une industrie européenne de défense. Est-ce que les hopitaux ont besoin d’être militaires, pour soigner les soldats ? Est-ce que la France a besoin de 100 bateaux de surface, de gros tonnage, pour défendre son territoire ?
Les collectivités locales ont à fournir le même effort. Le département doit ( enfin ) disparaître. Des ratios de productivité, calculés au niveau européen, doivent permettre de calculer les effectifs optimaux de l’Etat et des collectivités. Il n’y a pas de raison que les fonctionnaires français soient moins efficaces que les autres.
Bruxelles doit redevenir une administration réduite, modeste, débureaucratisée, au service de l’Europe et non de quelques centaines de technocrates, ou d’une conception frileuse d’un continent qui se voulait neuf.
L’Europe doit, enfin, devenir fédérale !
Finis les atermoiements d’un autre siècle, les querelles de boutiquiers.
Que restera t il de notre souveraineté quand, c’est déjà le cas des USA, notre dette publique sera devenue propriété étrangère ?
2 – Il faut faire entrer l’argent, donc vendre à l’export. Comment mieux exporter ?
J’ai peur que nous, français, au nom d’une certaine idée que nous nous faisons de nous mêmes, n’ayons un faible pour la chose intellectuelle, et un certain dédain, pour le matériel. Le problème est que beaucoup de nos biens et services ne sont pas exportables. Ils coûtent beaucoup et rapportent peu ou rien. Un rond point ou un poste d’agent public ne s’exporte pas.
Il faut faire des biens qui s’exportent, une filière d’excellence.
Toutes les filières de recherche et d’éducation, conduisant à inventer, produire et commercialiser des biens qui s’exportent, doivent faire l’objet de toutes les attentions.
Les crédits de recherche, les dépenses d’éducation, doivent aller en priorité à ces établissements.
L’innovation, soutenue par la création d’un ministère des ventes à l’export, doit être sans cesse encouragée, les obstacles juridiques ou bureaucratiques, l’un après l’autre débusqués !
Tous les étudiants des filières techniques et scientifiques doivent pouvoir faire des études gratuites.
Les PME dont l’objet social est la production de biens exportables doivent bénéficier d’une exemption d’impôts, ou de crédits d’impôt, sur tous les biens exportés. ( sauf si un règlement international s’y oppose )
La formation en alternance, doit, comme en Allemagne, devenir la règle.
Nos ambassades, au personnel formé au commerce,
autant qu’à la diplomatie, doivent se transformer en comptoirs commerciaux. En même temps, on veillera à en calculer l’effectif, non pour se vanter d’être les plus nombreux, après les américains, mais les plus efficaces …
Les études conduisant à des biens non exportables, ou productrices
de difficultés à l’emploi pour leurs titulaires, doivent être appréhendées en connaissance de cause, c’est-à-dire que les places offertes au concours, doivent y être contingentées.
Avons-nous autant besoin de sociologues, de psychologues, de masters en communication etc….?
La sélection, refusée à l’entrée de l’Université, a produit des milliers de jeunes sans débouchés. Avons-nous eu raison de les laisser aller dans une telle impasse, au nom du libre accès de tous à l’enseignement supérieur ?
C’est une ségrégation intolérable diront certain, l’abandon de notre culture, la victoire du matérialisme, la fin de l’Art, notre mort !
Je leur répondrai : « C’est la guerre ! ».
Quand nous aurons réussi à dépenser moins que nous gagnons, à retrouver une dynamique économique qui nous a libérés d’une dette colossale qui nous emprisonne, nous pourrons penser à nouveau, à chanter et à danser, à consacrer des ressources, à ce qui est important certes, il s’agit de notre âme et de notre culture, mais n’est pas essentiel pour survivre !
Mais, pour avoir des idées neuves, il faut probablement des hommes neufs, peu importe qu’ils soient de droite ou de gauche, mais des hommes neufs, au cerveau fonctionnant différemment, soucieux de terres vierges à défricher, n’ayant peur, ni de l’inconnu, ni de se tromper, donc modestes. Des hommes ouverts, sans sectarisme, prêts à collaborer avec tous les porteurs d’avenir.