Heureusement, les modèles éducatifs ont changé ces dernières années. De nouvelles approches voient le jour avec une vision différente de l’enseignement. Pendant longtemps, les écoles ont maintenu un style éducatif dépassé qui minimisait le rôle des émotions dans l’apprentissage.

L’organisation scolaire s’appuyait surtout sur la mémorisation. Les élèves, même les plus jeunes, devaient « avaler » d’énormes volumes d’informations pour les recracher lors d’un test. Le résultat ? Un apprentissage superficiel, vite oublié une fois l’évaluation terminée. La raison est simple : cette approche ignore la dimension émotionnelle.
Émotions dans l’apprentissage
Tout au long de la vie, on accumule des informations, mais seule une partie survit dans la mémoire. Vous avez tous expérimenté la facilité avec laquelle certaines données s’inscrivent dans l’esprit quand elles correspondent à nos intérêts personnels.
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Un enfant qui peine à retenir sa leçon scolaire peut passer des heures à discuter des dinosaures ou des planètes sans effort. Pourquoi ? Parce que ces sujets le fascinent et éveillent sa curiosité naturelle.
L’enfant se sent libre d’explorer ces questions à son rythme, par différents moyens : livres, films, jouets. L’émotion générée et son implication personnelle rendent cet apprentissage bien plus solide.
Il en est de même lors d’une visite au musée ou dans tout espace où les informations arrivent de manière détente, dans une atmosphère émotionnellement positive. Ces apprentissages se gravent dans la mémoire longtemps après, car les joies, l’enthousiasme et le plaisir les entourent.
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Que se passe-t-il en classe ?
Ces constats s’appliquent pleinement à la salle de classe, où ils deviennent encore plus importants. Quand l’enseignant crée de la motivation, l’enseignement coule de source bien plus qu’en imposant un silence passif aux enfants.
C’est pareil pour vous : si les relations avec les camarades fonctionnent bien et l’ambiance de la classe est émotionnellement positive, les enfants sont mieux disposés pour apprendre. Au-delà de cela, les émotions positives nées de l’interaction avec les pairs consolident les apprentissages en mémoire.
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À l’inverse, quand l’enfant perçoit l’espace éducatif comme agressif ou stressant, son apprentissage s’en trouve gravement entravé. Son rapport à l’école devient totalement négatif. De plus, le stress affecte directement la communication entre les neurones. Ce qui s’apprend dans un environnement stressant s’oublie facilement.
Comment utiliser les émotions dans l’apprentissage ?
Ces mécanismes peuvent être mis à profit pour favoriser un apprentissage vrai, en classe comme ailleurs. Voici quelques pistes :
- éveiller la motivation et la curiosité naturelles de l’enfant. Présenter les sujets de manière intéressante et engageante.
- s’assurer que l’environnement d’apprentissage génère des émotions positives. Pour cela, favorisez la solidarité et la coopération entre pairs et valorisez chaque progrès (pas seulement par une note, mais par la reconnaissance et le soutien social).
- concevoir des tâches où les enfants apprennent en s’investissant. Les informations qu’on produit soi-même restent mieux en mémoire que celles reçues passivement. Confier à chaque enfant un sujet à étudier et présenter aux autres fonctionne bien.
- recourir à des activités variées qui suscitent l’enthousiasme, la surprise ou le plaisir. Cassez la routine. La nouveauté des cadres, des stimuli et des tâches encourage un enseignement efficace.
Au final, placez les enfants au cœur de leur propre apprentissage. Cessez de les voir comme passifs et impliquez-les dans des activités d’exploration qui piquent leur intérêt. Renforcez les liens sociaux et la collaboration entre pairs. Surtout, faites de la classe et de la maison des espaces qui diffusent des émotions positives.
